Pour un avenir durable dans la gestion des pêches côtières

Après avoir échangé pendant trois jours sur l’avenir de la gestion des pêches côtières, les représentants de vingt-quatre pays et territoires du Pacifique ont remis leurs recommandations aux Directeurs de services de pêches. Du 3 au 6 mars, les administrations en charge de la pêche et de l’environnement, les représentants des associations et les responsables communautaires se sont en effet retrouvés afin d’envisager un avenir durable pour la gestion des pêches côtières.

Epikinio Eperiam est un Volontaire de la Conservation Communautaire dans l’ONG Woun Kepin Somwei et comme on peut s’en douter, un passionné du monde marin. Il a donc fait le déplacement depuis Pohnpei, aux États Fédérés de Micronésie, pour participer à l’atelier organisé par le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS), avec le financement de l’Australie: « Je suis intéressé pour échanger mes expériences avec les pêcheurs des autres pays du Pacifique : nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres ».

Tous sont conscients des pressions importantes et des enjeux capitaux : la pression démographique augmente irrémédiablement, les poissons et invertébrés marins se font plus rares et la sécurité alimentaire des populations insulaires ne peut plus être assurée uniquement par les ressources côtières. L’atelier a permis de prioriser les actions à mener : les professionnels de la pêche et de l’environnement ont voulu s’engager pour des mesures concrètes pour d’une part, conserver durablement la biodiversité marine et d’autre part, assurer un approvisionnement en poisson des marchés locaux des pays du Pacifique.

Lindsay Chapman, Directeur du programme des Pêches côtières à la CPS explique : « Si vous regardez l’ensemble du Pacifique, il y a probablement 600 à 800 sites pilotes où des gens essaient différentes méthodologies pour une meilleure gestion des ressources naturelles au niveau communautaire. Cet atelier a donc rassemblé ces professionnels pour confirmer que oui, nous croyons que la gestion communautaire des pêches est le chemin à suivre. Ce que nous pouvons maintenant viser, c’est de passer de ces petits sites pilotes individuels disséminés à une approche nationale ou sous-régionale ».

Traditionnellement, les communautés de pêcheurs ont un savoir approfondi des cycles biologiques des espèces marines, sur lesquels se calquent des règles coutumières d’exploitation des stocks. « On constate que lorsque ces règles ont pu être maintenues, les stocks sont la plupart du temps en bonne santé. Sur les zones où la pression s’est accrue, comme en périphérie urbaine ou bien là où les savoirs traditionnels se sont perdus, beaucoup d’espèces ont décliné ou sont proches de la disparition », commente Magele Etuati Ropeti, Conseiller en gestion de la pêche côtière à la CPS.

La gestion communautaire des pêches consiste à encourager les communautés locales de pêcheurs à être responsables de la gestion des pêches côtières et de l’environnement marin. Le savoir traditionnel combiné aux recommandations scientifiques permet de produire des plans de gestion des ressources pour des zones bien définies par la communauté. C’est ensuite un long processus que de faire valider un plan de gestion d’abord au niveau communautaire, puis provincial, avec toutes les étapes administratives et juridiques jusqu’à une officialisation nationale.

C’est aussi toute la symbolique de l’œuvre qui est en cours de création dans les jardins de la CPS. Jacques Wanhapo, sculpteur originaire de Lifou, emploie tout son savoir-faire pour créer une représentation de l’avenir des pêches côtières. Tout au long de ces jours de réunion, l’atelier vivant attire les participants qui y voient le message d’un travail de longue haleine pour une gestion durable de leur environnement marin.

Même si les initiatives sont nombreuses au niveau communautaire, les décisions et orientations régionales ont toujours plus de poids et de visibilité. Les résultats de cet atelier régional seront un atout pour influencer les décisions politiques au niveau national des pays du Pacifique, au niveau régional, mais cela représenta aussi la voix du Pacifique au niveau international. Epikinio confirme : « Chaque pays est unique, mais nous avons des challenges similaires. Cette rencontre est l’occasion de montrer ce que nous faisons et c’est une reconnaissance de nos efforts dans la lutte pour la conservation de nos ressources marines ».

Pour plus d’information, prendre contact avec :

 

Anne Lefeuvre                 Chargée de l’administration et de la communication du projet SciCOFish,

annel@spc.int

Jean-Noël Royer             Attaché de liaison médias

jeannoelr@spc.int

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