L’UPLD conteste les conclusions sur les ressources minérales sous-marines

Le groupe UPLD à l’assemblée de la Polynésie française prend acte des récents résultats de l’ « Expertise collégiale internationale » engagée en juillet 2014 par le Pays et l’Etat pour évaluer le potentiel d’exploitation des ressources minérales profondes en Polynésie française. Mais n’est pas convaincu pour autant…

Le verdict scientifique serait tombé : les terres rares et les nodules polymétalliques, par leur « quantité insuffisante », ne représenteraient pas un «intérêt économique pour la Polynésie française », mais en revanche, les « encroûtements cobaltifères, situés entre 800 et 4 000 mètres de profondeur, constitueraient un potentiel de niveau mondial »

Et tout cela, au terme d’une mission d’une année sans même y être allé vérifier sur place !

Depuis le devenu célèbre discours scientifique imposé des « essais nucléaires propres » remontant à 1960, voilà que les rôles s’inversent désormais : l’État et ses partisans autonomistes locaux tentent de se draper derrière une objectivité scientifique pour minimiser le potentiel économique et géopolitique des ressources minérales profondes de la Z.E.E. Polynésienne.

Les propos tenus par le Haut-commissaire de la République en Polynésie française Lionel Beffre le 6 mai 2016 trahissent ce double-langage: « (…) Nos pressentiments concernant la richesse minérale de nos profondeurs sous-marines datent depuis un certain nombre d’années. Nous nous doutions que, lorsqu’on dispose d’une surface aussi grande, équivalente en taille à celle de l’Europe, il doit bien y avoir quelque chose (…) »

Prétendre qu’il n’y ait pas assez de terres rares dans la Z.E.E. de Ma’ohi Nui pour « représenter un intérêt économique » suppose pourtant de:

1. Connaître parfaitement le cours mondial actuel des terres rares tel qu’imposé commercialement par la Chine : en 2011, la tonne de terres rares coûtait déjà 100 millions de Fcp

2. Connaître la quantité exacte de plaines abyssales sous-marines dans lesquelles se logent les terres rares : or, il n’y a pas eu de campagne d’exploration sur place !

3. Connaître et anticiper les applications technologiques actuelles et futures fabriquées à base de terres rares : écrans LCD, Smartphones, turbines d’éoliennes, matériaux de réacteurs nucléaires de nouvelle générations, etc.

4. Maîtriser et anticiper l’évolution du marché financier mondial en matière de métaux rares

De toute évidence, les experts scientifiques réunis autour de l’I.R.D. dans la réalisation de cette mission d’Expertise n’avaient pas ces éléments.

Le fossé entre d’une part, la reconnaissance de l’existence de ressources minérales profondes dans notre Z.E.E., rappelées avec force par l’UPLD depuis 2011, et d’autre part, leur exploitabilité technique et économique donc a été franchi d’un tour de bras par ces scientifiques, alors qu’un préalable s’imposait : une réelle campagne d’EXPLORATION pour déterminer leur quantité réelle !

Le Groupe UPLD remet donc en question ces conclusions.

Reste alors la sensible question de la « propriété » de ces ressources minérales profondes : le Groupe UPLD continue de dénoncer le fait que la gouvernance de ces ressources minérales profondes ne soit que le fruit d’un simple status quo politique ayant donné lieu à la loi organique du 27 février 2004 votée par le Parlement français, alors qu’elles doivent être reconnues comme étant la propriété des Polynésiens, relevant de la domanialité publique de Ma’ohi Nui.

D’autre part, absolument rien ne permet de garantir que la liste des « matières premières stratégiques » décidée unilatéralement par le Général de Gaulle en 1959 à l’aube du C.E.P., composée de matières nucléaires, ne soit étendue – par simple décret du gouvernement central – à un ou plusieurs métaux trouvés dans la Z.E.E. Polynésienne. Dans cette hypothèse, le simple article 14 de notre statut actuel donnerait tous pouvoirs à l’Etat de s’en emparer à moyen, voire long-terme !

Le Groupe UPLD en appelle à une modification urgente du statut d’autonomie actuel, afin d’exclure l’ensemble des ressources minérales naturelles de la Z.E.E. Polynésienne des matières stratégiques de son article 14 actuel.

Si l’État considère que le Groupe UPLD lui fait un mauvais procès d’intention sur ce point, pourquoi dès lors, depuis 2013, ne vient-il pas réaffirmer sa position actuelle à l’égard de nos ressources minérales stratégiques devant le Comité Spécial de Décolonisation de l’O.N.U., c’est-à-dire devant toute la Communauté internationale ?

Photo d’archives

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