Nouveaux billets de banque : en circulation « probable » début 2014

Les nouveaux billets de banque pour les trois collectivités de l’Outre-mer français (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) seront mis en circulation, a priori, au début de l’année 2014, a indiqué le directeur de l’IEOM (Institut d’Emission de l’Outre-mer), Nicolas de Seze.

La mise en service de nouveaux billets a été actée lors d’un Conseil de surveillance de l’IEOM le 31 mai dernier et le calendrier du lancement doit être précisé d’ici la fin de l’année. Le feu vert a donc été donné pour une nouvelle gamme de billets de 500 Fcfp, 1000 Fcfp, 5 000 Fcfp, 10 000 Fcfp et 20 000 Fcfp. Cette décision a été prise car les billets actuels sont obsolètes (gamme lancée en 1967). Ils ne sont plus aux normes tant pour des questions de taille – trop grands – que de sécurité. Les nouveaux billets pour les Francs Pacifique seront « plus sûrs, plus modernes et plus maniables », a ainsi indiqué Nicolas de Seze, avec l’utilisation d’encres à couleurs changeantes, de la transvision ou encore de bandes holographiques, autant de procédés encore utilisés dernièrement pour la réalisation des billets en euros.

Depuis mai dernier, la concertation avec les différents acteurs concernés (collectivités, mais aussi banques, transporteurs de fonds, etc) a permis d’avancer tant sur les symboles retenus que sur différents points plus techniques. Néanmoins, pour des questions de sécurité, à ce stade, l’IEOM ne souhaite pas divulguer des images des futurs billets. Tout juste sait on que le billet de 500 Fcfp sera vert, celui de 1000 Fcfp jaune, le 5000 Fcfp bleu, le 10 000 Fcfp rouge et le 20 000 Fcfp violet. Les billets seront aussi plus petits que ceux actuels, avec des tailles variables selon leur valeur, et des marques pour les mal-voyants. Comme à l’heure actuelle, chaque billet aura une face polynésienne, une autre calédonienne, avec des symboles wallisiens également. Le changement concernera uniquement les billets: les modèles actuels de pièce de monnaie seront conservés.

Un calendrier précis reste encore à établir

Le calendrier qui sera acté dans les mois à venir devra préciser à la fois la date de circulation de la nouvelle gamme, la durée de la période de « double circulation » (anciens et nouveaux billets en même temps) – sans doute quelques mois – et la durée de reprise des anciens billets. Le calendrier retenu pour les billets en euro, en métropole, ne servira pas forcément de modèle, d’une part parce qu’il s’agit uniquement d’un changement de billet, et non pas d’un changement de monnaie, et d’autre part parce que la géographie de la Polynésie, avec ses très nombreuses îles, complique singulièrement la donne.

Quelques chiffres donnent une idée de l’ampleur du chantier: 13 millions de billets de Francs Pacifique sont actuellement en circulation dans les trois collectivités, ce qui représente une valeur totale de 50 milliards Fcfp, dont 7,6 millions de billets rien qu’en Polynésie française, pour une valeur totale de 20 milliards Fcfp. Sur l’apparition d’un billet de 20 000 Fcfp, on estime du côté de l’IEOM qu’il s’agit d’une « évolution naturelle ». Pour mémoire, le billet de 10 000 Fcfp n’est apparu qu’en 1986. En outre, 20 000 Fcfp ne représente qu’environ 170 euros, alors qu’en Europe, il existe des billets de 500 euros.

Mise en place de l’euro: « le sujet n’est pas mûr »

La mise en service de nouveaux billets, selon Nicolas de Seze, ne remet pas en cause pour autant la possibilité, à terme, pour les trois collectivités, de passer à l’euro. Mais, de ce côté, les conditions énoncées depuis près de dix ans, ne sont pas toujours pas remplies, à savoir notamment que les trois collectivités soient d’accord sur le sujet. Si cette première étape était franchie, s’ouvrirait alors un long processus de validation par la Banque européenne, la Commission européenne, avec également la nécessité d’une décision à l’unanimité des chefs d’Etat européens. « Le sujet n’est pas mûr », a résumé Nicolas de Seze.

Une grande campagne de communication sera lancée pour informer au mieux le public sur la nouvelle gamme de billets mais la direction de l’IEOM n’a, en revanche, pas voulu indiquer le coût de leur réalisation et de leur production. Dans un tout autre registre, interrogé par ailleurs sur les hypothèses de dévaluation du Fcfp évoqué dans un document de travail du gouvernement polynésien, pour favoriser le tourisme, Nicolas de Seze a tenu à rappeler qu’une telle décision ne pouvait être prise, là encore, qu’avec l’aval des trois collectivités (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna), que cela entraînerait un changement dans la parité avec l’euro, une décision qui ne peut être prise que par le gouvernement central, à Paris. Enfin et surtout, il faudrait considérer l’ensemble des conséquences, non seulement pour le tourisme, mais aussi pour l’ensemble des secteurs économiques de la Polynésie.

 

 

Télécharger l'article en PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close