Les maires de France à Macron: « Un pays, c’est autre chose qu’une start-up »

 

L’accueil sera frais, et Emmanuel Macron va devoir faire preuve d’autant de diplomatie que sur la scène internationale pour éviter les sifflets.

En se présentant jeudi devant les maires de France, qui réunissent ce mardi leur 100 ème Congrès, le président de la République doit répondre de plusieurs mesures qui les ont hérissés: la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables à l’horizon 2020, les 13 milliards d’économies exigés sur leurs dépenses d’ici la fin du quinquennat, mais aussi la baisse des emplois aidés ou celle des loyers HLM, qui risque de mettre les bailleurs sociaux sur leurs communes en difficulté.

« La confiance des élus locaux est entamée », accuse le président LR de l’Association des maires de France (AMF) François Baroin. Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux dans les Hauts-de-Seine et secrétaire général de l’AMF, commente ce diagnostic pour L’Express.

Est-ce la peur de perdre des moyens financiers qui mobilise les maires?

C’est plus profond que cela. Sous le quinquennat Hollande, la dotation globale de fonctionnement versée par l’Etat aux communes a été réduite, mais notre autonomie de gestion, garantie par la constitution, était préservée. Elle est remise en cause aujourd’hui, car le gouvernement veut nous forcer à réduire nos investissements avec la loi de programmation des finances publiques 2018-2022. On nous parle de « contractualisation » pour encadrer nos budgets, mais que devient notre autonomie si tous les chiffres du contrat sont posés par la loi? Bien qu’Emmanuel Macron se dise girondin*, ce qu’il propose est contraire au mouvement de décentralisation engagé depuis plus de 30 ans. 

Y-a-t-il un choc des cultures entre les maires et le nouveau pouvoir?

Nous représentons la culture normale dans un pays normal. En face, je dirais que la culture est plus étroite. Il y a peut-être une ignorance de la façon dont se passe les choses, un poids trop important de Bercy sur certaines décisions. Un pays, c’est autre chose qu’une start-up. 

Source: Yahoo Actualités

 

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