Le redressement économique en trois mots-clés: continuité, progressivité et cohérence

A l’ouverture de la première conférence économique, ce mardi matin, le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, a prononcé l’allocution suivante.

C’est pour moi un grand plaisir de vous accueillir à la Présidence de la Polynésie française pour la première conférence économique de l’année 2016.

Comme je vous l’ai proposé, cette conférence se tiendra désormais deux fois par an et je souhaite qu’elle puisse constituer un lieu de partage d’informations, d’échange d’idées mais aussi de concertation la plus large entre le gouvernement et le monde économique que vous représentez au travers de la diversité de vos entreprises et des projets que vous portez dans notre beau pays.

2016-05-17 CONF ECONOMIQUE (7)

 

Le Ministre de la relance économique, Monsieur Teva Rohfritsch, est chargé de l’organisation de cet évènement mais aussi de veiller à la parfaite communication entre le gouvernement et les acteurs économiques, tout au long de l’année, et je sais que vous avez accepté de participer activement aux séances de travail qu’il mène sur la politique économique du gouvernement. Sachez que je suis attentif à vos travaux actuels et à venir.

Je vous encourage à poursuivre cet effort et à formuler des propositions de manière à enrichir, améliorer, préciser les actions que j’ai pu annoncer à l’ouverture de la session administrative de l’assemblée de Polynésie française.

Cette conférence constitue, je le souhaite, une nouvelle avancée dans nos travaux communs. Elle doit nous permettre de faire un point désormais régulier sur la situation économique du Pays, de finaliser, de manière concertée, le déploiement de la politique d’action économique du gouvernement et d’ouvrir avec vous les tables rondes sur les thématiques que vous avez pu exprimer lors de nos différents échanges depuis la formation de mon gouvernement.

La tâche est grande mais sachez que je suis déterminé à tout mettre en oeuvre pour que les premiers signes d’amélioration économique que nous avons tous pu constater donnent naissance à un véritable redémarrage économique après toutes ces années de marasme que les comportements politiques ont fini par ancrer dans une certaine fatalité.

Sachez, chers amis, que mon gouvernement est mobilisé pour relever ce défi au quotidien. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour tracer avec vous cette nouvelle voie du développement économique.

Je prendrai mes responsabilités à chaque fois que nécessaire pour lever les difficultés et autres pièges tendus par certains esprits chagrins, peut être revanchards, prêts à tout, et je dis bien à tout, pour faire échec à notre gouvernement, quitte à enfoncer encore un peu plus et un peu plus longtemps notre pays tout entier dans les difficultés que nous connaissons.

Certains n’hésitent pas à contacter nos partenaires étrangers pour leur demander de faire échec, tout au moins temporairement, aux grands projets dont nous attendons tous les premiers signes de démarrage, j’y reviendrai tout à l’heure. Sachez en tout cas que je ne resterai pas spectateur de ces tentatives de déstabilisation !

Vous l’avez noté, j’ai tenu à mobiliser tous nos ministres pour trouver une issue constructive au préavis de grève générale déposé par l’intersyndicale. Je me réjouis que nous ayons pu tous, avec les secrétaires généraux des syndicats de salariés, en bonne intelligence, trouver les termes d’un accord  mesuré et responsable pour éviter à notre Pays de subir les conséquences désastreuses qu’auraient pu provoquer une paralysie soudaine de notre outil économique.

Je n’ignore pas la difficulté que nous aurons à nous mettre tous d’accord sur la suite et vous savez que je me suis engagé personnellement pour que nous puissions aboutir tous ensemble à la définition de notre prochain système de protection sociale généralisée.

Mais je réitère aujourd’hui mon engagement d’aller au bout de cette réforme et de privilégier la concertation la plus large possible, car cette PSG2 dépasse largement le cadre politique et viendra poser le cadre de la société que nous voulons pour nos enfants.

Je ne peux pas imaginer que nous ne parvenions pas à sortir de nos carcans et de nos luttes de clans. Ne sommes-nous pas capable enfin d’agir et  d’accepter de voir l’intérêt de tous avant celui de chacun?

Je ne peux pas imaginer que nous acceptions collectivement de plonger dans un océan de dettes nos enfants parce que nous n’aurons pas été capables de nous entendre sur les mesures à prendre pour combler les déficits et redonner de la visibilité à tous nos ressortissants comme aux plus démunis de notre société.

Je ne peux pas imaginer que nous acceptions de devenir les complices passifs d’une faillite annoncée depuis plus de 10 ans de notre protection sociale parce que nous aurions tout fait pour repousser les décisions qui s’imposent.

Nous ne pouvons et ne devons plus renvoyer à d’autres les responsabilités qui nous incombent aux fonctions que nous avons tous accepté d’occuper au conseil d’administration de la CPS, comme dans les institutions de notre Pays.

