Le président Fritch « ne veut pas être le fossoyeur des retraites »

En guise de coup d’envoi de l’examen du projet de loi du pays portant diverses dispositions relatives à l’assurance vieillesse et autres mesures d’ordre social, le président du Pays, Edouard Fritch, a fait un rappel historique de la caisse de retraite.

Le régime de retraite des salariés polynésiens existe depuis une cinquantaine d’années. Celui-ci connaît aujourd’hui des difficultés qui ont plusieurs origines dont une qui tient au fait que nous vivons plus longtemps aujourd’hui grâce à une sensible amélioration de l’offre de soin.

Mais la crise économique de 2008 n’est pas la seule responsable des déficits, « nous avons tous notre responsabilité! » a expliqué le chef de l’exécutif local. Les politiques certes mais également les partenaires sociaux en charge de la gestion à la CPS. Et de préciser que « depuis 1993, les administrateurs de la Caisse étaient conscients que le système n’allait pas tenir ».

L’effondrement des réserves est une réalité: la viabilité de la retraite, tranche A, est de 15 mois. Passé ce délai, nous serons en cessation de paiement. « Ce n’est pas moi qui le dit mais les experts », a ajouté le président.

Pas plus de 300 personnes massées sur le parking Tarahoi

Edouard Fritch n’a pas mâché ses mots envers les partenaires sociaux qui, selon lui, n’ont pas assumé leur rôle. « Plus de 36 milliards de Fcfp ont été dépensés entre 2009 et 2016 », a t-il indiqué. Dans un puits sans fond, pourrions-nous ajouter.

Face à une telle passivité, le président Fritch a lancé devant la représentation territoriale: « Je ne veux pas être le fossoyeur des retraites. J’assume pleinement ce début de réforme ». Il appartiendra demain au Conseil d’orientation et de suivi des retraite (créé par la loi) de prendre les mesures qui s’imposent pour ajuster les curseurs dans le temps. « Je resterai vigilant! » a t-il conclu.

Sur le terrain, l’Intersyndicale est bien obligée de reconnaître qu’elle a perdu cette bataille! 200 à 300 personnes seulement ont répondu à l’appel de Vatea Heller et Mahinui Temarii, et non 800 comme ils l’ont déclaré aux journalistes présents. Quant à Patrick Galenon de la CSTP-FO – qui s’est montré bien tardivement sur le parking de Tarahoi au point de se demander s’il était toujours solidaire avec le mouvement de grogne – il a déclaré: « Edouard Fritch est légitime aujourd’hui. Pour autant, cela ne veut pas dire que la population est d’accord avec la réforme ».

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