Des perliculteurs veulent la démission de Temauri Foster

Le président du Pays, Oscar Temaru, a souhaité défendre, vendredi matin, le projet de Tahiti Pearl Consortium (TPC). Particulièrement remontés, plusieurs perliculteurs réunis dans un collectif « Touche pas à ma perle » demandent pour leur part la démission de leur ministre de tutelle, Temauri Foster.

Le conseil d’administration de la Maison de la Perle a finalement approuvé, jeudi matin, la mise en place du Tahiti Pearl Consortium (TPC), ainsi que l’étude qui doit tout d’abord être menée par un spécialiste de la joaillerie venu d’Italie, Gaetano Cavalieri, pour un montant de l’ordre de 79 millions Fcfp, financée à hauteur de 60 millions Fcfp par le Pays.

Selon le gouvernement, le nouveau système de commercialisation de la perle de culture de Tahiti, via le TPC, permettra, d’une part de répertorier chaque perle produite, de garantir que seules des perles de qualités sont vendues sur un marché de luxe, et de créer une véritable « marque » pour la perle de Tahiti et ce afin de retrouver la confiance des acheteurs internationaux. Gaetano Cavalieri estime également que, en privilégiant la qualité, la Polynésie pourrait passer d’une production de perles de qualité représentant pour le moment 15% de la récolte à 25%, en « peu de temps ». Par ailleurs, le TPC s’engage à créer une filiale pour les perles de qualité moindres afin que toutes les perles puissent être rachetées aux perliculteurs.

Nouvelle rencontre avec les perliculteurs dans l’après-midi

Cette stratégie marketing est essentielle, d’après Oscar Temaru, en particulier dans un Pays, la Polynésie, où, dit-il, la corruption est « partout ». Et Oscar Temaru de préciser que Gaetano Cavalieri ne sera que prestataire de service et qu’il « ne sera pas actionnaire dans cette société qui sera ‘100% polynésienne' ». Le président de la Polynésie s’est voulu rassurant vis à vis des perliculteurs: « La Maison de la Perle aura au moins 41 % des parts, le reste sera redistribué aux autres producteurs (…) Je pense qu’une fois le message passé, tout le monde aura compris qu’ils peuvent en tirer profit, les producteurs et les négociants, puisque la perle qui sortira d’ici aura une traçabilité, aura un code-barre (…) Il y a une question de discipline à mettre en place et j’espère que nos perliculteurs comprendront tout ça. La société de monsieur Cavalieri est réputée dans le monde, c’est un plus pour notre pays. Il faut que les perliculteurs comprennent que toutes les perles seront achetées. Ils n’ont plus à s’inquiéter ».

Une réunion avec l’ensemble des producteurs de perles est de nouveau prévue, vendredi, en début d’après-midi, à Papeete. Le ministre des Ressources marines en charge de la perliculture, Temauri Foster, a indiqué, pour sa part, qu’une convention allait être signée entre le Pays et la société Cavalieri &  co et le Pays, et ce avec ou sans l’accord des perliculteurs à qui il demande « de faire un effort ». Le ministre et le président du Pays affirment que le nouveau système de commercialisation permettrait, à terme, de multiplier les revenus des perliculteurs par dix, dans « peu de temps », selon les analyses conduites par l’équipe scientifique de Gaetano Cavalieri.

Il n’est pas du tout évident, toutefois, que ces arguments soient entendus et acceptés par les perliculteurs. Un grand nombre d’entre-eux (ndlr, ils disent représenter plus de 90% des professionnels de ce secteur), réunis dans un collectif « Touche pas à ma perle » ont exprimé, jeudi en fin de journée, dans une lettre ouverte adressée à Oscar Temaru, leur mécontentement face à la décision « unilatérale » prise par le Pays quant au système de commercialisation de la perle. Ils entendent dénoncer une « tentative de ‘hold up’ par le gouvernement de la commercialisation de la perle de culture à Tahiti et l’ingérence du politique dans un secteur totalement privé, et demandent la démission du ministre de la Perliculture, dont la stratégie est totalement contraire à l’intérêt des professionnels de la perle ».

     

 

La lettre ouverte des perliculteurs dans son intégralité

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