Pénurie d’infirmiers spécialisés et fermeture de deux salles d’opération au CHPf

 

Les organisations syndicales du Centre hospitalier du Taaone tirent la sonnette d’alarme après le départ de neuf infirmiers spécialisés conduisant à la fermeture de deux salles d’opération sur huit. Conséquence, les interventions chirurgicales sont retardées…

Deux salles d’opération sur huit sont fermées depuis le 28 août à l’hôpital du Taaone. Cette situation s’est déjà produite pendant six semaines lors du premier semestre. C’est le manque de neuf infirmiers spécialisés pour le bloc opératoire, soit 20% de l’effectif normal, qui est à l’origine de ces fermetures.

Avec deux salles d’opération en moins, il n’est plus possible d’opérer tous les patients. De nombreuses interventions chirurgicales programmées doivent être annulées pour faire place aux urgences.

Les malades devant être opérés en urgence doivent souvent attendre pendant des heures qu’une salle d’opération soit disponible.

Les malades les plus graves sont opérés en priorité et on tente de calmer au mieux la douleur des autres en attendant leur opération.

Des patients cancéreux sont opérés avec plusieurs semaines de retard, ce qui leur fait prendre le risque d’une aggravation de leur cancer.

Les équipes du bloc opératoire sont obligées de travailler la nuit alors que les opérations auraient pu être effectuées pendant la journée. Ce rythme de travail devient insoutenable et est nuisible à la qualité des opérations.

Les chirurgiens et les anesthésistes du bloc opératoire de l’hôpital du Taaone ont alerté le directeur du Centre Hospitalier de Polynésie française (CHPF) et le ministre de la santé avant même la fermeture des salles d’opération.

Aujourd’hui, la pénurie d’infirmiers spécialisés pour le bloc opératoire s’éternise et reste sans solution concrète. Des infirmiers non spécialisés n’ont ni la compétence ni l’expérience pour travailler dans un bloc opératoire. Cependant, des infirmiers peuvent faire fonction au bloc opératoire après plusieurs mois de formation interne. C’est la solution envisagée par la direction de l’hôpital mais elle ne sera pas rapidement opérationnelle.

Le statut de la fonction publique ne permet pas de reprendre l’ancienneté des infirmiers de bloc opératoires pour les contrats à durée déterminée. Ce métier ne semble pas suffisamment attractif, seul deux candidats se sont présentés au dernier concours alors que sept postes étaient proposés.

Le départ des neuf infirmiers s’explique par le manque de reconnaissance et de valorisation.

Les organisations syndicales du CHPF dénoncent cette situation intolérable pour les malades, et qui pousse le personnel du bloc opératoire dans une mission impossible.

Des mesures exceptionnelles doivent être prises pour pourvoir les postes vacants d’infirmiers de bloc opératoire avec des personnels déjà formés et expérimentés. Il n’est pas envisageable d’attendre encore plusieurs mois.

Une réforme du statut des infirmiers doit être réalisée dans les meilleurs délais pour pouvoir assurer les recrutements nécessaires au fonctionnement normal des blocs opératoires des hôpitaux de Polynésie française.

Communiqué

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