Questions au gouvernement posées à l’assemblée

En introduction de la troisième séance de la session budgétaire à l’assemblée de la Polynésie française, vendredi matin, place à la séance des questions orales au gouvernement au cours de laquelle quatre sujets ont été débattus.

 Question posée par Béatrix Lucas

Monsieur le ministre,

En l’espace de deux mois, le décès de trois enfants, victimes de chauffards, a soulevé un émoi intense dans le pays et nous nous associons bien sûr à la douleur des familles. Le week-end dernier, une marche blanche était organisée à Taravao en mémoire de ces jeunes et afin que de tels événements ne se reproduisent plus. Il est certain que la responsabilité de ces drames incombe en premier lieu au comportement
inacceptable de chauffards qui devront être sanctionnés. Il est également certain que les pouvoirs publics, par les mesures qu’ils peuvent prendre en faveur de la sécurité routière, ne pourront jamais anéantir les comportements déviants. Toutefois, Monsieur le ministre, au travers de vos déclarations, tout autant que celles des représentants de l’Etat, mais aussi du ministre de l’Education, nous avons bien compris que vous aviez engagé la réflexion pour prendre les mesures nécessaires, tant au niveau de la réglementation que des infrastructures routières. Aussi, vous voudrez bien nous informer de l’état d’avancement de vos travaux ainsi que les mesures que vous entendez mettre en oeuvre pour réduire l’insécurité routière dans notre Pays.

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En réponse, le ministre de l’Equipement, Bruno Marty, a indiqué que le gouvernement est pleinement engagé dans la lutte contre la violence routière, avant de rappeler quelques chiffres. Entre 2008 et 2012, trente personnes en moyenne, chaque année, sont décédées sur les routes polynésiennes. 88% aux IDV. L’alcool est la cause d’un accident mortel sur deux et plus de 40% des victimes sont âgées de moins de 25 ans. A compter d’avril 2014, de nouvelles mesures entreront en vigueur, parmi lesquelles une tolérance zéro concernant les excès de vitesse.

Question posée par Gilda Vaiho-Faatoa

Monsieur le ministre,

Vous avez récemment conduit une mission aux Tuamotu de l’Est, et plus particulièrement sur les atolls de Puka-Puka et Napuka. Cette mission s’inscrivait dans le cadre du programme de régénération de la cocoteraie visant à la relance de la production de coprah, activité économique essentielle pour ces petites communautés insulaires. Aussi, pour la pleine information de notre représentation, pouvez-vous nous faire un bilan des actions entreprises à ce jour pour la relance de cette activité dans les atolls concernés, mais aussi pour lutter contre les parasites du cocotier. Pensez-vous également qu’au-delà de la cocoteraie, d’autres activités de type agricole pourraient voir le jour dans ces atolls ? Enfin, concernant plus particulièrement le problème de la montée des eaux constatée à Puka-Puka, pensez-vous que des solutions soient envisageables afin de protéger les cultures d’une trop forte salinisation des sols ?

En réponse, le ministre de l’Agriculture, Thomas Moutame, a souligné qu’il était indispensable de pérenniser la filière cocotier. Aussi, lors de la dernière mission, du 30 septembre au 4 octobre, 7500 plants de coco ont été acheminés sur place. Parallèlement, le ministère souhaite promouvoir d’autres cultures comme celle du kava, mais également des élevages de poules pondeuses ou encore la création de potagers pour fournir des légumes à ces populations isolées.

Question  posée par Nicole Bouteau

Monsieur le Président,

L’actualité de ces derniers semaines fait malheureusement apparaître une recrudescencede la violence dans notre Pays : violence au sein des familles, et le drame de dimanche dernier à Outumaoro en est un dramatique et nouvel exemple, violence faîtes aux femmes, violence dans les quartiers mais également violence routière : en l’espace de quelques jours, trois de nos enfants sont morts sur les routes de Tahiti.
Ces drames qui plongent les familles dans le deuil et la douleur nous émeuvent, émeuvent la population. La lutte contre toute forme de violences doit mobiliser la société polynésienne et les autorités publiques de l’Etat, du Pays, des communes. La famille, l’éducation, les maux de notre société que sont la consommation excessive d’alcool, la consommation de stupéfiants qui tue notre jeunesse sont autant de thèmes qui doivent faire l’objet de toutes les attentions. Nous le savons le chantier est vaste. A Ti’a Porinetia a fait de la famille, de l’éducation, de la jeunesse des thèmes forts de son projet de société. Aussi, Monsieur le Président, pouvez-vous nous faire connaître les dispositions que votre gouvernement envisage de prendre pour mettre fin à ces situations dramatiques et notamment en matière de politique de prévention vue dans une approche globale et définie sur le long terme ?

