Réforme de la PSG: Emile Vernier en appelle aux élus

Le président du SDIRAF, Emile Vernier, reprend sa plume sur le dossier cher à ses yeux de la Protection sociale généralisée (PSG) dont la réforme se fait attendre depuis au moins une décennie. Aussi, il lance un énième appel aux élus.

Le système polynésien de retraite est un régime par répartition intergénérationnel, c’est à dire, que ce sont les actifs qui financent les pensions des retraités. La répartition nécessite d’importantes réserves financières et un bon niveau de maintien et de création d’emplois. Si au début des années de retraite, la situation financière a été intéressante, puisqu’il y avait des cotisations, en plus au temps du boom économique du CEP, et peu de retraités, dès 2003, la retraite CPS créée en 1968, a atteint sa pleine maturité avec ses 35 ans d’existence. Les salariés pouvaient alors prendre leur retraite sans abattement sur leur pension.

A partir de la fin des années 1990, les excédents de la retraite ont commencé à être faibles, avec des retraités de plus en plus nombreux, des cotisations insuffisantes et des conditions de retraite très favorables. Les réserves croissaient encore, mais faiblement. A partir de 2008, avec le système te autaeaeraa et la crise économique mondiale, les résultats sont devenus très tendus et même en déficit dès 2009. Depuis 2009, ce sont des milliards qui ont été perdus par le fond de réserve de la retraite tranche A. Heureusement, après être resté sans rien faire des années, les « décideurs » ont pris des mesures pour freiner les départs à la retraite très nombreux et très coûteux. Par exemple, en 2012, les 1800 nouveaux retraités ont nécessité 2 milliards de pensions nouvelles, soit un engagement de la CPS sur les 15 ans d’espérance de vie des retraités de 16 milliards minimum. En 2014, les abattements pour retraite anticipée sont passés de 1% par an à 8% par année manquante entre 55 et 60 ans. En plus, le salaries moyen de référence est passé des 5 meilleures années parmi les 10 dernières d’activité aux 10 meilleures années parmi les 15 dernières, sans compter que la durée minimum de cotisation pour la retraite est passée de 15 à 20 ans.

Malgré ces mesures, signe que la retraite va vraiment mal, toutes les réserves mobilisables devaient être épuisées fin 2016. Heureusement, la masse salariale déclarée à la CPS est passée de 200 à 207 milliards entre 2015 et 2016. Avec les augmentations de cotisations, les recettes de la retraite ont augmenté, évitant ainsi la diminution des pensions versées. On a gagné une, voire deux années de paiement. Selon la direction de la CPS, les pensions devraient être maintenues en 2018. Pour 2019 ou 2020, c’est l’inconnue.

Le SDIRAF a demandé à M. le Président de la Polynésie française de communiquer sur la situation de la retraite et sur les mesures qu’il compte prendre pour sauver la retraite, avant le 15 septembre. La retraite CPS connaît des difficultés financières depuis tellement d’années qu’il faudrait vraiment un Président volontaire pour faire ce qu’il faut. Depuis vingt ans, tous les présidents du pays qui se sont succédés ont tous été au courant de ces difficultés, mais aucun n’a réellement pris la mesure des enjeux. Quand enfin, en 2014, Edouard Fritch est arrivé aux commandes et qu’il s’est exprimé sur la PSG, nous avons eu beaucoup d’espoir. Pour le moment, cet espoir est déçu puisque les réformes, qui ont été concertées durant au moins trois ans, n’ont toujours pas été décidées.

Je lance un appel à notre Président Fritch pour qu’enfin, il mette en conformité les actes avec les mots. Oui, la retraite mérite d’être traitée en priorité, au même titre que la maladie ou la création d’emplois.

Je lance aussi un appel à tous les élus de l’Assemblée pour que sur ces sujets capitaux pour notre pays, je veux parler de la PSG, de la retraite, de la maladie, de la création d’emplois, les 57 élus de notre Assemblée soient tous d’accord pour sauver la retraite et le reste de la PSG qui ne peuvent pas être l’apanage de l’un ou l’autre des partis politiques, mais celui de toutes les composantes politiques, car cela s’adresse à l’ensemble des polynésiens, quel que soit son penchant politique.

Elus de l’Assemblée, Conseil des ministres, nous comptons sur vous. Vite.

Le 3 octobre 2017

Emile Vernier

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