L’hôpital du Taaone à l’heure des choix budgétaires

L’affectation au Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPf) d’une dotation globale de fonctionnement en baisse de 600 millions de Fcfp pour l’exercice 2015, est vivement contestée par les organisations syndicales professionnelles représentées au sein de l’établissement.

Ce qu’ils considèrent comme une « sanction financière » proposée en fin d’année dernière par la Caisse de prévoyance sociale (CPS), puis actée par le gouvernement, passe d’autant plus mal qu’elle n’a fait l’objet d’aucune concertation préalable, annoncent d’emblée les délégués des principales centrales du Pays: A Ti’a i Mua, Otahi, CSIP, CSTP-Fo sans oublier le puissant SPHPF qui regroupe les praticiens de l’hôpital. Pire, le directeur du CHPf aurait découvert le montant de la DGF par les médias…

Toujours est-il que la discussion semble rompue avec le ministre en devenir de la Santé, Patrick Howell, qui afficherait un « mépris complet » à l’égard du personnel. Tout au plus, un courrier a été adressé au vice-président, Nuihau Laurey, dans l’attente d’un rendez-vous qui pourrait avoir lieu le lundi 19 janvier. Car si des ajustements sont toujours envisageables  au travers un collectif budgétaire, aucune garantie écrite n’a encore été apportée sur ce point.

Aussi, les organisations syndicales n’entendent pas baisser les bras! « Nous devons reprendre les commandes de la discussion », déclare le docteur Marc Lévy, sans minimiser pour autant les difficultés budgétaires du Pays. Avant d’ajouter: « Dans ce cas, qu’on nous le dise! » A partir de quoi, le gouvernement devra définir les missions que le CHPf devra abandonner et celles qu’il devra conserver…

Des répercussions prévisibles

Pour  prouver leur bonne foi, les « contestataires » disposent de solides arguments. En effet, depuis l’ouverture du CHPf du Taaone en 2010, le financement assuré par la CPS a autant diminué que le nombre de patients a augmenté. En cinq ans, le montant de la DGF a fondu de 2,3 milliards de Fcfp (-13%) pour atteindre 12,995 milliards de Fcfp, soit le même niveau…qu’en 2008. Cette manne est répartie à 63% sur le régime général des salariés (RGS), à 33% sur celui de la solidarité (RSPF) et 4% pour les non-salariés (RNS). Parallèlement, précisent les professionnels, le Pays a cumulé une dette envers l’hôpital pour les ressortissants du RSPF à hauteur de 3,3 milliards de Fcfp.IMG_4549

Plus que des revendications, les organisations syndicales représentatives estiment qu’une telle coupe sombre aura des répercussions inéluctables sur l’offre et la qualité de soins pour les malades polynésiens. Et de prédire d’ores et déjà que « le plan cancer serait remis en cause si le CHPf ne recevait pas les budget nécessaires à son fonctionnement et à son évolution ».

Quant aux investissements en matériel médical, après un gel décrété de 2010 à 2013, les besoins sont estimés à plus de 500 millions par an pour remplacer les deux scanners, un grand nombre de lits médicalisés ainsi que des achats informatiques.

Enfin, par comparaison avec d’autres établissements en outre-mer (Guyane, Nouvelle Calédonie), elles veulent faire passer un autre message, à savoir que le CHPf de Taaone n’est ni sur-dimensionné, et encore moins richement doté. Pour une structure comparable, ce sont 20 milliards de Fcfp qui sont engloutis en fonctionnement

 

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