Pour Eugène Degage, pas de risque pour la ressource halieutique autour des Marquises

Vingt-quatre heures après la marche de protestation organisée à Papeete contre son projet de pêche hauturière aux Marquises, l’homme d’affaires Eugène Degage était l’invité du « grand journal » de TNTV.

Nul n’est prophète en son pays! C’est probablement la seule conclusion que doit tirer le patron de la SNC Aremiti qui aspire aujourd’hui à diversifier ses activités.

Alors que le Pays multiplie les appels du pied pour que les investisseurs locaux participent à l’effort de relance économique, le « blocage » actuel illustre à quel point il est toujours difficile d’entreprendre en Polynésie française. Quand bien même l’emploi fait cruellement défaut dans nos îles…et que tout le monde s’en plaint!

Alors, dimanche soir, sur le plateau de TNTV, l’armateur qui règne en maître sur la desserte maritime entre Tahiti et Moorea, est apparu comme dépité face aux arguments développés par ses détracteurs.

D’autant que les chiffres semblent lui donner raison! En effet, tous les scientifiques (Ifremer, IRD…) s’accordent à dire que l’on peut prélever jusqu’à 90 000 tonnes de poisson par an sans porter atteinte à la ressource, alors qu’en 2015 la pêche hauturière, sur l’ensemble du territoire, n’a rapporté que 6237 tonnes. Dans ce contexte de développement voulu par le Pays, les bateaux d’Eugène Degage devraient se limiter à 3000 tonnes, une quantité minimum qu’il juge nécessaire pour pouvoir rentabiliser le transport aérien de la marchandise vers Tahiti.

Enfin, Eugène Degage ne veut surtout pas comprendre et admettre les raisons du refus qu’on lui opposerait d’aller pêcher dans les eaux polynésiennes. Une manière comme une autre de dire aux Marquisiens que l’océan appartient à tout le monde.

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3 pensées sur “Pour Eugène Degage, pas de risque pour la ressource halieutique autour des Marquises

  • 29 octobre 2017 à 23 h 57 min
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    Monsieur Degage , il y a d’autres personnes qui ne pensent pas comme vous . Lisez ceci : La surpêche dans le Pacifique menace nos ressources. Cet article a été réalisé à partir de l’étude détaillée de Pew-Polynésie. L’association fait le constat préoccupant de la baisse de 80% de la population de thons rouge dans le Pacifique. Les ressources du Fenua sont aujourd’hui menacées par les appétits extérieurs à la zone économique exclusive. https://documentation.outre-mer.gouv.fr/Record.htm?idlist=2&record=19120765124919489479 . Date de parution : 18-24 septembre 2015 . Comme tous les autres  » investisseurs ,vous parlez de rentabilité et vous jouez la carte du chantage à l’emploi ( 600 d’après VOS estimations ) . Vous vous gardez bien d’insister sur la destination finale de cette pêche industrielle qui est sauf erreur de ma part . L’objectif de ces bateaux est d’exploiter (le thon obèse (ou « big eye ») qui sera transporté en frais par avion jusqu’à Tahiti pour être envoyé ensuite à Hawaii et au Japon en qualité sashimi. En résumé , rentable pour qui , pour la population locale ou uniquement pour l’investisseur ? Je suis tout ouie , expliquez moi . Merci d’avance .

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  • 30 octobre 2017 à 11 h 35 min
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    On ne sait pas d’où l’Ifremer et l’IRD sortent leurs chiffres mais le fait est que les océans se dépeuplent: nul n’est besoin d’être grand scientifique pour s’en apercevoir! Nous ne sommes plus au temps des chasseurs cueilleurs de la préhistoire et vouloir nourrir ainsi les 10 milliards d’habitants de la planète en prélevant sur les ressources sauvages tient du suicide; jouer sur des supputations chiffrées qui sont contredites par le colloque international qui s’est tenu à Tahiti relève du cynisme…En vérité , la seule raison qui pousse à envoyer une flottille industrielle aux Marquises relève d’un calcul à court terme basé sur l’affirmation que de toutes façons c’est foutu alors pillons nous d’abord!

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