Pourquoi faut-il absolument maîtriser nos dépenses de santé ?

La commission « Santé » de l’assemblée de la Polynésie française a planché le 20 janvier sur deux projets de délibération censés contribuer à une meilleure maîtrise de l’évolution des dépenses de santé.

Plusieurs séances de travail animées par la présidente Armelle Merceron ont été nécessaires pour prendre la pleine mesure des textes en question, l’un portant approbation des orientations stratégiques 2016-2025 de la politique de santé, l’autre adoptant le Schéma d’organisation sanitaire pour la période 2016-2021.

Nous sommes ici en plein dans les fondements de la réforme de la Protection sociale généralisée (PSG) que tout le monde appelle de ses voeux.

Une chose est sûre: il faut rompre avec le système actuel! En commençant par répondre à une question essentielle: quel modèle de couverture sanitaire voulons-nous pour les habitants de Tahiti et ses îles ? En fonction de la qualité des infrastructures recherchée, il faudra ensuite trouver les moyens de financement suffisants. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui au regard des déficits constatés à la Caisse de prévoyance sociale.

A force d’entendre tirer la sonnette d’alarme, les élus ne peuvent plus aujourd’hui fuir leurs responsabilités. La situation est préoccupante. Pour plusieurs raisons.

Comme partout ailleurs, la population polynésienne vieillit et nécessite donc, davantage de soins quotidiens. Mais ce sont surtout les « comportements à risques » qui sont pointés du doigt.  Avec pour conséquence majeure: un taux d’obésité de 40%. Résultat: de 1996 à 2010, les dépenses annuelles de santé ont progressé en moyenne de 6,5%. Avant de se stabiliser à partir de 2011.

Mais saviez-vous que 13,6% de la population (soit 37 000 personnes, +256% en vingt ans) bénéficie aujourd’hui d’un « carnet rouge » dite de « longue maladie » mais que cette prise en charge à 100% capte 51% des dépenses globales de santé ? Les maladies cardio-vasculaires, le diabète et les cancers sont les trois principaux fléaux de santé dans nos îles.

Autre dépense conséquente pour la santé: les évacuations sanitaires, qu’elles soient inter-îles ou internationales.

Des chiffres livrés par la CPS, il apparaît qu’un habitant sur six dans les archipels (autres que Tahiti) fait l’objet d’une « évasan », pour un total de 27 à 28 000 prises en charge aérienne chaque année. Quand on sait que le coût unitaire d’un déplacement est d’environ 53 000 Fcfp, faites le calcul! Par ailleurs, 553 évacuations sanitaires ont été opérées en 2014 vers la métropole ou la Nouvelle-Zélande, et ce malgré la modernisation du plateau technique du CHPf de Taaone.

Si le développement de la médecine nucléaire au Taaone ou encore le recours à la télémédecine constituent de bons moyens – mais il en existe beaucoup d’autres – pour réaliser ici ou là des économies, chacun devra comprendre que sans réforme majeure à venir, le besoin de financement de la PSG chaque année est de l’ordre de 5 à 6 milliards de Fcfp.

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