Point de situation sur la lutte contre la loque américaine à Tubuai

 

Le ministre du Développement des ressources primaires, des affaires foncières et de la valorisation du domaine, Tearii Alpha, a souhaité faire un point de situation sur la lutte contre la loque américaine sur l’île de Tubuai, l’arrêté du conseil des ministres relatif aux mesures applicables dans le cadre de cette lutte ayant été abrogé récemment.

En 2009, Tubuai a été la première île officiellement diagnostiquée positive à la loque américaine, maladie bactérienne à déclaration obligatoire provoquant une mortalité du couvain des abeilles. L’épidémie généralisée aux ruchers et aux essaims sauvages a quasiment anéanti la production de l’île et représentait un foyer infectieux à haut risque pour les îles encore indemnes.

Devant ce constat, le service du développement rural a déployé dès 2013 un programme de lutte contre la maladie qui a fait l’objet d’un arrêté du conseil des ministres le 16 octobre 2014 relatif aux mesures applicables dans le cadre de la lutte contre la loque américaine sur l’île de Tubuai. Celui-ci comprenait deux phases.

La première phase d’assainissement consistait à diminuer la pression d’infection et à limiter les risques d’hybridation des abeilles par l’éradication des colonies d’abeilles infectées, y compris les essaims sauvages. La seconde phase visait à repeupler l’île à partir de souches d’abeilles testées pour leur comportement hygiénique, caractère de résistance à la maladie. Le remplacement des colonies détruites a entièrement été pris en charge par le Pays en dédommagement des apiculteurs.

En 2013, le SDR (Service du développement rural) a exploré une première option technique consistant en la recherche d’une souche hygiénique au sein même de l’île de Tubuai ainsi qu’à Rurutu, dans l’optique de conserver l’abeille noire propre à cet archipel. Devant les résultats infructueux, le service s’est orienté vers une deuxième option relevant de l’introduction de colonies d’abeilles testées en provenance d’autres îles de la Polynésie. Au 21 décembre dernier, la dernière mission du SDR a mis un terme au programme dont le bilan s’établit comme suit.

En 2014, les actions d’éradication ont abouti à l’élimination des 83 ruches recensées pour 13 apiculteurs, ainsi qu’à 40 essaims sauvages. Deux apiculteurs ont cessé leur activité. Ainsi, le nombre total de colonies à remplacer s’élevait à 78, pour lesquelles 8 apiculteurs de Tahiti et Moorea se sont portés fournisseurs. Les conditions de production et de testage des essaims, la longueur des délais de paiement, le souhait des fournisseurs de conserver des colonies de bonne qualité génétique pour le développement de leur cheptel et les contraintes d’acheminement par fret aérien ont retardé la phase de repeuplement qui s’est ainsi étalée sur 2 ans. Conjointement, afin de conforter l’efficacité du plan de lutte, les acteurs de Tubuai ont bénéficié d’un suivi et d’un accompagnement soutenus durant toute la durée de l’opération.

D’une part, le SDR a encouragé et aidé au regroupement des apiculteurs au sein d’une association, « Tubuai fane ».

Pour soutenir la relance de leur activité et suite à la destruction du matériel usagé, l’association a bénéficié d’une subvention de 1 140 395 Fcfp au titre du dispositif d’aide à la relance de l’agriculture pour l’acquisition de matériel de rucher. D’autre part, pour assurer un suivi technique et sanitaire, l’acquisition des bonnes pratiques apicoles représentait également un facteur de réussite du programme. Les apiculteurs ont donc bénéficié de 3 formations dispensées par le CFPA (Centre de formation pour adultes), dont une d’initiation, une de perfectionnement et la dernière concernant l’élevage de reines. Un technicien spécialisé et un vétérinaire du SDR ont également prodigué un suivi personnalisé aux apiculteurs.

Le programme aura nécessité la conduite de sept missions du SDR sur trois ans, un budget de 4,4 millions Fcfp et une concertation constante avec les professionnels pour atteindre les objectifs établis. La bactérie responsable de la loque américaine a la capacité de résister de nombreuses années dans le milieu extérieur sous forme de spore. Par conséquent, le plan de lutte n’avait pas pour ambition d’éradiquer la maladie mais de favoriser la reprise d’autonomie de la filière et de professionnaliser les pratiques, tout en garantissant une certaine maîtrise des facteurs de risques de développement d’une nouvelle épidémie.

Les résultats obtenus sont très encourageants : alors qu’en 2012, les 46 ruches présentaient un rendement de production moyen de 5 à 10 kg de miel par ruche et par an et ne permettait qu’une apiculture d’auto-consommation, en 2016, ce ratio est passé à 20kg/ruche/an pour une production totale de plus de 5 tonnes, soit 3 % de la production 2015 de la filière polynésienne. En outre, le cheptel actuel de l’île compte désormais 419 ruches et la production de l’année représente à elle seule un chiffre d’affaire oscillant entre 7,5 et 12,5 millions Fcfp, sans compter la vente d’essaims et de reines d’abeilles.

Cette situation permet aujourd’hui d’envisager un réel développement de la filière sur l’île, à la condition que les bonnes pratiques perdurent et soient également acquises par les nouveaux apiculteurs. L’association « Tubuai fane » peut jouer un rôle important grâce au partage d’expérience, au maintien de l’élimination des essaims sauvages, à la promotion de la sélection génétique et à la diffusion de colonies et de reines hygiéniques. Par ailleurs, le SDR réalisera un suivi de l’activité.

Sur le plan juridique, l’abrogation de l’arrêté 1409 CM du 16 octobre 2014 officialise la fin du plan de lutte à Tubuai.

Communiqué du gouvernement

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