L’opinion d’Emile Vernier après la signature du Tahiti Mahana Beach

Dans une nouvelle lettre ouverte, le président du Sdiraf, Emile Vernier, donne son opinion sur les retombées du projet Tahiti Mahana en terme de création d’emplois, sans oublier sa préoccupation première, à savoir: le sort des retraités actuels et futurs.
Ainsi donc, en ce mois de décembre 2015, le projet Mahana Beach a fait l’objet d’un protocole d’accord. Le projet est ambitieux avec 270 milliards de F à terme d’investis sur notre territoire. La conclusion de ce projet est prévue en 2022 et la durée d’exploitation des investisseurs chinois est fixée à 70 ans.

J’espère simplement que les investisseurs chinois respecteront les remarques de notre gouvernement. On attendrait de ce projet à 14 500 emplois directs ou indirects. C’est magnifique ! Ce nombre représente la moitié des emplois nécessaires pour équilibrer le budget de la retraite CPS. Se posent néanmoins plusieurs questions, notamment sur les cotisations versées par les gestionnaires.

A l’époque, a été évoqué un SMIG spécial, à 120 000 F environ par mois. Qu’en est-il aujourd’hui ? Se pose aussi la difficulté liée à la confiance dans les investisseurs. Pourront-ils, au bout du compte, financer la totalité du projet et ne pas nous refiler, à un moment donné, un projet non fini ?

Pour la création d’emplois nouveaux, ou sans doute pour le maintien des emplois actuels, ce projet semble tomber à pic. Le président de la Polynésie française devrait aussi, dès le début 2016, lancer une réforme globale pour que la création d’emplois soit favorisée.

Le code du travail actuel est obsolète. Il date de la période du CEP, du temps où l’argent coulait à flot et où les syndicats pouvaient demander toujours plus pour les salariés. Aujourd’hui, c’est la crise et ce code du travail, qui date de plus de vingt ans, ne peut plus pousser à la création d’emplois.

Le SMIG, qui vient aussi de la période des vaches grasses, doit lui aussi être réformé. Le manque de flexibilité des emplois actuels ne répond pas du tout à la problématique des employeurs de créer des emplois. Et bien sûr, il ne faut pas oublier la formation initiale. Tout le pays doit pouvoir savoir de quoi il aura besoin dans les 5, 10 ou 15 années qui viennent. Une fois les grandes orientations prises, de suite, les autorités devront lancer les formations ad hoc et permettre aux établissements scolaires de mettre en place des diplômes qualifiants dans les matières dont la Polynésie aura besoin dans les années difficiles, qui arrivent.

Enfin, les autorités devraient rassurer rapidement les dizaines de milliers de retraités qui ont vu avec effroi la ministre de tutelle annoncer que la réforme de la PSG ne serait pas lancée avant fin 2016. On a l’impression d’assister à un poker menteur. Avec 70 milliards de F de « trou » dans le fond de garantie des pensions prévu par les textes de la CPS et avec une fin des réserves liquides des régimes de retraite de la CPS, après avoir déjà diminué le fond de garantie de cinq années de versements des pensions garanties à trois années, en 2012, comment les retraités, mais aussi les futurs retraités, pourraient-ils ne pas être inquiets des prises de position officielle.

Il serait temps que notre président s’exprime et annonce clairement aux populations, dans quelle situation nous sommes aujourd’hui, à quelle date va intervenir la fin des réserves liquides et surtout, à quelle date et de combien les pensions de retraite vont être diminuées et en subsidiaire, ce qu’il adviendra du minimum vieillesse qui est passé sans problème de 74 à 80 000 F en mai 2013, sans que son financement ne soit prévu.

Mahana beach, c’est bien. Des infos sérieuses sur la retraite, c’est mieux.

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Une pensée sur “L’opinion d’Emile Vernier après la signature du Tahiti Mahana Beach

  • 23 décembre 2015 à 3 h 25 min
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    N acceptez surtout pas de gratte ciels a Tahiti ,trop laid,laissez les pour Hawai ou Honk kong où ils s integrent au decor,mais ici ! qui peut vouloir des tours pour gacher le paysage

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