Nouvelle-Calédonie: ISEE, l’année commence mal, la création d’emplois est à l’arrêt.

Au 1er trimestre 2015, la Nouvelle-Calédonie compte 92 000 salariés, soit 450 de plus qu’il y a un an. L’activité économique du territoire a rarement créé aussi peu d’emplois en début d’année. Bien que les entrepreneurs soient un peu plus confiants dans l’avenir, la création d’entreprise ne repart pas, pas plus que les nouvelles offres d’emploi. Seule note positive : l’intérim progresse, notamment dans la construction. 

La création d’emplois est en panne

Le public et le privé contribuent l’un comme l’autre à ce ralentissement. Le secteur public crée 90 emplois entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015, principalement au sein de la fonction publique territoriale. Cette progression de 0,3 % sur un an est historiquement faible. Le secteur privé, avec seulement 360 emplois de plus en un an, ne décolle pas non plus (+0,5 %). Dans le privé, le tertiaire et l’industrie créent des emplois tandis que la construction et l’agriculture en perdent.

Les deux tiers des salariés du secteur privé travaillent dans le tertiaire. Celui-ci emploie 350 personnes de plus qu’il y a un an (+1 %). Deux secteurs se distinguent ce trimestre : la santé-action sociale et l’hébergement–restauration, avec +500 emplois à eux deux. Ces créations sont en partie compensées par les pertes dans les services domestiques et le commerce. D‘autres secteurs (les activités financières et d’assurance et les activités spécialisés) totalisent un nombre d’emplois diffé- rent de 2014, mais les évolutions observées sont principalement d’origine administrative. Sans ces changements, le tertiaire créerait réellement 420 emplois sur un an.

Les créations d’emploi dans le secteur de la santé et de l’action sociale font un bond en avant, passant de 145 emplois de plus en moyenne en 2014 à près de trois fois plus début 2015. Cette hausse est principalement consécutive au renforcement des équipes hospitalières pour le futur pôle hospitalier de Dumbéa et au regroupement des effectifs de la clinique Magnin, auparavant scindés entre le secteur de la santé et les activités finan- cières.Parallèlement, les nouvelles offres d’emploi déposées pour le secteur de la santé sont deux fois plus nombreuses qu’il y a un an. L’hébergement des personnes âgées et l’aide aux enfants et aux personnes en situation de handicap sont eux aussi pourvoyeurs d’emplois. Le secteur de l’hébergement et de la restau- ration renoue quant à lui avec la croissance après deux années de pertes d’emplois. 150 emplois ont été créés sur un an, principale- ment pour les besoins de la nouvelle structure hôtelière qui s’est ouverte en août 2014, mais également pour répondre au développement d’activité dans la restauration rapide à Nouméa et dans ses communes limitrophes.

En ce début d’année 2015, l’enseignement crée 70 emplois, particulièrement pour l’Uni- versité de la Nouvelle-Calédonie, dont l’offre de formation s’étoffe. A l’inverse, les services domestiques perdent de nouveau des emplois (-200 sur un an). Les effectifs s’étaient pourtant stabilisés en 2014 après cinq années de recul. Le commerce perd pour la 1re fois des salariés (-30 sur un an), alors qu’il créait quelques emplois dans un contexte de ralentissement économique (110 en moyenne en 2014). Ce recul touche le commerce de détail, alimentaire ou de carburants. Le commerce de gros s’en sort mieux, particulièrement pour la vente de machines pour l’extraction, pour faire face aux besoins accrus de l’extraction minière. Autre signe du ralentissement d’activité dans le secteur du commerce, le nombre de nouvelles offres d’emploi déposées recule de 17 % sur un an et le nombre de licenciements économiques augmente.

La création d’emplois est à l’arrêt.

L’industrie emploie 13 500 salariés, soit 230 de plus qu’en mars 2014 (+2 %). La création d’emplois se maintient à un niveau relativement faible, par rapport aux niveaux observés jusqu’en 2013, mais demeure stable, autour de 200 nouveaux postes par trimestre depuis décembre 2013.

Début 2015, les trois quarts des créations d’emplois ont lieu dans l’industrie extractive. En effet, l’extraction de minerai de nickel est en plein essor, nécessitant des embauches aussi bien sur mines que dans les laboratoires d’analyse. Le traitement et la gestion des déchets embauchent eux aussi davantage (+70 salariés sur un an). Ils ont créé 170 emplois depuis mars 2011. La construction, qui ne perdait plus d’emplois fin 2014, est de nouveau orientée à la baisse début 2015. Elle emploie 8 300 personnes ce trimestre, soit 175 de moins qu’il y a un an (-2 %). Pire, sans KNS qui est encore classée dans le secteur de la construction, le BTP aurait perdu 330 emplois ce trimestre par rapport au 1er trimestre 2014. L’essentiel des pertes se concentrent dans les travaux de construction spécialisée, particulièrement dans le terrassement, les travaux de charpente et de plâtrerie. L’emploi recule trois fois plus en province Sud qu’en province Nord, en lien avec la fin de certaines tranches de travaux du nouvel hôpital de Dumbéa

ISEE : Emploi, l’année commence mal,  la création d’emplois est à l’arrêt.
Parallèlement, les nouvelles offres d’emploi déposées dans le secteur de la construction reculent de 13 % sur un an et le nombre de salariés licenciés pour raison économique augmente de 27 %. Les entreprises de la construction sont moins nombreuses à re- courir à l’intérim mais recrutent davantage (passant de 2 à 3 intérimaires en équivalent temps plein). Enfin, l’agriculture, qui ne couvre que 2 % de l’emploi du privé, perd 50 salariés ce tri- mestre (-3 %). Ce repli touche les activités de culture de légumes et d’élevage bovin.

Le marché du travail est morose

La création d’entreprises est peu favorable au développement de l’emploi : 1 430 entreprises ont été créées au 1er trimestre 2015, comme il y a un an, le plus bas ni- veau depuis 2008. Le nombre moyen de demandeurs d’em- plois en fin de mois augmente de 2 %. Par- mi eux, les nouveaux inscrits dans les ser- vices de placement provinciaux bondissent de 32 % sur un an ; leur hausse était plus contenue un an avant (+6 % entre 2013 et 2014).

La hausse des demandeurs d’emplois concerne de nombreux secteurs d’activité, particulièrement les activités de transport- logistique et le commerce. L’hôtellerie- restauration, l’industrie et les services à la personne s’en sortent mieux. Parallèlement, le nombre moyen de nou- velles offres d’emploi est stable : les offres d’emploi reculent en province Sud, mais augmentent dans les mêmes proportions en province Nord. Les nouveaux postes offerts concernent des emplois plus pé- rennes. En effet, les offres déposées pour des emplois à durée indéterminée aug- mentent de 10 % tandis que ceux à durée déterminée reculent de 7 % sur un an. Les postes en CDI représentent ainsi 33% des emplois offerts, contre 28 % au 1er tri- mestre 2014.

Source: ISEE www.ncpresse.nc

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