J’aurai l’occasion très prochainement de vous revoir sur ce thème et je souhaite pouvoir compter sur votre mobilisation pour que nous donnions tous ensemble un signe fort de cohésion et de responsabilité. La PSG2 doit naître de nos travaux communs avant la fin de cette année 2016.

***

Permettez-moi de revenir sur notre situation économique. Notre redressement économique se confirme mais nous ne pouvons pas nous en satisfaire ni, il est vrai, nous gargariser de ces résultats encourageants. Mais nous devons aussi arrêter la sinistrose et relever la tête tous ensemble pour avancer.

Les chiffres sont là et nous entendrons tout à l’heure nos dirigeants de l’Institut d’émission d’outremer et de l’Institut de statistiques pour les commenter.

Comme nous le verrons plus en détail avec nos spécialistes, les principaux indicateurs nous montrent que la conjoncture économique s’améliore nettement.

L’évolution du chiffre d’affaires des entreprises est en progression continue depuis 2013, plus particulièrement dans les secteurs des transports, des industries manufacturières et du BTP.

L’indice de consommation des ménages, premier moteur de l’économie polynésienne, continue lui aussi de se redresser.

La courbe de l’emploi s’est redressée pour la première fois depuis 5 ans. Cette inflexion est, bien sûr, encore insuffisante pour diminuer un taux de chômage qui a littéralement explosé sur la dernière décennie. Nos exportations s’améliorent également, tant en volume qu’en valeur.

Le redressement de nos comptes publics s’est encore confirmé en 2015. L’agence de notation Standard & Poors en a pris acte et a relevé, la semaine dernière, la notation de la Polynésie française à BBB-. Nous redevenons un Pays attractif pour les investisseurs et pour les organismes prêteurs.

Le gouvernement a intensifié l’investissement public tout en maîtrisant l’endettement du Pays. Reste maintenant à contribuer ensemble au redémarrage de l’investissement privé, car c’est le moteur qui nous manque encore actuellement.

Je réaffirme, ici, la ferme volonté de notre gouvernement de compter avant tout sur les investisseurs polynésiens – sur vous donc – et nous allons, dans ce sens, compléter notre cadre incitatif aux investissements locaux dans les prochaines semaines.

Certes, nous avons la chance historique de pouvoir concrétiser de grands projets d’investissement, grâce notamment aux investisseurs chinois dont nous avons beaucoup parlé ces dernières années, mais les investisseurs polynésiens doivent rester les premiers fers de lance de notre développement économique dans la durée.

Je voudrais néanmoins faire un rapide point d’étape des grands projets d’investissement devant vous.

Mon dernier déplacement en Chine visait justement à vérifier la concrétisation du premier projet d’investissement attendu, à savoir la construction du complexe aquacole de Hao. J’ai obtenu cette confirmation.

Nos ministères et services mettent tout en œuvre pour que le projet de ferme aquacole dispose de toutes les autorisations nécessaires pour pouvoir démarrer les premiers travaux avant la fin de cette année.

Les autres grands projets d’investissements étrangers sont dans une phase active de préparation, notamment pour ce qui concerne le Tahiti Mahana Beach. Cette phase de préparation et de gestation est nécessairement longue en raison même l’ampleur historique pour la Polynésie. Nous en reparlerons le moment venu.

Aujourd’hui, je veux compter sur vous, chefs d’entreprises et investisseurs polynésiens, pour accompagner le redressement, puis la refondation économique de notre Pays.

Ensemble, je souhaite que nous mettions tout en oeuvre pour amplifier et accélérer ce mouvement de redressement par des actions fortes, exceptionnelles et pertinentes. C’est tout le sens du Plan d’investissement massif du Pays, accompagné des nouveaux dispositifs d’interventions économiques proposés par le gouvernement.

Ce plan massif va mobiliser près de 60 milliards de financements publics et privés sur les 3 exercices qui arrivent. Il consiste en un apport supplémentaire conséquent injecté dans notre économie en plus des dispositifs classiques que nous déployons au travers du budget de la Polynésie française et des dispositifs conventionnels tels que le contrat de projet Etat-Pays-Communes.

J’ai décidé de lancer des investissements publics nouveaux et attendus tels que le Pôle de santé mentale pour 3,5 milliards FCFP. Le SWAC de l’hôpital va démarrer enfin dans les semaines qui arrivent et je souhaite d’ores et déjà lancer une nouvelle opération sur la climatisation par eau profonde de l’avenue Pouvanaa a Oopa.

