Nouvelle réflexion d’Emile Vernier sur l’avenir des retraites

Une fois de plus, le président du Sdiraf, Emile Vernier, apporte sa réflexion sur l’avenir des retraites en Polynésie française.

C’EST QUOI LA RETRAITE EN 2016 ?

Créé en avril 1968, le régime de retraite de la CPS a atteint sa maturité en 2003, avec 35 ans d’existence. A partir de sa création, tous les salariés (hors fonctionnaires d’Etat et marins) étaient tenus de cotiser à la CPS et leurs cotisations servaient à payer les pensions de retraite de leurs aînés à la retraite. C’est ce qui s’appelle un régime par répartition.

Pendant des années, les cotisations sont restées faibles. Le nombre de retraités aussi. En plus, la plupart de ces premiers retraités ne comptaient pas suffisamment d’années cotisées et leurs pensions étaient faibles.

A partir de 2003, avec 35 années d’existence du régime, les pensions ont commencé à devenir de plus en plus importantes. Les cotisations, elles, sont restées insuffisantes et les résultats ont commencé à diminuer. Pire, à partir de 2009, avec la crise économique et les pertes d’emplois et de masse salariale, les résultats annuels sont devenus négatifs, de plusieurs milliards par an.

OÙ EN SONT LES RESERVES DE LA RETRAITE ?

Au maximum, les réserves de la retraite CPS sont montées à un peu plus de 64 milliards de Fcfp. En 2006, la mise en place de Te Autaeaeraa a entraîné des déficits importants pour le régime maladie (environ 16 milliards). Ces déficits ont été compensés par des ponctions dans les réserves de la retraite. A partir de 2009 et à cause des cotisations insuffisantes, la CPS a dû piocher dans les réserves pour maintenir les pensions de retraite à niveau. Aujourd’hui, si le régime a encore des réserves, beaucoup sont immobilisées : bâtiments, terrains… En terme de réserves en liquidités, celles-ci diminuent de manière drastique. Fin 2017 ou début 2018, si rien n’était fait, il n’y aura plus de réserves liquides et la CPS n’aura plus que les cotisations pour payer les pensions. Les cotisations étant insuffisantes, la CPS ne pourra que diminuer les pensions des retraités actuels, mais aussi celles des futurs retraités.

LE SAVEZ-VOUS…

Savez-vous qu’après avoir cotisé pendant 35 ans, le retraité va toucher une pension de retraite telle qu’il va récupérer ses cotisations en seulement quatre ans. Pour le reste de sa vie, ce sont les salariés qui par leurs cotisations, lui paieront sa pension entièrement. Est-ce bien juste !

Savez-vous que pour la tranche B, mise en place en 1996, avec une validation gratuite des services antérieurs à 1996, plus de la moitié en valeur, soit 51%, des pensions versées, sont payées au retraité bénéficiaire par les salariés. C’est comme si un retraité achetait une voiture et qu’il la faisait payer par les autres. Est-ce bien juste !

Savez-vous qu’entre 1968 et 2014, l’espérance de vie a augmenté de près de 20 ans. Les Polynésiens vivent de plus en plus vieux. En 2025, il y aura 1 polynésien sur 6 qui aura 60 ans et plus, soit plus de 55 000 personnes. Ça fait peur car il faudra financer de plus en plus de pensions de retraite, qui seront pour beaucoup, de plus en plus importantes.

Savez-vous qu’en 1995, on comptait plus de 5 salariés pour financer 1 retraité, qu’en 2014, on en compte encore 2 pour 1, et qu’en 2025, on en comptera 1 pour 1. Le système sera-t-il encore viable ?

LA POSITION DU GOUVERNEMENT

C’est avec satisfaction que nous avons appris la dernière position du gouvernement sur la PSG : « Notre réforme de la PSG et en particulier de la branche retraite devient aujourd’hui une condition sine qua non au recadrage pour le futur de notre PSG. » Enfin, notre gouvernement semble avoir pris conscience des enjeux. La population exige que tout soit fait pour sauver cette PSG. Les mots, c’est bien. Les actions, c’est mieux. Alors que le dernier trimestre de 2016 va commencer, on attend que le président annonce rapidement quelles mesures concrètes il compte prendre pour protéger la PSG et la retraite en particulier afin d’assurer aux retraités actuels, mais aussi aux futurs retraités, le respect du contrat signé avec la CPS.

Si le régime de retraite tel qu’il est pouvait supporter des règles plus que favorables avec l’argent de la bombe, force est de constater qu’aujourd’hui, sans réformes, le système actuel va à sa perte et les retraités avec.

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