En l’absence du président Gaston Flosse, c’est la ministre de la santé, Béatrice Chansin, qui a apporté des éléments de réponse. Soucieuse de remédier à ces maux de notre société, elle a indiqué qu’il convenait de renforcer les mesures d’accompagnement social, tout en précisant qu’il n’existe malheureusement pas de remède-miracle. Et d’ajouter que cela suppose un partenariat fort avec l’Etat qui est l’une des conditions de l’efficacité sur le terrain.

Question posée par Teura Iriti

Monsieur le Président,

Le 30 mai dernier, notre assemblée a très majoritairement adopté une résolution demandant au président de la République de « mettre en oeuvre la procédure d’autodétermination et de consulter le Peuple Polynésien en organisant le référendum prévu à l’article 53 de la Constitution dans les délais les plus brefs ». La semaine dernière, on apprenait que le président du Tavini Huiraatira qui, de sa propre initiative et
sans consulter la population, a réussi à faire réinscrire la Polynésie française sur la liste des pays non autonomes de l’ONU, est allé plaider à New-York pour qu’aucun référendum d’autodétermination ne soit organisé dans un temps rapproché. En ce sens, le président du Tavini Huiraatira vient en complète opposition de la volonté de la majorité de notre assemblée, comme hier il s’était assis sur la volonté majoritaire des Polynésiens. Pour lui, la population ne serait pas assez mature pour se prononcer sur la question de I ‘ autodétermination. Ses propos sont d’ailleurs assez contradictoires avec ses déclarations passées. Ainsi, le 25 mai 1998, dans cet hémicycle, il déclarait : « L’indépendance de notre peuple polynésien et de notre territoire est urgente. Nous avons très peu de temps devant nous pour prendre un arrêté ici à l’assemblée. C’est pour cette raison que je vous redemande de prendre ensemble, maintenant même, la décision de mettre en place dans les mois qui viennent un référendum au sujet de l’indépendance du peuple polynésien ». II n’était donc pas question d’immaturité politique des Polynésiens, et encore moins de référence à l’ONU. Mais il faut bien constater que l’urgence déclarée il y a 15 ans n’est plus la même aujourd’hui. En tout état de cause, le président du Tavini semble reconnaître que depuis 1977, date du début de son combat, il a été dans l’incapacité de convaincre les polynésiens sur ses objectifs. Mais ce que nous retiendrons de ses déclarations dimanche soir à la télé, c’est que le président duTavini dénie aux polynésiens et à leurs représentants majoritairement élus de prendre part à l’organisation d’un référendum. Ainsi, il déclarait : « C’est une affaire entre nous (sous-entendu, leTavini), les Nations unies et la France. Flosse n ‘a plus rien à voir. Il y a un représentant de la France à l’ONU, l’ambassadeur de la France aux Nations unies. » Aussi Monsieur le Président, nous souhaiterions connaître la position du gouvernement vis-à-vis de ces déclarations d’exclusion et, le cas échéant, savoir quelles démarches peuvent être entreprises auprès du président de la République pour que le pouvoir de décision sur son avenir puisse revenir aux Polynésiens.
Sur cette question très politique, le vice-président Nuihau Laurey a accusé Oscar Temaru, leader indépendantiste, d’exclure volontairement  du débat deux acteurs majeurs: nos institutions légitimement élues, et la population. Faisant un parallèle avec la Nouvelle-Calédonie et les propos tenus le 26 juillet dernier par le Premier-ministre, Jean-Marc Ayrault, il a réaffirmé que cette question relevait strictement d’une affaire franco-polynésienne et non de l’ONU. Et de déclarer en conclusion: « Nous sommes prêts pour une telle échéance ».

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