L’état de l’environnement sous toutes les coutures

Un document de près de 400 pages est consacré à l’état de l’environnement en Polynésie française dont nous avons extrait quelques enseignements parmi d’autres.

Cette analyse de fond a été conduite sous l’impulsion de la Direction de l’environnement avec le concours du bureau d’études Creocean.

Deux années auront été nécessaires pour rassembler tous les éléments. A comparer avec les résultats obtenus en 1995 puis en 2006. Mais pour être « exhaustif et cohérent, ce document se devait d’être transversal; ainsi, les secteurs du tourisme, de la pêche, de la perliculture, l’agriculture, le patrimoine naturel, le milieu marin, les sols, les granulats, les eaux continentales, l’occupation des sols, les risques, la radioactivité, la santé, le bruit, l’air, les activités humaines sont analysés », souligne le ministre de l’environnement, Heremoana Maamaatuiaihutapu, en introduction.

Ce travail de fourmis se décompose en trois parties distinctes: l’état de l’environnement, les pressions et les activités humaines et enfin, la réponse des acteurs.

Des constats établis sur le terrain, il résulte notamment pour ce qui est des espèces terrestres « un très fort taux d’extinction » à l’image du tiare apetahi. Plus que les conséquences de l’activité humaine, nos îles concentre trente-sept espèces nuisibles figurant au Top 100 mondial. Fort heureusement, les efforts de concentration ont plus que doublé par rapport à la précédente étude.

3406_fakarava_370Les espaces naturels marins protégés et/ou gérés ont vu leur nombre s’accroître de plus de 50% par rapport à 2006 avec la mise en place de la réserve de biosphère de Fakarava. Hélas, cette protection ne couvre que 1% de la ZEE polynésienne, déplorent les rédacteurs.

Entre 2006 et 2010, on observe une très forte dégradation du corail, notamment à la suite du passage du cyclone Oli. Mais il existe une autre plaie: l’Acanthaster planci, une étoile de mer plus connue ici sous le nom de taramaea. Sa prolifération à la fin des années 60 reste une énigme pour la plupart des scientifiques. Sur les îles touchées, on relève une très forte diminution de la couverture en corail vivant sur les pentes externes comme à Moorea où les dégâts sont estimés à 99% du recouvrement corallien en un an dans la tranche la plus vivante du récif externe. Pour l’éliminer, deux techniques s’affrontent: l’injection de substances chimiques in situ ou encore le ramassage mais cette dernière demande beaucoup de précaution.

La qualité de l’air en Polynésie n’est pas connue. Elle serait globalement bonne, les estimation de CO2 étant estimées à près de 5 tonnes par habitant.

Une autre problématique est soulevée, celle de la distribution d’eau potable aux Tuamotu. A partir d’un audit réalisé en 2006 par la société Speed, on apprend que le volume moyen de stockage dans l’archipel est de 4m3 par habitant mais si les trois-quarts des installations de récupération semblent en bon état, en revanche, moins d’un quart des citernes présentent les critères de qualité nécessaires. Rappelons qu’en Polynésie, à ce jour, sept communes seulement sur un total de quarante-huit distribuent de l’eau potable à leurs administrés.

Bien que l’environnement relève exclusivement de la compétence polynésienne, l’Etat apporte sa contribution financière à hauteur de 13 millions d’euros par an (1,5 milliards de Fcfp) depuis 2008. 34% de cette enveloppe est dédiée à protection de la biodiversité.

A suivre…

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