« L’état radiologique constaté en 2014 est stable », assure le Haut-Commissariat

Le Haut-Commissaire de la République, Lionel Beffre, a présidé, jeudi après-midi, la deuxième réunion de la Commission d’Information sur les anciens sites d’expérimentations nucléaires du Pacifique.

Pour cette nouvelle commission, l’association 193 a été invitée compte-tenu de son implication récente dans le domaine. Par ailleurs, afin de compléter les informations données lors de la précédente commission et de traiter les sujets nouveaux,  quatre autres personnalités ont pris part à cette réunion, à savoir: Stéphane Le Garrec, adjoint au Chef de département analyse, surveillance, environnement au CEA; Patrick Bouisset, représentant l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) en Polynésie française; Guillaume Manificat, chef du SECURE (Service d’étude et de surveillance de l’environnement), expert de l’IRSN et Philippe Renaud, adjoint au chef du SECURE, expert de l’IRSN en radio-écologie.

Cette seconde réunion de la commission avait pour objet en particulier de présenter le dernier bilan de la surveillance de la radioactivité en Polynésie française établi par l’IRSN (Institut de radio-protection et de sûreté nucléaire), le plan communal de sauvegarde de TUREIA et un point d’avancement du chantier TELSITE 2.

moruroa

L’état radiologique constaté en 2014 est stable, dans la continuité des années antérieures récentes, et se situe à un très bas niveau. Cette radioactivité artificielle résiduelle est essentiellement attribuable au césium 137 provenant des essais nucléaires. Avec un niveau de radioactivité dans l’air d’origine artificielle encore décelable inférieure à 0,005 millisievert par an, la Polynésie française, bien qu’ayant connu quarante-et-un essais nucléaires aériens, est en-dessous de la valeur moyenne annuelle de Paris-Orsay qui reste deux fois plus élevée que celle de Tahiti.

Le programme de surveillance a évolué en intégrant une cartographie des expositions dans les îles depuis 2010, l’impact marin de l’accident de Fukushima de 2012 ainsi que la radioactivité dans les sols depuis 2014.

Concernant le premier point, les résultats détaillés sont disponibles dans le rapport. On note en moyenne que les teneurs sont faibles dans les îles hautes (0,05 à 0,10 microsievert par heure) et encore plus faibles dans les atolls (inférieures à 0,05 microsievert par heure) en raison de la nature calcaire des sols. Les éventuelles conséquences de l’accident de Fukushima ont été évaluées par la mesure de la concentration du césium 137 dans l’eau et dans les poissons pélagiques de la zone économique exclusive. Les résultats indiquent que l’accident n’a pas eu, à ce stade, d’impact sur le milieu marin en Polynésie.

Enfin, concernant les mesures de radioactivité dans les sols, il est à noter que la mesure du plutonium s’établit à 0,1 à 1 Bq/kg dans les îles hautes, elle est très inférieure à 0,1 Bq/kg à Hao, à l’exception de la dalle vautour avec 6,5 Bq/kg en moyenne. Cette activité ne présente pas de risque sanitaire et ne nécessite pas d’intervention particulière.

Rappelons que la Commission d’Information auprès des anciens sites d’expérimentations nucléaires du Pacifique, créée par arrêté du 4 mai 2015 du Ministre de la Défense, s’est réunie pour la première fois le 26 mai dernier. Elle a pour mission de renforcer l’information du public sur les conséquences, aux plans sanitaire et environnemental, des anciens sites du Centre d’Expérimentation du Pacifique. Elle est présidée par le Haut-commissaire de la République en Polynésie française et comprend 27 membres répartis en six collèges.

Quelques informations concernant le chantier TELSITE 2

Depuis les années 80, une surveillance géo-mécanique est assurée à Moruroa, afin de prévenir les risques identifiés d’effondrement d’un bloc de falaise corallienne. L’instrumentation actuelle, dénommée TELSITE, opérationnelle depuis 1997, nécessite une modernisation majeure, afin de continuer à garantir sur le long terme la sécurité des personnels militaires déployés à Moruroa et permettre aux autorités locales de prendre les arrêtés nécessaires à la mise en sécurité des habitants de Tureia.

C’est dans ce contexte que le projet TELSITE 2 a été lancé en novembre 2013, après des études préliminaires initiées dès 2010. Il nécessite des travaux d’infrastructure, de renouvellement de l’instrumentation et des soutiens associés.

La nouvelle base vie, Maeva, dont le fonctionnement est assuré par la SODEXO (70% du personnel est de recrutement local), société prestataire de l’Economat des armées, répond aux différents besoins du site, au profit d’environ 140 à 160 personnels. Le site bénéficie, en outre, d’une liaison hebdomadaire assurée par Air Tahiti (vol tous les mardis)  et de liaisons maritimes, par le Taporo, renforcées par 1 rotation supplémentaire dédiée par mois.

La sécurité au travail fait l’objet d’une attention particulière. L’autorité militaire, garante de la sécurité de l’ensemble du personnel sur Moruroa, a renforcé son détachement militaire, qui représente aujourd’hui environ 40 personnes, pour assurer la sécurité générale. La DID s’est attachée les services d’un coordonnateur « sécurité-prévention-santé » (SPS) pour l’ensemble des chantiers d’infrastructure.

Afin de disposer d’informations dédiées aux travaux, des appareils de mesure d’ambiance radiologique supplémentaires ont été mis en place sur les zones de travaux et font l’objet de relevés affichés sur site.

De plus, en liaison avec Air Tahiti, pour répondre aux recommandations de la dernière réunion CHST au sein de la compagnie, des dosimètres électroniques ont été mis en place à Moruroa et sont utilisés lors des escales des appareils pour donner aux équipages les valeurs obtenues en temps réel.

Concernant l’avancement des travaux, la phase actuelle du projet, qui s’étend de juin 2015 à septembre 2017, comprend les gros travaux d’infrastructure, les forages et la mise en place de la nouvelle instrumentation du système TELSITE 2.

Dans ce cadre, la DID a passé des marchés avec des entreprises polynésiennes pour réaliser des travaux de remise en état de la route Nord, pour créer une zone logistique, rénover divers ouvrages et sécuriser les quais des motus Viviane et Dindon.

Le bilan au 10 décembre est le suivant :

  • plus de 15 entreprises mobilisées, principalement locales ;

  • 75 personnels des entreprises en moyenne sur site en permanence ;

  • 57 marchés passés ;

  • Plus de 4,2 milliards de Fcfp déjà investis ;

  • 140 tonnes de fret alimentaire transportées par voie maritime ou aérienne ;

  • 28 vols Air Tahiti réalisés qui ont généré un chiffre d’affaire de 110 millions de Fcfp pour la compagnie ;

  • 1250 passagers transportés ;

  • 20 rotations du Taporo réalisées.

Le calendrier général du projet est inchangé et prévoit une mise en service de TELSITE 2 en février 2018. Le coût global du projet demeure à ce stade inchangé : il est supérieur à 12 milliards de Fcfp.

Source: Haut-Commissariat

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2 pensées sur “« L’état radiologique constaté en 2014 est stable », assure le Haut-Commissariat

  • 12 décembre 2015 à 9 h 08 min
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