Opinion: la prime aux nantis

Avec l’annonce du retrait du projet de loi sur les retraites, nombre d’observateurs en ont conclu un peu rapidement que la rue l’avait emporté. Quelle « rue » ? Vous voulez dire « le nuna’a », les « p’tites gens », les « sans dents » ? Pas du tout!

Ceux qui ont « gagné » sont une fois de plus les nantis, les planqués, tous ceux généralement qui bénéficient de statuts confortables. Presque invirables. Ils en ont le profil et la démarche ne trompe pas: ils sont destinés à faire du gras bien avant l’âge!

Quoiqu’on en dise, il existe ici, comme un peu partout d’ailleurs, un certain nombre d’entreprises, ou d’entités semi-publiques, où le personnel se la coule plutôt douce. Elles sont choisies pour ça. Syndiquées à fond, donc protégées. L’embauche reste essentiellement familiale. Pour ne pas dire de complaisance où seules les grandes familles accèdent. Citons en quelques-unes: le groupe OPT (malgré un avenir financier plutôt sombre) champion des débrayes à tout-va, l’EDT dont les agents sont facilement reconnaissables à certaines terrasses…, la Socredo, soit disant la banque des « petits », l’Equipement bien sûr dont les effectifs sur le terrain sont démesurés par rapport à la taille des chantiers, et j’en passe.

Après la reculade du gouvernement, ils viennent d’obtenir un sursis dans ce qu’ils considèrent être comme un avantage acquis.

Eux ne se soucient pas des personnes en recherche d’emploi, des patentés et encore moins de ceux qui exercent un métier difficile comme celui par exemple dans le secteur du BTP. Les micro-trottoirs réalisés par nos confrères ces jours derniers pour tenter de cerner les motivations des uns et des autres ont révélé le niveau d’individualisme et de chacun pour soi qui caractérisent nombre de grévistes rassemblés alors place Tarahoi.

Certains vont jusqu’à prétendre par exemple qu’ils ne veulent plus payer pour le RSPF (Régime de solidarité où l’on recense quelque 70 000 ressortissants) créé justement en 1995 au nom de la solidarité chère alors aux yeux de nombreux Polynésiens. D’autres, oeuvrant à la Défense (merci l’Etat!! et ses retombées nucléaires) viennent apporter leur grain de sel, sans même savoir que le manque à gagner entre le montant des cotisations perçues à la CPS, et le total des pensions versées, se soldent à environ 3 milliards de Fcfp chaque année. Et que dire des « sans cervelle » qui affirment sans vergogne qu’ils ont cotisé des années sans savoir ce que le gouvernement a fait de leur argent!

Le résultat, ils le doivent en grande partie au pouvoir de manipulation et d’abrutissement des masses populaires dont s’est rendue coupable l’Intersyndicale. Mais gare au retour de boomerang!…

 

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Une pensée sur “Opinion: la prime aux nantis

  • 13 mars 2018 à 22 h 14 min
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    Voici un article qui résume exactement la situation. Les nantis de la fonction territoriale qui défendent LEUR situation, les dirigeants de l’intersyndicale qui bouffent à tous les râteliers, qui bénéficient de places de choix, qui s’en travailler engrangent de fortes indemnités. Voilà ce que représente les 1500 ou 3000 grévistes qui cassent et embêtent les vrais travailleurs qui vont travailler pour l’interet de notre fenua.

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