Lionel Beffre à la Conférence du Groupe des dirigeants polynésiens: « Moins on modifie la nature, moins on fait d’erreurs ».

Retrouvez l’allocution prononcée ce jour par le Haut-Commissaire de la République en Polynésie française, Lionel Beffre, à l’occasion de la Conférence du Groupe des dirigeants Polynésiens (Polynesian Leader Group) sur le changement climatique.M. le Président de la Polynésie française,

M. le Premier de Niue, Président du Groupe des Dirigeants Polynésiens,

Messieurs les Premiers Ministres de Samoa, des Iles Cook, de Tuvalu, de Tonga,

M. le Ulu de Tokelau,

M. le Vice-président de la Nouvelle-Calédonie,

M. le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Mme la Sénatrice de la Polynésie française,

M. le Sénateur, Vice-président de la Polynésie française,

M. le Sénateur de Wallis-et-Futuna,

Mesdames, messieurs les Ministres du gouvernement de la Polynésie française,

M. l’Ambassadeur, secrétaire permanent pour le Pacifique,

M. le Président du Conseil Economique Social et Culturel,

Madame et Monsieur les Conseillers auprès du Président de la République,

M. le Directeur du Programme Régional Océanien pour l’Environnement,

Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi, et je remercie M. le Président de la Polynésie française pour cette invitation, de participer à l’ouverture de la conférence du groupe des leaders polynésiens.

Cette conférence, organisée par la Polynésie française, doit avoir cette année une tonalité particulière. Une tonalité que je qualifierais d’ « universelle ».

En effet, se déroulera d’ici la fin d’année la réunion Paris Climat 2015 – dite COP 21 –  pour désigner la 21ème édition de la conférence des Nations-unies sur le changement climatique. Et dans ce cadre, l’Etat Français, que je représente en Polynésie française, se trouve aujourd’hui face à de nombreux défis.

Un défi international, tout d’abord. En assurant la présidence de la COP21, la France a désormais une responsabilité forte, au plan européen et international, et joue un rôle-clé dans les négociations mondiales sur le climat.

Pour cela, la France, pays organisateur sous l’égide de l’Organisation des Nations-Unies,  a sollicité la communauté internationale aux fins de conclure un accord ambitieux, équitable et universel, qui soit conforme aux recommandations scientifiques sur l’évolution du climat. L’enjeu est vital. Il ne s’agit pas moins de la préservation de notre planète et des générations futures.

Face au constat du dérèglement climatique, l’objectif est d’aboutir à un nouvel accord international, qui entrera en vigueur à l’issu du protocole de Kyoto et qui tendra à limiter les effets du dérèglement climatique à moins de 2°C.

Un défi interne, également. En France comme ailleurs, la lutte contre le changement climatique est un objectif qu’il convient de prendre en compte dans chaque politique publique : développement économique, agriculture, santé, transports, éducation…

Et au-delà même des décisions politiques, des mesures législatives et règlementaires, des projets de recherche scientifique et de développement durable, la lutte contre le changement climatique est un objectif pour chaque français, un devoir pour chaque citoyen. Seul un changement collectif des comportements pourra apporter des améliorations significatives.

Un défi pour les Outre-mer français, enfin. Et c’est sur ce dernier point que je m’attarderai. La France, pays au cœur même du Pacifique, appelle ses collectivités, et l’ensemble des grands pays océaniens, à agir pour le climat.

Le Président de la République François Hollande vous l’a rappelé, lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie en novembre 2014, en soulignant l’urgence de lutter contre le changement climatique de manière sérieuse, efficace et équitable dans le Pacifique. C’est d’ailleurs en Nouvelle-Calédonie, à Lifou, en marge du 3ème sommet Océanie 21, qu’a été signée une première déclaration par 15 dirigeants des Etats et territoires insulaires océaniens, dite « Paris 2015 : Sauvons l’Océanie », qui soutient les objectifs de la COP 21.

La présence aujourd’hui de représentants venus spécialement en Polynésie française pour assister à cet événement – M. l’Ambassadeur, Secrétaire permanent pour le Pacifique, M. le Conseiller Outre-mer et Mme la Conseillère pour les négociations internationales climat et environnement du Président de la République – mais aussi le soutien financier de l’Etat français pour l’organisation de cette conférence et du colloque scientifique qui l’a précédée, témoignent de l’intérêt que porte l’Etat français aux grands enjeux environnementaux du Pacifique.

