Loi Morin: Tamarii Moruroa veut effacer toute référence à un risque négligeable

Dans le communiqué que nous reproduisons ci-dessous, le président de l’association Tamarii Moruroa, Yannick Lowgreen, commente le Décret de modification de la loi Morin tel qu’il a été présenté dernièrement au président de la Polynésie française.

Les associations de Vétérans, membres de la commission consultative, ne sont même pas consultées ni n’avons reçu officiellement une copie du décret alors même que l’article 7 de la loi Morin stipule que «la commission est consultée sur le suivi de l’application de la présente loi… »

On peut regretter que cette consultation, si elle a lieu, se fasse après la mise en place du nouveau décret. Nous risquons d’être mis devant le fait accompli avec un décret qui ne prend pas en compte nos revendications (TRN, aide juridictionnelle automatique, frais de déplacement et honoraires pour se rendre devant le CIVEN…).

Les rares indemnités sont d’un montant dérisoire (le barème de l’ONIAM n’est pas adapté aux faits de guerre). Tout ceci a été signalé à plusieurs reprises mais jamais de réponse contrairement aux belles paroles. Enfin, il faut soulever le caractère « négligeable » du risque mentionné à l’article 4 de la loi Morin. Comme vous le savez, le CIVEN s’appuie sur le logiciel américain NIOSH-IREP qui, à partir d’éléments fort divers, calcule une probabilité de lien de cause à effet.

Contrairement aux principes fondamentaux de la statistique, on va mesurer la probabilité de « causalité » non pas pour une population mais pour un individu précis. Alors que devant une réalité (ici un cancer), c’est la loi du tout ou rien qui s’applique ». Et encore ceci : on ne dit pas explicitement que le patient n’est pas atteint d’une maladie radio induite, mais qu’il se situe en dessous du seuil de 1%. Donc, la prise en compte de sa pathologie comme étant radio induite n’est pas possible, donc le lien entre son exposition (bien réelle) et sa maladie pourtant inscrite dans un tableau, n’existe pas ou plus exactement « qu’il est négligeable ».

Et enfin, « Par extension et en conformité avec le modèle linéaire, sans seuil qui cesse d’être une précaution et devient un reflet de la réalité, on ne nie plus la survenue des maladies radio induites aux faibles doses (y compris en dessous de 50mSv de dose engagée cumulative) mais on les déclare négligeables ». La seule solution raisonnable est d’amender l’article 4 de la loi pour effacer toute référence à un risque négligeable. Tout le reste n’est que du baratin pour « gagner » du temps. Sinon, c’est le serpent qui se mord la queue. Nous avons le sentiment que ce drame va durer jusqu’à l’extinction naturelle des vétérans et ayants droit. Les associations ont le devoir moral de se rebeller (boycott) en médiatisant leur colère.

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