Les praticiens hospitaliers menacent de repartir en grève

Dans un communiqué, le président du Syndicat des praticiens hospitaliers, le docteur Marc Lévy dénonce « l’éternel refus du gouvernement d’appliquer les protocoles d’accord sur la reprise d’ancienneté ».

Cela va faire huit ans et cinq grèves (2009, 2010, 2011, 2013, 2016) que les protocoles d’accord de fin de conflit ne sont pas appliqués, et que l’expérience professionnelle des médecins des hôpitaux de la Polynésie française n’est pas prise en compte selon les conditions habituelles en métropole.

Du fait de leurs études de médecine, les candidats ont forcément débuté leur carrière en France, et la plupart ont déjà eu des expériences professionnelles variées. En arrivant en Polynésie française, beaucoup ont la mauvaise surprise de se voir rétrograder à un niveau d’ancienneté inférieur à celui qu’ils avaient dans leur dernier emploi.

En 2013, ce problème a été la cause d’une rétrogradation de treize années d’ancienneté d’une consœur cancérologue, lors de son intégration dans la fonction publique. L’émotion qui avait suscité cette situation, avait fait craquer ce médecin qui avait fini par fuir définitivement la Polynésie française et la maltraitance dont elle avait été victime.

Les plus touchés par cette défection ont été les malades traités pour leur cancer, qui ont perdu du jour au lendemain leur médecin, et qui ont subi la valse des médecins remplaçants dont certains n’ont passé que quinze jours à l’hôpital du Taaone. Il a fallu plus de six mois pour trouver un médecin prêt à prendre le poste durablement (sur un contrat hors statut validé par le conseil des ministres pour accorder des rémunérations hors normes).

En février 2016, le gouvernement sous la présidence actuelle, a signé un protocole d’accord avec le syndicat des praticiens hospitaliers en s’engageant à présenter une loi de pays et une délibération à l’assemblée de Polynésie française au plus tard à l’ouverture de la session budgétaire de 2016. Or, l’actuelle ministre de la fonction publique n’a pas souhaité présenter ce projet de texte à l’assemblée pour 2017.

Le protocole d’accord de 2016 contenait six points de revendication, cinq n’ont pas été appliqués, le 6ème a permis d’améliorer les délais de paiement des gardes des médecins de l’hôpital d’Uturoa, mais il persiste encore des retards de plusieurs mois.

La possibilité de prolongation de l’activité au-delà de la limite d’âge, la mise en conformité du texte sur la permanence des soins des hôpitaux de la direction de la santé, les discussions sur la réforme du statut et sur l’insuffisance des cotisations de la retraite des praticiens hospitaliers, n’ont pas été appliquées.

Mardi dernier 10 octobre, le syndicat des praticiens hospitaliers a envoyé un courrier au président du Pays et aux ministres de la fonction publique et de la santé, pour demander l’application intégrale des six points du protocole d’accord. Depuis, aucune réponse n’a été donnée aux praticiens hospitaliers.

C’est pourquoi, lors d’une assemblée générale exceptionnelle, le SPHPF a décidé à l’unanimité, qu’un préavis de grève serait déposé si le gouvernement persistait à refuser d’appliquer le protocole d’accord signé en 2016.

 

 

                                                                                                              

                                                                                          

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