Procès Haddad-Flosse : délibéré le 15 janvier 2013

Le dernier jour du procès relatif notamment à la régie publicitaire de l’annuaire de l’OPT, dit procès « Haddad-Flosse », au tribunal correctionnel de Papeete, a été consacré aux plaidoiries de la défense. Le délibéré sera connu le 15 janvier prochain.

Les avocats des différents prévenus sont intervenus, tour à tour, pour défendre leurs clients, Emile Vernaudon ayant préféré, quant à lui, assurer sa propre défense. L’ancien ministre et ancien maire de Mahina a reconnu avoir « fait des erreurs » mais a estimé trop lourde la peine de cinq ans d’emprisonnement requise contre lui. « Je suis complètement dépassé, je n’y comprends rien », a-t-il déclaré, dans la matinée, à l’audience.

Dans l’après-midi, les avocats de l’homme d’affaires Hubert Haddad ont contesté les charges retenues contre leur client. « Ce procès a été mal engagé. De un, la société Club Editions Pacific n’a jamais été un volet du groupe 2H. (…) De deux, la totalité de la dette due à l’OPT était éteinte en octobre 2007. Comment reprocher à Hubert Haddad de détourner des sommes alors qu’il n’y a pas de dettes? », a déclaré Me Klugman, qui dit ne pas voir non plus de validité dans les accusations d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux pour lesquels son client est poursuivi.

Défendant également Hubert Haddad, Me Szpiner a ajouté: « Nous sommes dans une affaire politique et aujourd’hui, madame la présidente, c’est un dossier pollué que vous examinez dans une ambiance de règlement de comptes (…) Hubert Haddad a été retenu pour les marchés de l’OPT parce qu’il était le numéro un mondial dans l’annuaire téléphonique. Il n’y a eu aucune faveur ». Pour Me Szpiner, cette affaire n’avait pas à être évoquée devant ce tribunal. « C’était son argent personnel. Ce n’était donc pas un détournement de fonds publics », a-t-il affirmé.

Un procès basé sur des rumeurs, selon la défense

Me Quinquis et Me Le Borgne, les avocats de Gaston Flosse, ont ensuite pris la parole. Les deux hommes ont estimé que le tribunal se laisser influencer par « l’ambiance » régnant autour de ce procès. Me Le Borgne, en particulier, a martelé que le procès n’était basé que sur de « simples rumeurs » et ne reposait sur « rien de concret ».

« Nous sommes dans une sorte de procès d’épuration, qui repose sur des déclarations qui ont été retenues lors de gardes à vues qui se sont déroulées sous l’ancien système juridique de gardes à vues et qui aujourd’hui ne devraient pas avoir de valeur probante, ce qui mettrait le tribunal dans une pauvreté référentielle », a-t-il souligné. Il a également déclaré que la démarche de la partie-civile serait motivée par des raisons politiques, tout cela pour « abattre le système Gaston Flosse ». Quant aux représentants de l’OPT, selon Me Le Borgne, ils seraient uniquement intéressés par les dommages et intérêts pouvant être perçus à l’issue de ce procès.

Sa conclusion rejoint celle de Me Szpiner, lequel avait terminé sa plaidoirie en demandant au tribunal de trouver le « courage de balayer tout le contexte de l’affaire et de ne regarder que les infractions, de vous abstraire du climat sur la prétendue culpabilité des personnes présentées« . A la fin de l’audience, la présidente du tribunal a annoncé que le délibéré de cette affaire serait rendu le 15 janvier 2013.

 

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