Enfin, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, à l’issue du comité des signataires de l’Accord de Nouméa le 5 juin dernier, la tenue d’un sommet France-Océanie, en amont et dans la préparation de la conférence sur le climat.

C’est pourquoi je me réjouis de la tenue de cette réunion du Polynesian Leaders Group, de votre réactivité, et de votre implication.

Et je tiens remercier et féliciter M. le Président de la Polynésie française pour le travail accompli en amont de ces deux journées.

Je me réjouis également de la qualité des travaux qui vont débuter aujourd’hui, pour aboutir à une déclaration, dont le nom – Taputapuatea – résonne déjà dans la communauté internationale, par le classement à venir à l’UNESCO de ce site historique pour les tous les polynésiens du Pacifique.

Je me ferai un honneur et un devoir de faire entendre cette déclaration au plus haut niveau de l’Etat français.

Et nul ne doute que la voix des dirigeants polynésiens, appuyée d’une argumentation scientifique spécifique sur la vulnérabilité des îles basses polynésiennes et océanienne face aux effets du changement climatique, résonnera lors de la grande conférence internationale de cette fin d’année.

J’ai retenu de ce colloque scientifique organisé par l’Institut des récifs coralliens du Pacifique (IRCP) l’adage suivant:

« Moins on modifie la nature, moins on fait d’erreurs ».

Pourtant, le développement économique et social, l’aménagement du territoire, autrement dit les impacts des hommes sur leur environnement, font partie des besoins essentiels pour les populations. Et nous ne pouvons imposer des efforts environnementaux à nos concitoyens si leurs besoins essentiels ne sont pas satisfaits.

En revanche, nous avons la responsabilité collective de prendre en compte le changement climatique, voire d’en faire un atout pour bâtir des nouveaux schémas de développement diversifiés et durables.

Nous en avons les capacités techniques, et, je le souhaite, les territoires océaniens et la Polynésie française peuvent se placer en chefs de file, en exemples à suivre : économie à faible émission de carbone et développement des énergies renouvelables, aménagement du littoral, habitat à haute qualité environnementale, gestion de l’eau, protection des écosystèmes, …

La Polynésie française présente des atouts à offrir au Pacifique  pour promouvoir l’adaptation au changement climatique: diversité des patrimoines naturels et culturels, potentiel de recherche et d’analyse, engagement du mouvement associatif et des acteurs de la société.

Car cette transition énergétique et écologique est d’autant plus urgente ici, dans le Pacifique, où les atolls sont les plus vulnérables face au changement climatique.  Je pense aux populations qui ont subi ces dernières années une série sans précédents d’événements climatiques extrêmes et dévastateurs, dont la dernière manifestation s’est produite cette année au Vanuatu et au Tuvalu, avec le cyclone PAM.

L’heure n’est plus à la prise de conscience des enjeux environnementaux. Elle est désormais à l’action, car « chaque jour que nous cédons au scepticisme ou l’immobilisme nous rapproche un peu plus de l’impasse planétaire » (N. Hulot).

Et aujourd’hui, n’est pas un jour comme les autres !

Mesdames et messieurs les représentants des Etats et territoires polynésiens, je vous en remercie, et vous souhaite des travaux fructueux.

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3 pensées sur “Lionel Beffre à la Conférence du Groupe des dirigeants polynésiens: « Moins on modifie la nature, moins on fait d’erreurs ».

  • 17 juillet 2015 à 6 h 22 min
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    Dixit le représentant de l’Etat en Polynésie…. Mais si moins l’Etat était capable pour commencer de reconnaître ses erreurs sur le nucléaire et non les nier. La restauration des atolls, de l’environnement en général et de la santé des polynésiens dont beaucoup sont morts déjà coûte plus chers que les travaux actuels sur Moruroa. C’est une goutte d’eau !

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  • 17 juillet 2015 à 6 h 24 min
    Permalink

    Entre les paroles et les actes il y a un Monde ! Les paroles ou promesses n’engagent que ceux qui y croient..

    Répondre

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