Réforme de la PSG: bas les masques!

En cette veille du 1er mai, les travailleurs polynésiens ont un défi de taille à relever: assurer la pérennité de notre système de protection sociale généralisée (PSG) aujourd’hui à bout de souffle.

La constitution d’un front syndical – à l’exception de la centrale A Ti’a i Mua – sur le dossier de la PSG, est cousue de fil blanc! Voilà belle lurette, en effet, que Patrick Galenon et ses camarades n’ont de cesse de contrer les initiatives du gouvernement dans ce projet de réforme qui ne peut plus attendre.

Pendant près de dix ans, les partenaires sociaux et en premier lieu les représentants des salariés, ont laissé pourrir la situation, se faisant nettement plus conciliants à l’égard des gouvernement successifs d’Oscar Temaru. Souvenons-nous, par exemple, de l’épisode Te Autaeraa et de ses conséquences financières pour l’équilibre des régimes sociaux…Et voilà qu’aujourd’hui, ils disent « non » et menacent la collectivité d’une grève générale.

Les syndicalistes soutiennent que le gouvernement veut passer en force, que des textes sont en voie de transmission à l’assemblée de la Polynésie française; bref, que l’affaire est entendue. Ce qui est naturellement faux et mensonger comme l’a encore indiqué la ministre des affaires sociales, Tea Frogier.

En guise de propositions alternatives pour sauver la PSG, les syndicats contestataires réclament au Pays le remboursement de plusieurs dizaines de milliards de Fcfp, prélevés les années passées pour boucher les trous, tout en sachant pertinemment que le gouvernement actuel ne dispose pas de cette marge de manoeuvre financière. Ce serait bien trop facile.

En revanche, a l’instar d’A Ti’a I Mua, ils sont d’accord pour dire que les salariés affiliés à la CPS (Caisse de prévoyance sociale) ne doivent pas être les seuls à payer les pots cassés pour rendre viable le système. D’où l’idée qui fait son chemin, visant à taxer tous les revenus, du premier au dernier franc. Ce à quoi le Tahoeraa huiraatira, Gaston Flosse en tête, s’oppose farouchement au nom de la défense du petit peuple. Le parti orange y voit ni plus ni moins qu’un impôt sur le revenu à la française.

Pourtant, au delà du cliché du vendeur de Mape que renvoient les opposants, quel mal y a t-il à demander aux pêcheurs, aux artisans, aux roulotiers et autres prestataires de plats à emporter, de mettre la main à la poche ? Ceux là même qui, pour la plupart, sont des ressortissants du régime de Solidarité territoriale (RST) et donc, à la charge de la société.

Ne nous leurrons pas: voilà vingt ans que le CEP a tiré sa révérence et la solidarité nationale a de plus en plus de mal à s’exercer…. Mais de l’argent, ce pays en regorge. Il suffit le voir le montant des sommes thésaurisées dans les banques par les ménages polynésiens comme vous et moi, totalisant plus de 500 milliards de Fcfp (source IEOM). Aussi, chacun doit bien avoir à l’esprit que l’argent qu’il consentira à verser aujourd’hui, lui sera rendu demain sous forme d’une pension de retraite ou de soins à l’hôpital. Ignorer cette donnée fondamentale conduit inéxoralement à l’impasse pour tous.

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