L’OPT va prendre en charge les frais de raccordement au « Fiber to the home »

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’allocution prononcée ce jour par le président Edouard Fritch à l’occasion de la journée « Smart Polynesia ».

 

Chers amis,

Merci d’être là, si nombreux, pour cette journée consacrée au numérique. C’est effectivement un sujet qui passionne… et pas seulement les spécialistes ou les techniciens : force est de constater que chacun d’entre nous, dans notre vie quotidienne, se sent concerné.

Car ce que nous vivons aujourd’hui est assez formidable : en quelques décennies, le numérique a profondément modifié notre manière de communiquer, d’interagir, de travailler et, même, de nous distraire. Nous sommes au commencement d’une ère nouvelle, d’une révolution dont nous ne savons pas encore où cela va nous mener.

Auriez-vous imaginé, il y a une vingtaine d’années, pouvoir téléphoner de votre Fa’apu ? Envoyer en temps réel des documents à vos clients, vos fournisseurs, ou des photos à vos amis, à l’autre bout du monde ? Demain, ce seront des gestes si ordinaires le Vini et la tablette numérique seront inscrits sur la liste des PPN !

Je plaisante un peu, bien sûr, mais sachez que je mesure pleinement l’enjeu du numérique pour notre Pays. Il nous faut absolument inscrire la Polynésie française dans cette révolution.  Il nous faut donner toutes les chances de réussite dans ce domaine à nos entreprises, à notre administration et à nos jeunes.  

Pour les pouvoirs publics, accompagner le développement du numérique n’est plus une option, c’est une obligation. Nous ne devons pas passer à côté de notre avenir.

Il nous faut, aujourd’hui, intensifier nos efforts et accélérer nos actions pour éviter que, demain, certaines de nos entreprises périclitent parce qu’elles auront raté leur virage numérique, ou certains de nos administrés se retrouvent au bord du chemin parce qu’ils n’auront pas la bonne formation. Savoir utiliser et tirer profit des nouvelles technologies sera bientôt aussi vital que de savoir lire ou écrire. Il faut nous y préparer.

La mobilisation est là : depuis le projet Metu@, que j’ai porté à la fin des années 90, jusqu’au Schéma Directeur du Numérique, le SDAN, approuvé par l’Assemblée et le CESC en 2017, en passant par les Etats Généraux du numérique et Te Ara Hotu, en 2011, et l’observatoire du numérique en 2012, … Nous avons, et, pour certains d’entre vous présents aujourd’hui, VOUS avez déjà beaucoup réfléchi, discuté et échangé sur les priorités du numérique.

La motivation est là, aussi : la réussite de l’incubateur PRISM, l’engouement autour du Festival Digital ou le succès du Passeport Digital sont là pour en témoigner. Et je tiens à remercier le président de la CCISM pour toutes ces bonnes initiatives.

Les entreprises sont motivées ? Le Pays aussi !

La numérique est aujourd’hui un enjeu majeur pour le développement économique de notre Pays.

Il nous faut des infrastructures modernes et fiables pour porter le progrès jusqu’aux îles les plus isolées. Je dirais même, surtout dans les îles les plus isolées.

En 2010, nous avons mis en place le câble Honotua qui dessert plus de 80% de la population en numérique Haut Débit. Ce n’est pas suffisant, j’en conviens. J’entends et je comprends nos habitants, nos pensions de famille, nos prestataires des îles qui se plaignent de n’être pas logés à la même enseigne que leurs concitoyens de la Société. C’est pourquoi le Pays accompagne l’OPT dans ses projets. Le Pays et l’Etat qui apporte un soutien financier important à la Polynésie française dans ce domaine !

Le projet Natitua est aujourd’hui lancé.  Comme vous avez pu le lire dans la presse, la reconnaissance marine des quelque 2500 Km de fonds marins que devra parcourir ce câble pour rejoindre les Marquises a commencé. Notre Directeur Général de l’OPT vous l’expliquera tantôt dans le détail mais sachez que, dès la fin de l’année prochaine, Natitua permettra à une vingtaine d’îles des Tuamotu et des Marquises, soit environ 20 000 personnes supplémentaires, d’accéder au Haut Débit.

Le projet de câble Manatua, qui nous raccordera bientôt à Samoa, offrira une sécurité supplémentaire à l’international et donnera, à terme, des perspectives de raccordement encore plus à l’Ouest du Pacifique.

Ces projets vont dans le bon sens car à la sécurité du câble Honotua, nous ajoutons des possibilités de raccordement à d’autres réseaux. Cela augmentera le trafic et conduira donc, à terme, à une baisse des prix pour les Polynésiens.

Les faisceaux hertziens, les satellites en orbite basse offrent aussi des perspectives intéressantes, et à moindre coût, pour raccorder au Haut Débit les îles les plus isolées. Nous explorons aussi toutes ces pistes et nous nous engageons à ce que, d’ici 2025, il n’y ait plus une seule île habitée non desservie en Haut débit.

Ce sont des investissements importants mais qui sont indispensables à notre développement. Nous ne relâcherons pas nos efforts, soyez en assurés mais il nous faut, en parallèle, réussir le virage numérique de nos entreprises, de notre administration et de nos concitoyens.

En effet, construire des autoroutes de l’information et offrir le Haut Débit à tous est un bon objectif. Mais nous devons aussi profiter de tous ces flux pour asseoir le développement de notre économie.

Aujourd’hui, le gouvernement, avec notre ministre en charge du numérique, Jean-Christophe BOUISSOU, propose d’avancer, tous ensemble, à travers le plan d’action « SMART POLYNESIA », pour renforcer et développer notre écosystème numérique.