En matière d’énergie, nous renforçons le programme de centrales hybrides dans les îles Tuamotu pour près de 2 milliards FCFP et déployons un système de stockage collectif d’énergie solaire sur l’île de Tahiti pour 1 milliard FCFP.

Nous lançons les études pour le centre culturel sur les deux sites de Toata et de Vaiami et nous engageons un programme soutenu de rénovation et de construction de nos collèges et lycées à Tahiti comme dans nos îles éloignées. La ministre des sports démarre aussi les études dès cette année pour un projet ambitieux d’un complexe multi-sports de type Arena sur une enveloppe prévisionnelle de près de 3,5 milliards FCFP.

Nous avons démarré les opérations de logement social avec l’OPH et les opérateurs privés avec un programme d’une ampleur jamais atteinte.

Pour le pôle biomarine de Faratea, nous lancerons le chantier de viabilisation du site au troisième trimestre prochain.

La défiscalisation vient soutenir les projets de rénovation hôtelière sur une enveloppe exceptionnelle de 3 milliards FCFP et nous lançons un programme pour la valorisation du site du golf de Temae, acquis par la Banque SOCREDO. J’ai demandé à constituer un tour de table et j’en appelle à la mobilisation des capacités d’investissement locales pour que ce projet soit porté par les Polynésiens.

Le Pays vous accompagnera ! Nous nous ouvrons certes aux investisseurs étrangers, mais je sais que le redémarrage économique à court terme se fera grâce à la mobilisation forte de vos capacités d’investissements.

Je suis prêt à mettre le foncier du Pays à disposition de notre outil économique pour développer vos projets créateurs d’activités et d’emplois pérennes.

En plus de ce plan d’investissement massif, j’ai annoncé, lors de l’ouverture de la session administrative de l’Assemblée de Polynésie française, tout un ensemble de mesures visant, comme je le disais, à amplifier notre redressement économique sur le court terme.

Ces mesures s’adressent d’une part directement aux ménages via des actions en faveur de la relance de la consommation et de l’investissement des ménages.

Le ministre de l’Economie vous détaillera tout à l’heure toutes les mesures de soutien et d’accompagnement que nous souhaitons mettre en oeuvre parmi lesquelles la relance de la construction navale en Polynésie qui me tient particulièrement à coeur.

Soyez assurés de la détermination de mon gouvernement à agir résolument pour bâtir une économie plus diversifiée, mais aussi plus compétitive pour affronter la concurrence internationale, notamment dans le secteur touristique qui restera notre fer de lance économique.

Je suis persuadé, en effet, que l’amélioration de notre compétitivité globale sera un enjeu fondamental pour notre avenir.

 Ce plan est devant vous, il est prêt et les financements sont identifiés. L’amélioration de notre note par Standard and Poors vient confirmer la solvabilité retrouvée de notre Pays grâce aux efforts engagés par le gouvernement sur le train de vie de l’administration et la gestion rigoureuse de notre Budget et de nos satellites, mais aussi, et je tiens à le souligner, grâce à vous, grâce à la contribution de tous à cet effort collectif.

Tout le gouvernement est désormais mobilisé, je vous le disais, pour mettre en oeuvre  ce vaste plan d’actions avec vous. Bien sûr ce plan a encore vocation à s’approfondir avec votre concours et s’appuiera sur les rendez-vous de concertation programmés avec la représentation professionnelle du secteur privé jusqu’à la fin de l’année 2016.

Sachez en tout cas que le Pays se bouge et est en marche à vos côtés. Nous réussirons ensemble ce redémarrage économique j’en suis certain.

Vous l’aurez compris : je compte sur votre engagement sans faille et votre partenariat, car nous ne réussirons pas sans vous.

Nous poursuivrons ces rencontres dans les prochaines semaines et les prochains mois.

A court terme, le Ministre de l’économie vous réunira à nouveau pour avancer sur ces dossiers.

En septembre prochain, nous tiendrons une nouvelle conférence économique pour faire le point sur l’avancement des mesures et préparer ensemble le débat d’orientation budgétaire pour 2017.

En octobre, enfin, nous organiserons un forum économique sur le thème de la refondation de notre économie. Je souhaite que nous ne restions pas simplement entre nous et que nous puissions convier à nos échanges des intervenants extérieurs qui viendront nous donner leur éclairage sur notre économie et ouvrir des perspectives pour une politique plus structurelle à mener sur le moyen terme.

En résumé, les mots –clefs de notre démarche sont : continuité, progressivité et cohérence.

Encore une fois, le gouvernement est en marche à vos côtés. Avançons tous ensemble et regardons vers l’avenir avec responsabilité. Je vous remercie encore de votre présence à cette conférence économique, car elle démontre que vous voulez surmonter les défis économiques qui nous attendent.

Je vous remercie de votre attention.

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