Orientations budgétaires du gouvernement : vives critiques de l’opposition

Lors du débat sur les orientations budgétaires pour l’exercice à venir, le gouvernement n’a pas été épargné par l’opposition, tous groupes confondus, celle-ci ayant vertement critiqué les choix annoncés, tant en matière sociale, économique que pour les projets d’investissement envisagés.

Du Tahoeraa de Gaston Flosse à To Tatou Ai’a de Gaston Tong Sang, en passant par le groupe Ia Ora Te Fenua de Jean-Christophe Bouissou, en passant par les non-inscrits, et même les « îliens », pourtant alliés de l’UPLD (Union pour la démocratie) d’Oscar Temaru, ne se sont pas privés pour dire tout le mal qu’ils pensaient des orientations présentées.

Ainsi, Rosine Brodien, pour To Tatou Ai’a, a estimé que la situation économique internationale avait « bon dos » pour expliquer la situation actuelle de la Polynésie. Elle a mis en exergue notamment des hypothèses de croissance trop optimistes, avec des recettes budgétaires prévisionnelles erronées du gouvernement pour l’exercice en cours.

Emma Algan du groupe Ia Ora Te Fenua, a elle parlé d’une « continuité sans ambition », relevant la chute importante du PIB (Produit intérieur brut) de la Polynésie depuis que l’UPLD est au pouvoir – ce serait la troisième chute la plus importante après celle du Yémen et de la Grèce – et demandant au gouvernement une « plus grande réflexion » avant d’envisager des réformes fiscales, et notamment un éventuel impôt sur le revenu, en période de crise. La dévaluation du Franc Pacifique évoquée semble tout aussi irréaliste, a-t-elle continué, en citant notamment les explications de l’IEOM (Institut d’Emission d’Outre-mer) à ce sujet.

Pas de véritable projet et des mesures électoralistes, selon l’opposition

Même position pour Armelle Merceron, du même groupe, qui a vivement critiqué l’aide au parent au foyer, mesure curieusement mise en place une fois que la date des élections Territoriales a été annoncée, a-t-elle souligné, et qui a aussi fait remarquer que celle-ci était mise en ouvre sans passer par une loi du Pays, donc sans passer par un vote des représentants à l’Assemblée. Elle a également ironisé sur la position de l’UPLD, critiquant autrefois les autonomistes dans leurs relations à l’Etat, mais qui, aujourd’hui, selon elle, se retrouverait dorénavant dans la même situation de dépendance, par rapport au gouvernement central, pour le soutien financier.

La représentante non-inscrite Sandra Lévy-Agami a continué sur le même ton en estimant que le projet du gouvernement « ne traite d’aucun projet réaliste ». Philip Schyle, autre non-inscrit, a poursuivi en dénonçant un rapport qui « fleure les élections ». Du côté du Tahoeraa non plus, le projet gouvernemental est loin de convaincre. Edouard Fritch, puis René Temeharo, ont pointé du doigt diverses mesures – dont la très controversée « aide au parent au foyer » – et certains investissements disproportionnés pour une utilité qui reste à démontrer, comme par exemple la construction d’un nouveau bâtiment pour la Direction des transports terrestres, pour plus d’un milliard Fcfp.

Même du côté des « îliens », pourtant alliés, sur le papier, de l’UPLD, les critiques ont fusé. « Ce n’est pas en réduisant sans cesse les dépenses publiques que nous sortirons de l’ornière », a résumé Eleanor Parker. Appliquer la même fiscalité qu’en métropole serait aussi une erreur, a-t-elle martelé, en demandant plutôt au gouvernement, outre le tourisme et l’agriculture, de faire de la Polynésie une réelle plateforme d’échanges, entre l’Asie et l’Amérique.

Dans les rangs de l’UPLD, Vito Maamaatuaiahutapu et Hiro Tefaarere sont intervenus pour tenter de défendre le gouvernement, le premier rappelant surtout aux autonomistes leurs turpitudes judiciaires de ces dernières semaines. Le président de la Polynésie française, Oscar Temaru, présent en début de séance, étant parti, c’est le vice-président, Antony Géros, en fin de matinée, qui a pris la parole. Il a surtout essayé de justifier la mise en place de l’aide au parent au foyer, depuis le 5 novembre, dans un contexte économique et social difficile.

Quelques unes des interventions lors du débat d’orientation budgétaire dans leur intégralité:

Rosine Brodien (To Tatou Ai’a)

Armelle Merceron (Ia Ora Te Fenua)

Sandra Lévy-Agami (Te Mana Toa)

Philip Schyle (Fetia Api)

René Temeharo (Tahoeraa)

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