La révolution numérique est une formidable opportunité pour l’emploi, pour nos jeunes. Il nous faut, sans tarder, nous mobiliser, et changer notre manière de penser l’avenir. Le plan d’actions « SMART POLYNESIA » c’est le plan d’action que l’on souhaite mettre en œuvre et faire évoluer dans la plus large concertation. C’est un outil au service de tous.

Unee des mesures phares de ce plan est la création d’un bâtiment totem, le « Pacific DigiPol » (Digi pour digital et Pol pour Polynésie). Il s’agit d’un espace de partage où startups, entreprises locales et entreprises nationales, voire internationales, pourront disposer des équipements et des connexions nécessaires à leur activité digitale et à leur croissance.

Il regroupera en un même lieu, connecté à la fibre et équipé des matériels nécessaires, un incubateur de startup, des espaces de coworking, un auditorium, des salles de visioconférence, un hôtel d’entreprise et bien d’autres espaces encore…

Lors d’un déplacement à Paris, notre ministre du numérique a établi des contacts pour établir des partenariats avec des pôles semblables et, notamment, le pôle outre-mer de « Station F », le plus grand incubateur d’Europe. J’ai bon espoir, Monsieur le Haut-commissaire, que l’Etat nous apporte son soutien et ses compétences pour construire ce beau projet.

Des grandes entreprises locales sont déjà en train d’opérer leur virage numérique. D’ailleurs, certaines d’entre elles vous présenteront tout à l’heure leurs avancées. D’autres ont des projets pour se développer et améliorer leurs services grâce au numérique. Ces entreprises ont besoin d’un lieu privilégié pour leur développement. Elles ont aussi besoin de main d’œuvre formée.

Notre beau Pays présente des avantages évidents pour les entreprises spécialisées dans le traitement H24 des données qui souhaitent se délocaliser. Il y en a déjà quelques-unes qui travaillent de chez nous pour leurs clients situés aux quatre coins du monde. Nous devons créer les conditions pour qu’elles soient encore plus nombreuses encore. le « Pacific DigiPol » sera un argument supplémentaire pour les séduire et une chance formidable pour nos jeunes.

Car les jeunes polynésiens ont, dans ce domaine, des idées et du talent. Mais ils ont aussi besoin de formation et d’un petit coup de pouce de départ. C’est pourquoi nous devons adapter notre appareil de formation, initiale et continue, pour leur donner toutes les chances de réussite. Le gouvernement apportera, dès l’année prochaine, un soutien accru aux actions de formation dans le domaine du numérique. Pas seulement pour les jeunes mais aussi pour les dirigeants d’entreprise afin qu’ils perçoivent l’opportunité d’utiliser les outils numériques dans le fonctionnement de leur société. Le passeport numérique mis en place cette année avec la CCISM rencontre un franc succès. Nous renouvellerons ce partenariat en 2018.

Pour adapter nos formations, il nous faut connaître les besoins. Dès 2018, les demandes des entreprises en emplois numériques et les qualifications proposées seront mesurés, analysés afin que nous puissions adapter nos programmes d’enseignement à la réalité. Nous travaillerons aussi de concert avec le ministère de l’éducation nationale, qui a beaucoup avancé sur le sujet, pour déployer en Polynésie les outils dont dispose déjà la France métropolitaine.

Nous devrons aussi, dès 2018, mettre en marche la révolution numérique dans notre administration. Le gouvernement a validé cette année un schéma directeur du système d’information de l’administration. Nous engagerons, dès l’année prochaine, le chantier pour la mise à niveau des infrastructures numériques de l’administration, c’est une étape indispensable. En même temps, nous accélérerons les projets d’applications d’e-administration. Certains sont déjà avancés : dès la fin de cette année, vous pourrez, par exemple, effectuer vos déclarations de TVA en ligne et vous pouvez, dès maintenant, consulter le cadastre en ligne.

C’est un début, il nous faut aller plus loin et plus vite car la tâche est immense. C’est pourquoi nous consacrerons, dès 2018, des moyens financiers et humains importants à la transformation numérique de l’administration. Cet investissement de départ a, c’est certain, un coût, mais il apportera des bénéfices à tous les administrés, qui seront mieux servis et mieux informés, aux fonctionnaires, qui travailleront dans de meilleures conditions et aux contribuables car ces projets feront baisser, à terme le coût de l’administration.

Avec le soutien de l’Etat, avec l’engagement de nos fonctionnaires, la créativité de nos entreprises et le talent de nos jeunes, nous pouvons réussir notre mutation et développer une économie moderne et connectée. Nous pouvons construire, ensemble, une Polynésie dynamique, entreprenante et innovante, tournée vers son avenir.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour en discuter et je suis sûr que ce n’est le début d’un processus qui, si nous rassemblons nos énergies autour des mêmes objectifs, nous conduira à la réussite.

Je suis enfin heureux de vous annoncer une bonne nouvelle : le Pays avec son opérateur public OPT a pris la décision d’accompagner les entreprises et les familles à se connecter au Très haut débit par le FTTH, comme son nom l’indique, le  Fiber to the home.

Cette décision traduit notre volonté de participer, activement, au partage de cette grande aventure qui doit concerner le plus grand monde.

L’opération que nous envisageons pour la prise en charge des frais de raccordement au FTTH, sera mise en œuvre par l’opérateur public OPT et interviendra de manière forfaitaire, à partir de janvier 2018.

Le Pays répond ainsi aux exigences du monde moderne, en mettant à la portée de chaque famille polynésienne les dernières technologies, celles qui aident à lutter contre les fractures numériques, celles qui aident chacun d’entre nous à se rapprocher les uns des autres.

Je vous souhaite une belle journée numérique et des travaux fructueux.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

 

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