OPT: une nouvelle organisation au 1er janvier 2019

Premier dossier examiné ce jeudi matin à l’assemblée, lors de la troisième séance de la session budgétaire, avec la modification de certaines dispositions du code des postes afin de permettre à son opérateur historique, l’OPT, d’amorcer sa révolution interne. Un sujet sur lequel est intervenue Patricia Amaru, pour le compte du groupe politique Tapura Huiraatira.

L’Office des Postes et Télécommunications est à un tournant majeur de son existence ! Et comme tout virage, il doit être négocié avec la plus grande attention, sous peine de se retrouver dans le mur.

Je ne vais rien vous apprendre : face à une concurrence de plus en plus agressive ; face à des usagers de plus en plus exigeants en terme de qualité de service rendu et sur la base enfin des recommandations faites par la Chambre territoriale des comptes, l’établissement public n’a plus d’autres choix aujourd’hui que de se transformer et de s’adapter à un nouvel ordre afin de maintenir sa place d’acteur historique prédominant.

La modification de certaines dispositions du code des postes et télécommunications, telle que proposée dans ce projet de loi du Pays soumis à notre approbation, vise justement à prendre en compte les ajustements techniques et juridiques nécessaires à la mise en application du plan quinquennal « Ambition 2020 » adopté le 27 octobre 2015 par le conseil d’administration de l’Office. C’est dire à quel point les décideurs ont déjà pris la mesure des défis à surmonter au cours des prochaines années…

La nouvelle organisation en vigueur au 1er janvier 2019, tient principalement à la création de deux nouvelles entités, deux sociétés par actions simplifiées détenues à 100% – comme c’est déjà le cas aujourd’hui – par la holding OPT : l’une sous forme d’opérateur télécom intégré dans lequel on retrouvera notamment Vini, l’autre regroupant les services postaux et bancaires.

Certes, il s’agit ici de regrouper les équipes, de mutualiser les outils pour dégager des économies d’échelle mais également de donner les moyens aux cadres de l’OPT, et au personnel en général, de pouvoir exercer toutes leurs compétences à partir d’objectifs précis qui leur seront préalablement assignés. Comme pour toute entreprise qui se respecte, me direz-vous…

Indépendamment de la téléphonie mobile et de l’internet qui constituent désormais son cœur de métier, l’Office est également à la tête de Tahiti Nui Télécom et d’ISS, en cours de fusion, ainsi que de Pacific Cash Services, créée en décembre 2017 avec l’aide de la Brinks, pour effectuer les transports de fonds. Enfin, il détient des participations dans cinq sociétés civiles, sans compter l’OSB, Ofina et ODI en partenariat avec la banque Socrédo.

Tout ça pour dire, mes chers collègues, que le poids économique et social de l’OPT justifie à lui seul que l’on prenne les mesures correctives indispensables à son développement. Pour rappel, ce groupe emploie actuellement 1300 salariés, réalise un chiffre d’affaires consolidé de 23 milliards de francs pacifique, tout en investissant chaque année et de manière récurrente, en moyenne, la bagatelle de 2 milliards 300 millions de Fcfp. Et je ne parle même pas du déploiement des câbles sous-marins Honotua, Manatua et du petit dernier, Natitua qui, chaque jour un peu plus, nous connectent au reste du monde extérieur…

Aussi, plus que jamais, l’Office et ses filiales, en tant que groupe public tel que mentionné dans la LP1, se retrouvent confortés dans une mission essentielle de lien entre les îles, et particulièrement entre Tahiti et ses archipels éloignés. L’OPT continue de déployer des moyens considérables, tant en matériel que sur le plan humain, ce que ne font pas les autres opérateurs de téléphonie mobile ou d’internet. Jusque dans la fourniture de services financiers aux particuliers, seul moyen d’obtenir de l’argent liquide pour faire face aux besoins du quotidien, la Poste étant là encore présent dans un très grand nombre d’îles, y compris les moins peuplées.

Mais tout ceci a un coût qu’aucun opérateur privé ne veut assumer, faute de rentabilité. Un prix fort que l’OPT était en mesure de compenser à l’époque où les télécommunications dégageaient des excédents et au passage, d’importants dividendes que la collectivité ne s’est pas privée de ponctionner plusieurs années durant. Mais comme nous le savons tous, cette période des vaches grasses est bel et bien révolue. L’équilibre est rompu et il sera bien difficile d’inverser la tendance, sans le soutien accru de la collectivité et une réorganisation menée avec méthode et détermination.

C’est pour ma part le vœu le plus cher que j’adresse en direction des décideurs avant d’inviter mes collègues à approuver ce projet de loi du Pays portant modification de certaines dispositions du code des postes et télécommunications en Polynésie française.

Je vous remercie de votre attention.

Photo d’archives

 

 

 

 

 

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