Marcel Tuihani: « Aucune page ne peut se tourner si certaines vérités ne sont pas dites… »

Face à l’intense actualité politique, à laquelle il se sent parfois associé bien malgré lui…, le président de l’assemblée de la Polynésie française, Marcel Tuihani, a rencontré les médias ce matin afin de s’expliquer sur un certain nombre de sujets. Et de déclarer en préambule: « Aucune page ne peut se tourner si certaines vérités ne sont pas dites, et surtout entendues ».  

 

Pas moins de cinq sujets retiennent son attention. A commencer par l’affaire dite de la « vaisselle de la Présidence ».

Mis en examen dans cette affaire, Marcel Tuihani dit l’avoir vécu « comme une injustice », tout en déplorant la tournure qu’elle a prise… Car il n’en démord pas: « Un simple coup de fil aurait pu éviter tout ce merdier. Pardonnez moi l’expression, mais c’est bien d’un merdier qu’il s’agit, dans lequel on patauge, ici à l’assemblée et à la présidence, et qui a profondément marqué le Tahoera’a ».  

Citant nommément un proche conseiller d’Edouard Fritch qui a eu des mots avec la représentante Lévy-Agami à ce propos sur les réseaux sociaux, le président de l’assemblée persiste et signe: « J’ai l’intime conviction que cette affaire est un coup monté par l’entourage du président, peut-être à son insu ; en tout cas pour me porter préjudice, ainsi qu’à Gaston Flosse ».  

S’agissant de la résolution sur le statut qui doit être examiné par la commission législative ad-hoc, Marcel Tuihani, entend justifier la démarche:  « Il est donc normal que l’on propose de le faire évoluer pour l’améliorer. C’est ne rien proposer qui serait anormal. Etre force de proposition, c’est le rôle de l’Assemblée il me semble ! Elle est élue pour ça ».  D’autant, qu’à ses yeux, les propositions faites, que ce soit l’avis sur la nomination des magistrats en poste à Papeete ou bien, la possibilité de choisir le président du Pays en dehors de l’hémicycle, ne sont en rien surprenantes. Pour preuve, a t-il ajouté: « Ce type de consultation est prévue pour d’autres professions, comme les professeurs ou le comptable public ».

A propos des travaux de l’assemblée, Marcel Tuihani juge que les élus sont parfaitement dans leur rôle. A plus forte raison dans la mesure où, a t-il indiqué, « Depuis la fin de la session budgétaire, aucun texte n’a été proposé à l’assemblée. Le seul texte présenté à l’assemblée, l’a été à la commission permanente, il s’agit de la délibération concernant la rémunération du président. Ce n’est pas un jugement, c’est un constat ». Et ce n’est visiblement pas terminé…puisque deux autres projets de texte sont dans les tuyaux: « l’un pour mieux règlementer le rachat d’or, qui doit être encadré pour éviter les dérives dont sont victimes les clients ; et puis un autre qui va permettre aux patrons de ne pas voir leur patrimoine personnel menacé dans le cadre de leurs activités professionnelles, car lorsqu’ils perdent leur entreprise, le plus souvent ils perdent aussi leurs biens propres ».

Toujours à propos de l’assemblée, en revanche, le président de l’institution réfute catégoriquement toute tentative d’empêcher le gouvernement de travailler! Et de prendre l’exemple du vote du budget général du Pays: « Le gouvernement nous a demandé un chèque, et nous le lui avons signé ! Il dispose aujourd’hui de 25 milliards de crédits de paiement, dont 9 milliards destinés au remboursement de la dette, de sorte que 15,5 milliards seront injectés dans l’économie, et vont donc bénéficier aux entreprises. Nous avons voté ces crédits. Comment peut-on dire que nous ne soutenons pas le gouvernement et que nous n’avons pas de considération pour nos entreprises ? » Mais pour ce qui est du calendrier des chantiers (…), l’assemblée n’est pas responsable du planning du gouvernement, a t-il précisé.

Enfin, le président de l’APF est revenu sur le réajustement des indemnités du président du Pays, adopté quelques minutes plus tôt par la commission permanente après avoir défrayé la chronique. Sans vouloir s’étendre davantage sur la position initiale prise par la commission des finances en décembre dernier mais en la justifiant quelque part…, Marcel Tuihani souhaite pousser plus loin le sujet, vers davantage de transparence à l’instar des dispositions prises en métropole: « Je suis favorable à ce que les élus de notre assemblée, et à fortiori le président de l’assemblée, publient leur patrimoine. Je vais donc vous remettre mon patrimoine et mes revenus.J’invite l’ensemble des responsables à en faire de même, au nom de la transparence de la vie publique », a t-il conclu.

Dans la fiche de paie qu’il a bien voulu transmettre aux journalistes, Marcel Tuihani se veut transparent sur son traitement au perchoir, à savoir un gain net mensuel de 711 867 Fcfp (frais de représentation compris).

 

 

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