Les retraites, premier wagon d’un vaste train de réformes de la PSG

Les représentants à l’assemblée de la Polynésie française ont statué une bonne partie de l’après-midi de jeudi, en commission législative de la Santé, sur le projet de loi de pays portant diverses dispositions relative à l’assurance vieillesse et autres mesures d’ordre social.

C’est un texte attendu par les partenaires sociaux, les uns l’appelant de leurs voeux, les autres contestant les choix du gouvernement. Pour l’exécutif, c’est le premier gros défi de la nouvelle mandature. Mais le président Fritch avait annoncé la couleur avant même les Territoriales: après avoir été contraint en mars dernier de reculer sous la pression de la rue, il s’était engagé à revenir devant la représentation territoriale – qui plus est fort d’une majorité confortable (38 élus sur 57) – pour prendre les mesures (certes douloureuses mais inéluctables!) qui s’imposent, et ainsi faire face à ses engagements, à savoir: garantir le paiement des pensions actuelles et futures.

Il n’empêche, la présidente de la commission ad-hoc, Virginie Bruant, aussitôt investie de sa mission, début juin, a quand même pris soin de revoir les partenaires sociaux, patrons et syndicats de salariés, pour rechercher un consensus. Même si chacun se doutait bien que la solution miracle n’existe pas et que fatalement, on ne pourrait pas contenter tout le monde.

Une chose est sûre: si l’on ne fait rien avant la fin de l’année, compte tenu de l’état des réserves liquides (autour de 5 milliards de Fcfp), nous allons droit dans le mur. Le système par répartition, tel qu’il a été conçu il y a trente ans, n’est plus tenable. La crise de 2008 y est pour beaucoup: plus de 8000 emplois ont été perdus, soit autant de cotisants en moins pour la CPS, avec pour résultat un régime (RGS) déficitaire d’environ 3 milliards de Fcfp en 2017. Et le trou n’a pas fini de se creuser…, promettent les spécialistes.

Le texte soumis aujourd’hui aux représentants a été quelque peu retravaillé et assoupli moyennant un certain nombre d’amendements proposés par la majorité. En revanche, curieusement, aucun de la part de l’opposition Tahoeraa-Tavini et encore moins, venant d’anciens syndicalistes (Angélo Frébault et Vaitea Legayic) pourtant reconvertis à la politique sous la bannière orange. Pour autant, ils n’ont pas changé leur fusil d’épaule et persistent à rejeter tout allongement de la durée de cotisation (de 35 à 38 ans) ainsi que de l’âge légal de départ en retraite qui va passer de 60 à 62 ans. Seule concession faite dans le texte: un lissage de 6 mois en 6 mois pour bouger les curseurs, de sorte à repousser l’échéance fatidique (62 ans) au 1er janvier 2023 au lieu de 2021 dans la précédente mouture.

Comment s’en étonner lorsque partout ailleurs, à de rares exceptions près, il faut désormais attendre 65 voire 67 ans pour percevoir les dividendes d’un dur labeur toute sa vie durant ? L’espérance de vie s’est allongée, nous sommes donc appelés à vivre plus longtemps sur le dos de la collectivité. Et puis, c’est oublier un peu vite le cas de celles et ceux qui veulent rester en poste pour des raisons diverses et variées, souvent parce que leur train de vie ne supporterait pas un abattement de 30% de leurs derniers salaires…

Avec cette première réforme des retraites, le système devrait revenir à l’équilibre d’ici à 2021 pour demeurer excédentaire jusqu’en 2027, après quoi une nouvelle courbe descendante se profile jusqu’en 2032. A moins que la reprise économique qui se confirme, notamment dans le secteur touristique, avec son lot de création d’emplois à la clé, ne produise l’effet inverse. Parallèlement, le gouvernement s’appuie sur le Schéma d’organisation sanitaire et ses 109 mesures dont beaucoup ont déjà été mises en oeuvre comme, par exemples, la création de l’Arass (agence de régulation), la carte sanitaire, le schéma de prévention et son compte d’affectation spéciale doté d’un budget de 135 millions de FCfp ou encore l’élaboration d’un panier de soins.

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close