Nucléaire: « après la parole, il faut les actes » déclare Edouard Fritch – Tahitinews

Nucléaire: « après la parole, il faut les actes » déclare Edouard Fritch

Comme la plupart des autres partis en lice pour les Territoriales, le Tapura huiraatira, sous la plume de son président Edouard Fritch, répond à l’association 193 sur plusieurs points concernant le fait nucléaire et ses multiples conséquences en Polynésie française.

Autant dire tout de suite que le chef de file de la majorité n’a pas pris cet exercice à la légère si l’on en juge par la longueur du texte (10 pages) communiqué aux médias.

Edouard Fritch commence tout d’abord par rappeler le contexte dans lequel les expérimentations françaises ont été conduites aux Tuamotu. Et de s’interroger: « Qu’est ce que les Polynésiens pouvaient faire, à cette époque, contre la décision de l’Etat ? » Ce qui l’amène à dire un peu plus loin: « Il est vain de vouloir aujourd’hui rechercher une complicité, ne serait-ce que d’un seul d’entre-nous (…) J’étais moi-même enfant ». 

Il n’empêche, comme d’autres avant lui, le président du Tapura reconnaît sans ambiguïté que « nous avons été profondément, violemment et collectivement agressés dans notre conscience, dans notre chair et jusque dans notre âme par les cent quatre vingt-treize tirs de bombes nucléaires aériens et souterrains à Moruroa et Fangataufa ».

Il aura fallu la présidence de François Hollande pour que l’Etat reconnaisse sa responsabilité et le fait qu’il y a bien eu « un impact environnemental » et des « conséquences sanitaires ». Avant d’en conclure: « C’est à la fois beaucoup et bien trop peu (…) car ces mots manquent encore de contenu pour nourrir et concrétiser la réparation (…) Après la parole, il faut les actes. ».

Sur les différents questionnements de l’association 193, le président Fritch dit « partager totalement les revendications visant une refonte complète de la loi Morin, ne serait-ce qu’en raison de son absurdité intrinsèque ». Un combat qu’il est prêt à mener avec l’appui des parlementaires.

S’agissant de l’indemnisation des victimes, il plaide également pour « la mise au point d’un système digne, respectueux des personnes, facile d’accès pour les requérants et bien sûr équitable et équilibré ». Ce qui inclut le remboursement des dépenses déjà assumées par la Caisse de prévoyance sociale. A hauteur de combien ? Rien ne l’indique pour l’instant mais « le principe de cette prise en charge est déjà implicitement acquis dans le cadre des Assises des outre-mer  puisqu’il constitue l’une des fiches projet validées… »

Enfin, le Tapura huiraatira estime que « les nouvelles générations ont le droit de connaître ce pan essentiel de l’histoire de notre pays ». Raison pour laquelle un centre de mémoire devrait voir le jour. C’était d’ailleurs l’une des recommandations formulées en 2006 par la commission d’enquête de l’enquête. Le site envisagé est l’ensemble immobilier de la Villa Comar et de l’hôtel de la Marine qui pourrait être cédé gratuitement par l’Etat

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