Marcel Tuihani sans concession sur le bilan gouvernemental

Le bilan des deux années du gouvernement Fritch a été âprement commenté, ce matin, à l’assemblée par les élus du groupe Tahoeraa huiraatira.

Pour sonner la charge, qui mieux que Marcel Tuihani, redescendu de son perchoir pour redevenir simple représentant élu, était à même de porter l’estocade!

A l’évidence, le numéro deux du parti n’a toujours pas digéré la présentation faite par le président du Pays, quelques jours plus tôt dans l’hémicycle, avec une vision radicalement différente de la sienne. Aussi, Marcel Tuihani n’en démord pas: « La situation économique et sociale de notre pays reste critique ».

Et pour le démontrer, l’élu orange adopte une démarche inédite consistant à récupérer ce qu’il appelle « des pièces à convictions » à partir de déclarations ou de coupures de journaux. Ce qui lui permet d’affirmer: « Je n’invente rien (…) Tout est dans la Dépêche ». Une manière comme une autre de dédouaner le parti et son leader historique, Gaston Flosse, de tout grief d’opposant systématique…

Dans son long développement face aux journalistes, Marcel Tuihani a consacré un large volet au projet actuellement en panne du « Tahiti Mahana Beach » requalifié aujourd’hui de « Rikiki Beach ». D’emblée, il s’inscrit en faux contre l’affirmation selon laquelle ce concours d’esquisse n’a jamais disposé du moindre financement. Certes, l’ancien président Flosse a bien déclaré en 2014 qu’il irait lui même chercher les investisseurs mais qu’est-ce qui garantit aujourd’hui que ses investigations aient abouti. Rien.

Compte tenu du désistement de Recas, le Tahoeraa craint désormais un « morcellement » du domaine d’Outumaoro (50 hectares à Punaauia) et une réduction sensible de nombre de chambres ouvertes sur le futur complexe touristique. Mais plus que tout, le groupe orange s’interroge: « Que devient le pacte d’investisseurs locaux annoncé en avril 2016 ? »

Dans sa longue énumération de choses qui ne vont pas, Marcel Tuihani a également pointé du doigt le rythme à laquelle la CCBF (Commission de contrôle budgétaire et financier) accorde les subventions ces temps-ci. Au total, quelque 293 millions de Fcfp pourraient tomber dans les caisses des communes, une fois naturellement que le conseil des ministres aura entériné ces décisions. Pour Marcel Tuihani, c’est le signe évident de « crispations avec les maires », et ce dans le prolongement du dernier congrès des communes.

Enfin, comme beaucoup, le porte-parole du groupe Tahoeraa à l’assemblée attend l’annonce officielle du remaniement et notamment « la couleur de la fumée » qui devrait s’échapper ce lundi matin du toit de la Présidence. Mais d’ores et déjà, il dénonce le départ prochain du ministre du Tourisme, Jean-Christophe Bouissou, candidat aux Législatives dans la 3ème circonscription, ce qui, à ses yeux, ne manquera pas de « fragiliser l’action du gouvernement dans le secteur le plus sensible de notre économie ». Quant à regrouper les portefeuilles de la Santé et du Social au sein d’un même ministère, il craint que la charge ne soit « très lourde ».

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