Le haut-commissaire Lionel Beffre sort de sa réserve

Après une longue période de réserve, le haut-commissaire en Polynésie française, Lionel Beffre, a abordé les « dossiers chauds » du moment lors d’un petit-déjeuner de presse offert à la résidence.

Comme à son habitude, le représentant de l’Etat a le mérite de s’exprimer sans langue de bois sur des sujets où seul l’intérêt général doit prévaloir. En ces temps de disette budgétaire, il est d’autant plus à l’aise que comme tout Aveyronnais qui se respecte, « l’argent lui parle ».

Raison pour laquelle Lionel Beffre place la situation dégradée du RSPF et la reconduction du Contrat de projets en tête de ses préoccupations.

Sur le premier dossier, il y a urgence effectivement ! A la fin de l’année, le déficit cumulé devrait tourner aux alentours de 6 milliards de Fcfp. Une situation à laquelle l’Etat n’est pas insensible. Pour preuve, le courrier cosigné par la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, et celle des outre-outre, Pau-Langevin, pouvant être analysé comme un « accord de principe » pour un retour au guichet de financement « à fonder sur des actions locales », précise le haut-commissaire. Quant à savoir les suites qui seront données aux recommandations de l’Igas, Lionel Beffre reste extrêmement prudent. « Ce rapport n’engage que ses auteurs…Et pas l’Etat » a t-il rappelé. Et pour cause, l’obligation qui serait faite aux fonctionnaires de cotiser à la CPS et non plus à la Sécurité sociale comme il est préconisé, n’est pas justifiée à ses yeux. Et de conclure: « Avant de mettre le feu aux poudres, il convient de rechercher des solutions ailleurs… »

IMG_4147S’agissant du Contrat de projets, il n’y a pas de quoi se réjouir non plus. Malgré la prolongation d’une année jusqu’au 31 décembre 2014, le taux d’exécution des crédits engagés ne devrait pas dépasser 67%. « Ce qui n’est pas très bon », reconnaît Lionel Beffre en dépit d’une somme conséquente: 32 milliards de Fcfp injectés dans l’économie locale pour du logement social, le développement du tourisme nautique ou encore la construction d’abris de survie aux Tuamotu. Après avoir identifié les raisons de cette piètre performance, le haut-commissaire veut croire que le prochain CDP sera plus efficace, d’autant que l’enveloppe pourrait être reconduite quasiment à l’identique, a t-il annoncé.

Trois autres grands chantiers intéressent directement l’Etat: la construction du nouveau centre pénitentiaire de Papeari dont l’ouverture est prévue pour 2017 avec, à la clé, 160 postes de surveillants à pourvoir; la rénovation du système de surveillance « Telsit » sur l’ancien site nucléaire de Moruroa pour un montant pouvant atteindre 100 millions d’euros (12 milliards de Fcfp) et enfin, le règlement du contentieux portant sur le Contrat de redynamisation des sites de défense (CRSD) qui touche directement six communes de Tahiti. Pour le haut-commissaire, il importe d’aboutir au plus vite à cette cession à l’euro symbolique des anciens terrains militaires. Et de présenter deux solutions juridiques possibles: l’adoption d’une loi de pays pour doter les communes des compétences nécessaires ou bien, la création d’un syndicat mixte à qui reviendrait le soin de mettre en oeuvre les projets communaux à  caractère économique.

Actualité oblige, le haut-commissaire est très attentif à l’évolution du chikungunya en Polynésie où une vingtaine de cas ont été récemment confirmés sur la côte ouest de Tahiti. Maintenant, il dit n’avoir « aucune raison d’être spécialement pessimiste » tout en estimant que le Pays, compétent en la matière, est parfaitement apte à contenir la propagation.

Il a également été question de visas chinois. Sur ce point, Lionel Beffre se veut constant: « Je n’ai pas noté d’afflux massif. Je ne m’y attendais d’ailleurs pas… » Et pour cause, ces formalités d’entrée ne sont pas un obstacle, comparées à la barrière de la langue ou encore du coût du billet d’avion. Morale de cette histoire: au 10 octobre dernier, on a recensé très exactement 2191 arrivées de touristes chinois contre 2058 un an plus tôt.

En revanche, il se félicite de l’annonce faite par le Pays d’une prochaine désignation de ses représentants au conseil d’administration de la société ADP (Aéroport de Tahiti). Quant à parler de reconstruction du site de Tahiti-Faa’a, comme il a été envisagé un moment, Lionel Beffre n’est toujours pas convaincu de la nécessité. « Mais avec quel argent ? » s’interroge t-il, avant de conclure: « Il n’est peut-être pas parfait mais il fonctionne… »

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