Lettre ouverte d’Emile Vernier sur la situation du Régime de retraite de la CPS

Le président de l’Uspep, Emile Vernier, nous adresse une lettre ouverte dans laquelle il interroge les dirigeants polynésiens sur la situation catastrophique du Régime de retraite de la Caisse de prévoyance sociale. En somme, à quand la catastrophe annoncée ?

Monsieur le Président de la Polynésie française

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée de la Polynésie française

Mesdames et Messieurs les administrateurs du CA du RGS de la CPS

Objet : la situation catastrophique du régime de retraite de la CPS

Le 13 novembre dernier, devant les élus de l’Assemblée, le Vice président de la Polynésie française, annonçait entre autres : « Notre système de retraite est à l’agonie depuis des années. Nous connaîtrons dans un peu plus d’une année, un épuisement prévisible des réserves liquides pour le paiement de nos retraites ». Il annonce aussi le nombre de 31 000 retraités et 40 milliards de charges annuelles en augmentation de 1,5 milliard par an. »

En disant cela devant la représentation territoriale, il reconnaissait implicitement que rien ou trop peu n’avait été fait pour sauver la retraite.

Depuis 1981, de nombreux rapports ou audits concluait tous que sans réformés du système, celui ci allait droit dans le mur : rapports Durin, Vermeil, Blanchard, Bolliet, audits Winter, entre autres… Tous ces rapports et audits ont été payés par la CPS et ont coûté plusieurs millions. Pourtant, malgré ces alertes, aucune autorité n’a pris les décisions qu’il convenait, décisions si elles avaient été prises à temps, auraient sûrement pérennisé la retraite CPS, de manière douce.

Au début des années 2000, le cabinet d’audit Winter situait la cessation de paiement en 2020. Nous avions donc 20 ans pour trouver des solutions.

En avril 2010, c’est le président du CA lui même qui annonçait que si on ne faisait rien, la cessation de paiement était pour dans 2 ou 3 ans. Nous y sommes et la conclusion qu’on peut en tirer c’est qu’on n’a rien fait ou si peu. Puisque courant 2015, les réserves de la retraite seront épuisées. Et que malheureusement, les cotisations ne suffisent plus à payer les charges.

Au vu de cette situation, il faut dire la vérité aux jeunes salariés qui ont la chance d’avoir un travail et cotisent à la CPS. Quand ils voudront prendre leur retraite, dans 20 ou 30 ans, ils ne toucheront pas ce à quoi ils peuvent prétendre par leurs cotisations.

Voici quelques questions qui intéresseront, je n’en doute pas, tous les polynésiens :

  1. A quel moment, dans l’année 2015, les réserves seront elles épuisées ?

  2. Avec cette absence de réserves, que comptez vous faire pour maintenir les pensions de retraite à niveau ?

  3. Si les solutions pour pérenniser les régimes (A et B) sont connues depuis tant d’années, pourquoi n’ont elles pas été mises en place en temps voulu et a-t-on tant tardé à les appliquer ?

  4. Ces solutions peuvent sauver les régimes, mais à moyen ou long terme. Que comptez vous mettre en œuvre pour sauvegarder les régimes à court ou très court termes ?

  5. Le système de loi du pays est-il approprié, sachant qu’à chaque fois, dorénavant, les textes sont attaqués devant le Conseil d’Etat dans le mois suivant leur publication au JOPF ?

  6. Les autorités lancent des assises ou séminaires pour de nombreuses composantes de notre population. Qu’est ce qu’on attend pour tenir les assises des seniors, sachant qu’il y a aujourd’hui 1 polynésien sur 7 qui a 60 ans et plus, et qu’en 2025, il y aura alors 1 polynésien sur 5 qui aura cet âge. Combien y aura-t-il de salariés en 2025 ? Ne faudrait-il pas changer de système et passer à la capitalisation, après bien sûr avoir reconstitué les réserves de la retraite au niveau où elles doivent être ?

  7. Enfin, les textes de la CPS ne sont pas respectés. Par exemple en ce qui concerne le fonds de garantie des pensions prévu à l’article 28 de la délibération 87-11/AT du 29 janvier 1987. Il y avait plus de 62 milliards dans les réserves en 2007. Il n’y aura plus rien demain. Où est passé cet argent ?

Je vous remercie pour les réponses qui intéresseront tous les Polynésiens concernés et que vous ne manquerez pas de nous donner.

Merci d’avance.

Le Président de l’USPEP

Emile Vernier

 

 

 

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Une pensée sur “Lettre ouverte d’Emile Vernier sur la situation du Régime de retraite de la CPS

  • 8 février 2015 à 10 h 15 min
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    « Au vu de cette situation, il faut dire la vérité aux jeunes salariés qui ont la chance d’avoir un travail et cotisent à la CPS. Quand ils voudront prendre leur retraite, dans 20 ou 30 ans, ils ne toucheront pas ce à quoi ils peuvent prétendre par leurs cotisations. »

    Bah, tant que ni Emile Vernier ni personne d’autre ne dit la vérité aux jeunes et moins jeunes crève-la-faim qui sont bannis du DROIT au RSA, tououoououout va biennnnn hohohohoh rollstahiti@gmail.com

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