PSG: l’analyse d’Emile Vernier après le rapport de la CTC

A partir du rapport de la Chambre territoriale des comptes (CTC) sur la « gestion de la collectivité de la Polynésie française, de 2010 à 2016, des affaires sociales et de la solidarité », Emile Vernier livre sa propre analyse.

 

Les conclusions de l’étude de la CTC sont très inquiétantes. Le rapport finit par une phrase qui devrait faire réagir tous les polynésiens. Il dit : « Sans réforme portant sur une combinaison de paramètres, l’insuffisance des fonds disponibles porte en germe l’état de cessation de paiement du régime. En l’état actuel et sans mesures correctrices, les acquis fondamentaux du système ne pourront être longtemps sauvegardés. »

Les mots sont lourds de sens. La CTC prévient que si on ne fait rien, la cessation de paiement sera la conclusion d’un immobilisme remarqué depuis des années.

Lorsque c’est le SDIRAF qui le dit, on ne le croit pas. Espérons qu’avec ce rapport angoissant, les responsables prennent enfin leurs responsabilités, même si la décision politique peut apparaître comme difficile à prendre avec des échéances électorales à très court terme (moins d’une année). Le social doit prendre le pas sur le politique. Le SDIRAF demande avec force au gouvernement d’annoncer rapidement les réformes auxquelles il pense pour sauver la PSG de tous les Polynésiens et Polynésiennes.

Dans son rapport, la CTC émet huit recommandations.

  • Donner une base réglementaire à l’obligation d’équilibre des comptes sociaux. (Ce qui est incroyable, c’est que cela n’ait pas déjà été fait. Incroyable que dans une si petite communauté que la notre, on puisse laisser des comptes sociaux en déficit et siphonner une branche pour financer les pertes d’autres. Y a-t-il possibilité de poursuivre les soi disant responsables des CA).
  • Améliorer le pilotage financier de la protection sociale généralisée par une meilleure coordination entre la CPS, organisme de gestion et le Pays, responsable des équilibres financiers et de la définition de stratégies en matière sanitaire et sociale.
  • Affermir le rôle du service chargé en interne de l’évaluation des politiques sociales.
  • Accélérer la réforme du pilotage des dépenses de santé par la création d’une instance de régulation et la mise en place d’une communauté hospitalière polynésienne autour du CHPF, dont le principe est acté dans le schéma d’organisation sanitaire.
  • Redéfinir les moyens de financement du risque maladie.
  • Prendre une décision dès 2017 sur des mesures correctrices pour la tranche A du régime salarié des retraites visant à reculer l’horizon de viabilité du régime au moins à 2030.
  • Mettre en œuvre rapidement des mesures correctrices pour le régime tranche B des retraites salariées visant à réduire le taux de rendement du régime.
  • Améliorer un suivi technique régulier du régime de retraite des salariés, tranches A et B.

Toutes ces solutions avaient déjà été édictées dans de nombreux rapports et audits précédents. Malgré l’urgence à chaque fois proclamée, très peu de décisions ont été prises et surtout pas les plus importantes. Il faut dire qu’alors, il restait de l’argent dans les caisses, pas suffisamment pour garantir le paiement sur du moyen ou long terme, mais il en restait.

La CTC redit donc des choses bien connues avec la différence que cette fois, il n’y a plus beaucoup de trésorerie restant. Et donc, pour la deuxième fois, on nous parle de cessation de paiement possible, la première datant d’avril 2010, suite à une conférence de presse du président du CA du RGS d’alors, aujourd’hui décédé, Moana Tatarata, de A Tia I Mua.

Le rapport de la CTC vient conforter tout ce que le SDIRAF a affirmé depuis sa création en mai 2010. Est ce que ce rapport va finir par convaincre les Polynésiens de la nécessité de se regrouper, retraités comme salariés, pour défendre les acquis sociaux, suite à toutes ces années perdues par l’immobilisme et la frilosité des responsables de la protection sociale : salariés, employeurs et politiques ?

 

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