« Radioactivité d’origine artificielle stable ou en décroissance » sur les anciens sites nucléaires

Le haut-commissaire de la République en Polynésie française, René Bidal, a présidé ce mardi matin la quatrième réunion d’information sur les anciens sites d’expérimentations nucléaires du Pacifique.

Composée de vingt-sept membres, dont dix représentants de l’État et dix-sept représentants d’institutions ou d’organismes locaux, dont ceux des associations Moruroa e tatou, Tamarii Moruroa et 193, cette commission installée en mai 2015 a pour objectif de renforcer l’information du public sur les conséquences sur la santé et l’environnement des activités exercées sur les anciens sites d’implantation d’installations nucléaires de Moruroa et Fangataufa.

Trois points étaient inscrits à l’ordre du jour de la séance du 19 juin 2018 :

  • Présentation d’un bilan radiologique et géo-mécanique de Moruroa et Fangataufa par le département de suivi des centres d’expérimentations nucléaires de la direction générale de l’armement :

    • les mesures réalisées en continu et complétées par une campagne annuelle de prélèvements montrent une radioactivité d’origine artificielle stable ou en décroissance. La radioactivité d’origine naturelle est prépondérante, en dehors des sédiments du fond du lagon contenant du plutonium dans trois zones à Moruroa et une zone à Fangataufa. Cette surveillance fait l’objet d’un rapport annuel disponible sur le site Internet du ministère des Armées ;

    • la surveillance géo-mécanique a révélé que sous l’effet de la gravité, certains atolls polynésiens présentent des fractures bordières dans les couches de carbonates, sur la pente externe du récif. Dans certaines zones de Moruroa, ces fractures ont pu être réactivées par les vibrations engendrées par les essais souterrains réalisés de 1976 à 1996. En 2017, les mesures effectuées montrent l’absence d’évolution significative. L’ensemble des indicateurs classe l’activité géo-mécanique actuelle de l’atoll au niveau zéro de l’échelle des risques.

  • Présentation du bilan radiologique annuel de la Polynésie française par l’institut de radioprotection de sûreté nucléaire (IRSN) : ce bilan est effectué à partir d’échantillons prélevés régulièrement dans les milieux atmosphérique, terrestre et marin de sept îles : Tahiti, Maupiti, Hao, Rangiroa, Hiva Oa, Mangareva et Tubuai. En 2016, l’exposition radiologique par ingestion a été évaluée à partir de l’analyse d’une série de plateaux repas collectés midi et soir à Tahiti durant cinq jours. Les résultats des analyses menées en 2016 indiquent que les doses totales annuelles ajoutées par la radioactivité d’origine artificielle (exposition externe + inhalation + ingestion) sont comparables aux valeurs des années antérieures, représentant moins de 0,1 % de l’exposition naturelle, évaluée à 1,4 mSv/an (la moyenne annuelle en métropole est de 2,9 mSv). Par ailleurs, les mesures réalisées tout au long de l’année confirment l’absence d’impact de la contamination du domaine marin japonais (Fukushima, 1991) dans les eaux polynésiennes. Le bilan 2016 est disponible sur le site Internet de l’IRSN (www.irsn.fr).

  • Présentation de la fin du chantier TELSITE 2 par le contrôle général des armées. Depuis les années 1980, une surveillance géo-mécanique est assurée à Moruroa afin de prévenir les risques identifiés d’effondrement d’un bloc de falaise corallienne. L’instrumentation actuelle, dénommée TELSITE, opérationnelle depuis 1997, nécessitait une modernisation majeure afin de garantir sur le long terme la mise en sécurité des habitants de Tureia et du personnel militaire déployé à Moruroa. En 2012, un document recensant précisément les risques connus à Tureia a été établi, il s’agit du document communal synthétique qui permet à la commune de prévoir les mesures d’organisation des secours en conséquence. Ce document comprend l’ensemble des données connues sur le risque généré par un effondrement de loupe. Les modélisations effectuées pour Tureia permettent de certifier qu’une très faible montée des eaux (10 à 20 cm) ne serait observée que sur la zone sud de l’atoll, et 60 cm dans les hoas de la zone sud également (inhabitée). Aucune montée des eaux en zone nord, où se situe le village n’est à craindre. Le projet TELSITE 2, lancé en novembre 2013 et dont la phase principale s’est déroulée de juin 2015 à mars 2018 a permis la réalisation de divers travaux préalables d’infrastructures, la réalisation de neuf forages pour la mise en place des capteurs en profondeurs et la pose de la fibre optique sous-marine au fond du lagon afin de moderniser le système de communication du dispositif TELSITE. La mise en service initial du système TELSITE 2 a été prononcée le 23 février 2018. L’ancien et le nouveau système doivent fonctionner en parallèle pendant une période de validation de six mois. La mise en service opérationnel de TELSITE2 devrait être prononcée le 23 août 2018. L’inauguration du chantier aura lieu demain 20 juin 2018 à Moruroa. Communiqué du haut-commissariat

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