Le père de l’Aranui fait chevalier dans l’Ordre de Tahiti Nui

 

Lors de l’inauguration du navire, Aranui 5, le président Fritch a remis au fondateur de la société, Jul-Chum Wong, l’insigne de chevalier dans l’Ordre de Tahiti Nui. Une distinction accompagnée d’un éloge que nous publions ci-dessous.

Monsieur Jul-Chum WONG, vous êtes né le 22 Juillet 1935 à Tahiti. Vous êtes le second fils de Mr. Wing WONG et de Mademoiselle Tching Yong Tai SHAN SEI FAN. Votre père possédait un magasin d’alimentation générale « Wing Man Hing » et votre mère était couturière. Vous grandissez avec vos 3 frères et vos 4 sœurs. En 1955, vous obteniez votre Diplôme de Brevet au Collège La mennais.

En 1956, vous quittez Tahiti et partez en Californie pour poursuivre vos études. Vous obtenez le diplôme de Bachelor’s of Science in Business en 1960 à l’université de San Francisco. Lors d’une soirée organisée pour les étudiants étrangers, vous rencontrez Mademoiselle Shirley Yam que vous épouserez en 1961. L’année suivante, elle vous donnera un fils, prénommé Eric.

En 1963, vous ouvrez votre première société. Vous faisiez de l’import-Export entre Tahiti, la Nouvelle Calédonie et Hong Kong.

En 1976, à San Mateo, ville voisine de San Francisco, vous ouvrez le premier « Town & Country Billard », concept haut de gamme de jeux de billard avec pour but de développer un lieu convivial de rencontre entre amis. Ce Country Billard fonctionnera très bien. Fort de ce succès, avec de nouveaux investisseurs, vous ouvrirez une chaine de 3 salles de billard « the Great Entertainer » dans la ville de San Francisco et ses alentours.

Parallèlement au début des années 80, les affaires familiales à Tahiti qui étaient principalement basées sur le transport maritime inter-insulaire, commençaient à décliner après trente ans d’activité de commerce avec les îles.

Autrefois, la vente à l’aventure était une activité prépondérante et les goélettes étaient de véritables épiceries ambulantes. Elles proposaient tous types de denrées alimentaires et domestiques dont les îliens avaient besoin et en échange elles rapportaient le coprah sur Tahiti.

Les clients des îles vendaient leur récolte de coprah, de perles ou de nacres au navire et achetaient les denrées de l’épicerie du bord.

Or, dans les années 1960 à 1970, le cours du coprah était au plus haut mais à partir des années 1980, ce cours s’est pratiquement effondré et les armateurs qui acheminaient le coprah sur Tahiti pour la revendre à l’unique acheteur, l’Huilerie de Tahiti, se retrouvaient dans une situation financière précaire. En plus de faire face aux dépenses générées par l’armement des navires, les retards de prise en charge du transport par le Gouvernement accentuaient leur problème de trésorerie.

La compagnie WING MAN HING qui opérait à cette époque trois navires Aranui 1, Araroa, Kekanui, devait faire face à ces problèmes financiers. Elle en était même à la limite de la faillite.

A l’occasion d’un passage à Tahiti, après une visite de l’Aranui I, vous réalisez, mon cher Jul, qu’il y avait la possibilité d’embarquer des passagers en cabine à bord. Ainsi, fut créé le voyage en cargo mixte. Plutôt que de transporter que de la marchandise, il serait possible de développer un nouveau concept du service à passager.

C’est en compagnie de votre frère Jean WONG (1935-2008) que la saga des Aranui commença.

Le 22 Novembre 1984, sur son premier voyage, l’ARANUI I transporta 7 passagers, sur son second voyage, il en transporta 27. Suivra la parution d’un article du Los Angeles Times et avec l’aide des agences américaines, ses efforts de promotion de la croisière aux Iles Marquises sur le marché touristique Nord-Américain eurent un succès immédiat.

En 1990, arriva l’ARANUI 2, cargo capable d’accueillir 86 passagers. Le marché touristique Européen se développa.

En 2013, l’Aranui III, un nouveau navire construit sur mesure avec une capacité de 200 passagers entra en service. Avec ce nouveau navire, s’ouvrit le marché touristique de l’Australie et la Nouvelle Zélande.

Dans ce processus de modernisation, L’Aranui a contribué à créer de l’emploi et à développer économiquement les îles qu’elle dessert et plus particulièrement la ligne des Marquises.

Plus important, il a fait revivre la culture Marquisienne, si longtemps oubliée.

En ce temps- là, l’Aranui fut un des premiers bateaux à transporter des passagers touristiques vers une destination quasi inconnue et même mythique que sont les îles Marquises.

Aujourd’hui, d’autres navires de croisière ont programmé cette destination sur leur parcours dans le Pacifique Sud.

Depuis leur premier voyage, il y a 30 ans, les Croisières ARANUI ont fait découvrir les Marquises à 45.000 passagers internationaux.

A 80 ans, vous dirigez toujours vos affaires personnelles des Etats Unis et vous êtes très activement impliqué dans les opérations de la CPTM, armateur du navire ARANUI en Polynésie.

Votre dernier projet en date est celui de la construction et de la mise en exploitation de l’Aranui 5.

Enfant de Tahiti, votre philosophie pour les Croisières Aranui a toujours été très simple: « Une entité polynésienne, dirigée par des Polynésiens et au bénéfice des Polynésiens ».

Eu égard à l’exemplarité de votre carrière, à votre parcours exceptionnel, enfant du Fenua et aux diverses actions menées dans les domaines, de l’économie, de l’Import-Export, des transports insulaires, du tourisme, des croisières dans les îles des Marquises, il est proposé de vous attribuer le titre de “chevalier” de l’Ordre de Tahiti Nui.

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