Quatre axes de travail pour prévenir la délinquance au fenua

La stratégie élaborée, dénommée « plan de prévention de la délinquance en Polynésie française » a été adoptée par le Conseil lors de la deuxième réunion plénière tenue ce jour, mercredi 2 mars 2016, dans les locaux du haut-commissariat.

Afin de répondre à un constat préoccupant en matière de délinquance (hausse des violences intrafamiliales, part de mineurs mis en cause, banalisation de la consommation de stupéfiants), le Haut-commissaire de la République, le Président de la Polynésie française et le Procureur général près la Cour d’appel de Papeete ont décidé de créer une instance de pilotage inédite en Polynésie française, chargée de coordonner l’action publique et de définir une stratégie pluriannuelle de prévention de la délinquance.

Le Conseil de prévention de la délinquance de la Polynésie française a été créé par arrêté du Haut-commissaire du 11 janvier 2016 et installé en comité plénier le 18 janvier.

La stratégie exposée ce jour résulte des travaux des groupes de travail thématiques correspondant aux axes prioritaires : addictions, délinquance juvénile, violences intrafamiliales, tranquillité publique.IMG_1657

Pour prévenir les addictions, les pistes sont diverses et nombreuses comme accroitre les messages de « prévention par les pairs », harmoniser les parcours santé-citoyenneté dans les établissements scolaires et former les animateurs sur la prévention des conduites addictives. Il est également préconisé de rendre délictuelle la production du « Komo » ou encore de prévoir une amende forfaitaire pour la consommation d’alcool sur la voie publique. D’autres sont à l’étude comme des opérations « coups de poings » sur les lieux de revente de drogue, des contrôles antidopage en milieu sportif ainsi que la création d’un centre de désintoxication.

Face à la montée de la délinquance chez les jeunes, les autorités souhaitent remonter le problème à la source, et notamment en milieu scolaire. Aussi, à leurs yeux, il convient de mesurer les taux d’absentéisme et de décrochage scolaire, de contrôler les mineurs présents sur la voie publique aux heures de classe, de renforcer les capacités d’encadrement des élèves par le recours aux contrats de Service civique ou encore d’expérimenter de l’alerte SMS aux parents en cas d’absentéisme. Maintenant, partant du constat que l’inactivité est l’une des causes principales de la délinquance, le fait de développer les activités extra-scolaire, de favoriser le recrutement d’animateurs de quartiers et d’adultes-relais, d’encourager le recours au service civique et de renforcer les actions d’insertion du service militaire adapté pourrait apporter un début de solution.

Le Conseil a également planché sur les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes. Parmi les solutions envisagées: animer le réseau des référents violences conjugales dans les communes, créer une adresse électronique permettant de saisir directement le Procureur, et deux pages d’information Facebook ® à destination des mineurs et femmes victimes de violences, transmettre un signalement pour violences conjugales, sans délais au Procureur.

Enfin, dans le registre de la tranquillité publique, les voitures boum-boum sont plus que jamais dans le collimateur. Une sonorisation excessive qu’il serait temps d’interdire…Par ailleurs, il est demandé d’évaluer l’application de la règlementation sur la détention de chiens dangereux pouvant être à l’origine de conflits de voisinage.

Réalisé à partir du dossier de presse

 
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2 pensées sur “Quatre axes de travail pour prévenir la délinquance au fenua

  • 3 mars 2016 à 8 h 08 min
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    Extraordinaire et si encourageant de lire cette bonne nouvelle, concernant la décision que vous aviez pris sur la mise en place d'un réseau des référents violences conjugales dans les communes. Vous aviez ciblé un des problèmes majeurs de la société polynésienne. Les violences rassemblent des facteurs de problèmes multiples, la délinquances etc, ce geste que vous venez de mettre en place procure de multiples postes de travail. Merci pour votre motivation si extraordinaire, car il est temps de saisir ce fléau. Bonne continuation dans vos tâches

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  • 3 mars 2016 à 22 h 25 min
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    Quatre axes de travail ne suffiront pas, ce sont plutôt quarante axes de travail qu’il faut mettre en place en mettant l’accent sur l’EDUCATION, familiale d’abord et ce 365 jours par an. Supprimer toutes les émissions télévisées violentes, les téléréalités « débilisantes » et nocives pour la santé physique par le fait de rester des heures sans bouger devant un poste avec souvent des mauvais aliments à grignoter, mais surtout pour la santé mentale et les remplacer par des émissions éducatives sur la santé et celles (comme des petits clips qu’il faut créer) qui abordent des valeurs de la vie telles que le respect, l’honnêteté, l’effort, le partage, le travail d’intérêt collectif sans forcément être rémunéré mais plutôt dans l’esprit de « n’attends pas quelque chose de ton pays mais regarde plutôt ce que tu peux apporter et faire pour ton pays », la convivialité dans le couple et transgénérationnelle, etc… ; elles peuvent aussi être remplacées par des émissions instructives qui passent sur Arte, Xnius, magazine pour la santé, des émissions non pas « occupationnelles » mais réellement EDUCATIVES qui doivent servir de support à des moments de discussion, de critique et de partage au sein des familles, de groupes d’ami-e-s et des écoles pour une meilleure compréhension des choses de la vie. L’oisiveté étant la mère des vices, faire participer régulièrement la population à des activités qui peuvent cimenter la cohésion familiale et sociale, par quartiers, par commune, par île, par archipel avec un but bien défini. Et quand le temps de la formation est terminé, ne pas omettre les sanctions, justes mais réelles. Mais pour tout cela, il est évident qu’il faut pouvoir compter sur des personnes compétentes et motivées, généreuses et avec pour seul intérêt de vouloir réellement faire sortir notre population des fléaux qui la minent depuis sa base, sa jeunesse. Chacun peut, dans cette optique, faire chaque jour un geste positif, une action qui ne nécessite pas forcément de l’argent, juste la volonté de faire changer, bouger les choses et élever les personnes.

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