Le président Fritch à Annick Girardin: « J’ai hâte que le dossier nucléaire soit soldé »

Retrouvez les temps forts de l’allocution prononcée jeudi soir par le président du Pays Edouard Fritch lors de la réception donnée en l’honneur de la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin.

Chers amis,

C’est avec un sentiment d’honneur et de privilège que nous accueillons notre Ministre des Outremer, ce soir à la présidence de la Polynésie française.

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Nous vous sommes reconnaissants d’être venus jusqu’à nous. Nous sommes sensibles à votre geste car il témoigne de l’intérêt et du respect que vous souhaitez accorder à notre collectivité du Pacifique.

(…)

Madame la ministre, sur le plan économique, tous les observateurs locaux et les instituts spécialisés confirment la reprise globale de l’économie polynésienne. Depuis septembre 2014, notre économie a ainsi permis l’embauche et la mise en activités de plus de 9 000 personnes. C’est un résultat encourageant et rassurant.

La prochaine étape de notre plan d’actions va consister dès 2018, en la réalisation des grands investissements de la ferme aquacole de Hao et du projet « Le Village Tahitien », ainsi que le développement de nos ressources propres. Ces grands projets viendront « booster » l’emploi.

Je veux à ce stade de notre évolution, saluer et remercier les investisseurs privés, les entreprises mais également les ménages polynésiens pour leur rôle « moteur » dans la reprise de l’économie polynésienne.

Je veux également remercier l’Etat pour son écoute et son accompagnement financier au travers notamment du Contrat de projets, des crédits exceptionnels dédiés à l’éducation, du soutien au régime de solidarité de Polynésie française, du Fonds Exceptionnel d’Investissement, de la défiscalisation nationale et du rétablissement de la Dotation Globale d’Autonomie à son niveau initial. Madame la Ministre, veuillez transmettre au Premier Ministre, Edouard Philippe, nos remerciements les plus sincères pour toute l’attention et le soutien qu’il accorde à notre collectivité.

Je veux également remercier nos maires de Polynésie pour leurs concours à la redynamisation économique du pays en investissant dans des équipements structurants utiles à leurs populations.

Il y a encore trop de Polynésiens qui sont en difficulté, en particulier dans la zone urbaine de Tahiti où la vie est entièrement monétarisée. Tous n’ont pas retrouvé le chemin de l’emploi durable. Nous devons collectivement prendre soin des plus fragiles d’entre nous : nos personnes âgées, nos handicapés, nos malades et nos pauvres.

Nous nous y attelons en mettant en place les dispositifs d’emploi aidé et d’aides sociales appropriées.

Madame la Ministre, nous prenons nos affaires à bras le corps pour redonner de la dignité à tous les Polynésiens. Nous assurons avec responsabilité ce que l’Autonomie nous a confié. Nous le faisons avec honnêteté, rigueur et transparence. Nous avons trop souffert de ces affaires judiciaires qui ont donné l’image d’une collectivité corrompue ou bananière. Je n’en veux plus. Je m’efforce de donner une image plus noble, plus exemplaire de la classe politique. Le redressement moral fait partie du processus de redressement global de ce pays. Je désire remettre de la responsabilité au centre de notre gouvernance pour que la confiance s’installe durablement dans notre pays.

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Après avoir passé cinq jours parmi les Polynésiens, après avoir parcouru 3000 kilomètres pour visiter deux îles des Marquises et près de 800 kilomètres pour visiter un atoll des Tuamotu, vous avez désormais un aperçu de notre grande dispersion.

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La mise en place d’un câble sous-marin domestique entre Tahiti, les Tuamotu et les Marquises sera une réponse appropriée à une partie des besoins de continuité aux moyens de la télémédecine, du télé-enseignement, de la e-administration et des télécommunications par internet. C’est un investissement lourd assumé seul par l’Office des Postes et des télécommunications à hauteur de 7 milliards de francs.

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En matière de tourisme, nous voulons un tourisme durable. Nos îles ne supporteront pas un tourisme de masse. C’est pourquoi, nous vous serons reconnaissants, Madame la Ministre, de bien vouloir plaider notre cause à Paris pour que la défiscalisation puisse bénéficier aux hôtels et aux paquebots de croisières qui sillonnent la Polynésie.

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A cet effet, nous pensons désormais être en capacité de rassurer l’Etat sur nos sollicitations en matière de défiscalisation. Comme je vous l’ai dit il y a quelques minutes, la défiscalisation est vitale pour gommer certains effets structurels. La défiscalisation constitue bien un soutien essentiel au développement de notre économie insulaire. Madame la Ministre, nous comptons sur votre talent de persuasion auprès de vos collègues parisiens pour les rassurer sur nos réelles intentions de développement et de la bonne utilisation des outils fiscaux comme levier d’incitation.

Le dernier sujet que je voudrais évoquer d’une manière synthétique et qui n’en demeure pas moins important, c’est le dossier du nucléaire. C’est le dossier le plus emblématique des relations actuelles entre l’Etat et la population polynésienne.

En effet, madame la Ministre, mettez-vous à la place d’une population, à qui on a toujours affirmé l’innocuité totale des essais, et qui apprend brutalement en 2010, de la bouche d’un président de la République, que les trente années d’essais n’étaient pas propres pour la santé et l’environnement de la Polynésie. Quel choc !

La brutalité de cette annonce a déclenché une onde de choc dans les esprits polynésiens. Elle a généré des interrogations et de vives réactions, parfois émotionnelles, selon lesquelles beaucoup de nos malheurs sanitaires seraient liés aux effets du nucléaire sur la santé passée, actuelle et future des populations.

Aussi, la décision d’établir le Centre de mémoires et d’archives du nucléaire sur l’ancien site du commandant de la marine, est une excellente chose.

Ce centre mémorial devrait permettre d’objectiver le sujet nucléaire polynésien et de reconstruire l’avenir en étant débarrassé des scories passionnelles et émotionnelles qui peuvent gêner le nécessaire dialogue entre l’Etat et les Polynésiens. La mise en place du Comité de projet va impulser le lancement effectif de ce centre.

(…)

Madame la Ministre, j’ai hâte que le dossier nucléaire soit soldé. J’ai hâte que le dialogue républicain entre la Polynésie française et l’Etat ne se concentre que sur les sujets de développement, car il s’agira de parler de nos enfants.

Je vous remercie.

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Une pensée sur “Le président Fritch à Annick Girardin: « J’ai hâte que le dossier nucléaire soit soldé »

  • 27 janvier 2018 à 13 h 08 min
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    Vous avez raison monsieur le président, notre jeunesse mérite plus que l’on s’interesse A elle plutôt que sur le passé des essais nucléaires.

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