L’Etat français plus que jamais dans le viseur de Gaston Flosse

Invité sur le plateau de TNTV, dimanche soir, le président du Tahoeraa, Gaston Flosse, a commenté les résultats du référendum d’autodétermination qui vient de se dérouler en Nouvelle-Calédonie. Mais pas seulement…

Comme nombre d’observateurs tout d’abord, le leader orange ne peut que constater – contrairement à ce que prédisaient les sondages – le faible écart de voix (respectivement 44% et 56%) entre les partisans du OUI à l’indépendance et ceux qui aspirent à rester dans l’ensemble français. Dans ce contexte, il estime que le président de la République Emmanuel Macron a « manqué de tact » lors de sa récente allocution télévisée pour commenter les résultats, n’ayant « aucun mot pour celles et ceux qui ont voté pour ».

Ceci étant dit, le vieux lion va jusqu’à faire un parallèle quelque peu osé entre nos deux territoires, allant jusqu’à déclarer que « les Calédoniens ont de la chance… » puisqu’ils ont pu s’exprimer librement sur leur avenir institutionnel. Et d’ajouter en guise de première pique adressée à l’Etat français: « Nous, ici en Polynésie française, qui décide de notre avenir ? Un fonctionnaire d’Etat (…) ».

Une manière comme une autre pour l’ancien président du Pays et ardent défenseur de l’autonomie interne, de tourner le dos, encore un peu plus à ce statut qui, dans son article 1er, fait la part belle à une Polynésie qui « se gouverne librement et démocratiquement ». Et de plaider une fois de plus pour son nouveau cheval de bataille, à savoir: la création d’un « Etat souverain associé à la France ».

Faute de poids politique suffisant pour être entendu à Paris, Gaston Flosse n’a pas d’autres choix dorénavant que d’aller faire la cour à  Oscar Temaru, celui-là même qu’il a combattu trente années durant. A cette fin, il ne peut que dénoncer « injustice » faite au leader indépendantiste qui vient d’écoper une peine d’inéligibilité d’une année, perdant de facto son fauteuil à l’assemblée. Parallèlement, on l’a vu dernièrement à la stèle de Pouvant’a, saluer la mémoire d’un grand homme que la France n’a même pas eu la décence de réhabiliter en l’innocentant de toutes les accusations mensongères dont il a fait l’objet à l’époque.

Aussi, Gaston Flosse reconnaît publiquement qu’il y a bien une « stratégie » en cours avec le Tavini. Mais dans quel but ? Officiellement, dit-il « pour sortir les 55 000 chômeurs de la pauvreté ». Il oublie au passage que lui et l’ensemble de la classe politique au cours de ces vingt dernières années sont responsables des difficultés qu’a connue la collectivité, notamment depuis 2008.

Quoiqu’il en soit, dans sa tentative désespérée de « rabibochage » avec les indépendantistes polynésiens, le leader du Tahoeraa compte proposer de voter « ensemble, contre » la modification de la loi statutaire dont le texte devrait, normalement, être étudié vendredi en commission des Institutions à l’assemblée de la Polynésie française; une énième modification qui, à l’en croire, est dictée par Paris.

 

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