Promesses de F. Hollande: la balle est dans notre camp !

Les annonces faites en début de semaine par le chef de l’Etat, lors de sa visite éclair en Polynésie française, ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd et le président Edouard Fritch entend bien leur donner un sens et un aspect concret. Rapidement.

 

Moins d’une semaine après la venue de François Hollande – aussi brève soit-elle – le chef du gouvernement polynésien s’est naturellement félicité du déroulement de cette journée du 22 février 2016 qui, à n’en pas douter, restera gravée dans les mémoires comme la confirmation des bonnes relations retrouvées entre l’Etat et le Pays.

A en croire Edouard Fritch, au-delà du simple engagement de campagne selon lequel chacune des collectivités d’outre-mer serait visitée au cours de sa mandature, François Hollande « voulait venir rencontrer les Polynésiens » et probablement toucher du doigt les problématiques actuelles du fenua. Toujours est-il que son voyage fut « intense en annonces », relève avec satisfaction le président Fritch.Fritch 26 février

D’emblée, notre interlocuteur précise que les promesses du président de la République ne sont pas tombées du ciel! Elles correspondent à quelque chose près aux discussions engagées en coulisses depuis des mois ici ou à Paris avec les services de l’Elysée, et notamment son conseiller pour l’outre-mer Marc Vizy; un travail préparatoire donnant l’occasion aux autorités locales de mettre en avant les points sur lesquels une avancée s’impose.

Sur le volet « nucléaire » en particulier, le président Fritch a bien entendu la réaction mitigée des associations de victimes du nucléaire et affirme qu’il restera vigilant quant aux améliorations qui seront apportées au décret d’application de la loi Morin en vue d’une meilleure prise en compte des plaignants. Maintenant, d’une manière générale, « il faut toujours se satisfaire de ce que l’on nous donne. C’est d’ailleurs ce que nous faisons avec nos enfants… » a t-il ajouté dans un souci de reconnaissance.

En revanche, la plus grosse « faute » serait d’en rester là et d’attendre le coup de téléphone. Aussi, fidèle à la célèbre expression du Général de Gaulle, « l’intendance suivra… », tout le gouvernement entend se mobiliser dans les jours, semaines et mois qui viennent pour caler les premières réunion de travail visant à mettre en oeuvre les dits engagements. Autant dire qu’à moins d’un an et demi de la prochaine élection présidentielle, le temps est compté. C’est le cas notamment pour la DGA (Dotation globale d’autonomie) que le chef de l’Etat accepte de sanctuariser dans la loi organique portant statut d’autonomie. D’ici la prochaine loi de finances, il va falloir mettre les bouchées doubles!

Dans ce cadre, le président Fritch accorde aussi une importante toute particulière aux futurs « accords de Papeete » évoqués très succinctement par le chef de l’Etat dans son allocution solennelle à la Présidence. Pour l’heure, il ne s’agit que d’une coquille vide ayant quand même pour finalité de se projeter dans l’avenir. A l’instar de la Charte du développement menée dans les années 90 pour justement tourner le dos, définitivement, à l’ère nucléaire et son modèle de développement pernicieux. De toute évidence, l’impulsion n’était pas suffisante et la Polynésie française est toujours en quête d’un nouveau départ. « Un Pacte républicain fort et durable », a précisé Edouard Fritch qui combinerait à la fois développement économique et pérennité institutionnelle. Les deux parties ont convenu de signer le document à l’automne 2016.

 

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Une pensée sur “Promesses de F. Hollande: la balle est dans notre camp !

  • 3 mars 2016 à 22 h 42 min
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    Quand François Hollande reconnaît que c’est grâce à La Polynésie que la France, en plus d’exploiter depuis des lustres l’énergie nucléaire à des fins civiles pour fabriquer et vendre de l’électricité, est parmi les premiers pays à détenir la dissuasion nucléaire et faire ainsi partie des cinq membres permanents de l’ONU qui seuls ont un droit de veto, il a ô combien raison et la pérennisation de la dotation de 90 millions d’euros (minimum) est plus que justifiée.
    Mais quand il parle d’égalité (tarifs de l’internet, de l’électricité, égalité des prix, allocations chômage, etc…)entre les ultramarins et les métropolitains, il semble que le seul moyen d’y parvenir est la départementalisation des Collectivités d’OM et ça nos hommes politiques ne le voudront jamais, mais qui sait ?

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