Réforme de la PSG contestée: les fausses pistes des syndicalistes

Les principales organisations syndicales de salariés, à l’exception d’A Tia I Mua qui maintient le dialogue, montent au créneau contre le projet de réforme de la PSG (Protection sociale généralisée). Que faut-il en conclure…?

D’abord, que la mobilisation était attendue. Les leaders l’avaient clairement annoncé après la dernière réunion d’explications à la Présidence. Dont acte.

Ensuite, pourquoi se précipiter ? Il n’y a pas d’urgence puisque contrairement à leurs dires, le texte n’a pas encore été officiellement transmis à l’assemblée pour examen en commission « Santé ». Il n’a même pas été validé en conseil des ministres. Autant dire qu’au mieux, il sera soumis en plénière vers la fin du mois de février.

Mais surtout, ce sont les arguments déployés par les syndicalistes afin de contrer le gouvernement qui méritent quelques observations de notre part. Eux qui reprochent aux politiques de faire des promesses sans lendemain, auraient aussi tendance à tomber dans les mêmes travers…

Exemple: l’Intersyndicale verrait d’un bon oeil que le Pays rembourse, en une seule fois à la CPS, la fameuse « dette sociale » (terme impropre en l’espèce) d’un montant approximatif de 9 milliards CFP. Rappelons quand même que ce déficit cumulé de l’assurance-maladie des salariés découle en partie d’une mauvaise gestion des administrateurs de l’époque et que la Polynésie, dans sa grande générosité, a accepté de prendre en charge moyennant un remboursement de 800 millions CFP par an sous l’intitulé « FADES ».

Autre piste de financement jugée pour la moins hasardeuse, celle relative aux dépenses liées aux maladies radio-induites, consécutives aux expérimentations nucléaires. Les syndicalistes n’ont de cesse de présenter la facture à l’Etat – à tort ou à raison ?- toujours est-il que rien ne justifie le montant exhorbitant réclamé à hauteur de 54 milliards de Fcfp. Commençons déjà par exclure tous les fumeurs invétérés, les buveurs maladifs et la « mal-bouffe » et on y verra un peu plus clair…De manière plus sérieuse, la responsabilité de la Nation dans cette affaire serait plus proche des 6 milliards de Fcfp.

Les opposants au projet de réforme mettent également en avant les rémunérations versées au personnel du CHPf à hauteur de 12 milliards de Fcfp chaque année, ponctionnées dans les caisses de la CPS et non du Pays. Certes, mais les malades qui fréquentent l’hôpital de Taaone sont bien des cotisants qu’ils soient au RGS ou RNS, sans compter la solidarité acquise en faveur des ressortissants du RSPf.

Seule revendication légitime, celle consistant à réclamer un effort supplémentaire aux bénéficiaires d’un CAE (Contrat d’accès à l’emploi), mais aussi d’un CVD (Corps volontaire au développement) dont le taux de cotisation CPS est à l’heure actuelle inférieure à celui d’un salarié. Sur ce point, toutes les parties, y compris le gouvernement, auraient donné leur aval à rétablir une certaine équité.

Alors, qu’on le veuille ou non, il faudra bien travailler davantage dans les années qui viennent compte tenu d’une amélioration sensible de notre espérance de vie, et débourser un peu plus pour maintenir à flot notre modèle social. En revanche, toutes les centrales se rejoignent pour s’opposer catégoriquement à une diminution des pensions des futurs allocataires. En l’état actuel du texte, la baisse en moyenne atteindrait 25%. Une perspective qui, selon nos informations, n’aurait pas laissé insensible le chef de l’exécutif local… A suivre donc.

Télécharger l'article en PDF

Une pensée sur “Réforme de la PSG contestée: les fausses pistes des syndicalistes

  • 8 février 2018 à 6 h 45 min
    Permalink

    Les s’yndicats sont la gangrène de notre fenua. Ils sont plus là pour détruire que pour construire.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir +

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close