Réforme de la PSG: les encouragements du Sdiraf à « tenir bon »!

Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte adressée par le président du Sdiraf, Emile Vernier, au président de la Polynésie française.

Monsieur le Président,

Comme vous l’aviez annoncé publiquement, vous avez transmis ce mois de décembre, le projet de loi de pays pour réformer l’assurance retraite . Le SDIRAF vous en remercie

Entre 1987, date de la première réforme du régime et 2017, les conditions démographiques, économiques, sociales ont bien changé :

  • plus de 8 années gagnées en espérance de vie par les polynésiens et polynésiennes
  • des salaires bien meilleurs : le SMIG à plus de 77 000 F/mois en 1988 et plus de 152 000 F/mois en 2017
  • en 1987, on comptait plus de 10 salariés pour payer les pensions d’1 retraité. En 2017, il n’y en plus que 2 salariés pour 1 retraité.
  • en 1987, le nombre de polynésiens de 60 ans et plus était faible. En 2017, 1 polynésien sur 7 a 60 ans et plus. En 2025, les 60 ans et plus seront 1 polynésien sur 5. La population polynésienne est une population vieillissante qui a besoin d’être protégée.

Dès le projet de loi connu, les grincheux sont montés au créneau pour le rejeter. Pourtant, la CPS annonce clairement que sans réforme, il ne resterait plus qu’une année de trésorerie pour payer les retraites, et encore, s’il n’y a pas de nouveaux départs à la retraite.

Chaque nouveau retraité viendra diminuer la capacité pour la caisse d’honorer cette charge.

Par ce courrier, le SDIRAF souhaite vous rappeler qu’à quelques occasions, les partenaires sociaux et le gouvernement auraient pu sauver la retraite CPS.

Celle ci a été mise en place en 1968. A l’époque, le régime CPS était un régime par points, avec 60 ans pour âge légal et un départ anticipé à 55 ans et des abattements pour départ anticipé de 3% par année manquante soit 15% maximum pour un salarié prenant sa retraite sans les 35 années de cotisations.

En 1986, selon les responsables de l’époque, la FSPF qui était le premier syndicat du territoire, avait préconisé la fin des départs anticipés, un âge légal à 60 ans exclusif pour le départ à la retraite et une augmentation des cotisations jusqu’à 15% en 1991.

Au lieu de cela, suite à une grève générale, le gouvernement de l’époque avait signé des accords en 1987, modifiant la retraite en un système par annuités, avec un départ anticipé à 50 ans et un taux d’abattement à 1% par année manquante, soit 10 % maximum.

Cette décision allait entraîner notre système de retraite vers sa perte. Grosse erreur du gouvernement.

En 1995, des discussions ont eu lieu entre certains responsables syndicaux et le Président de l’ARRCO, caisse de retraite complémentaire nationale. Bien que celui ci ait affirmé qu’une retraite complémentaire locale serait vouée à l’échec vu le faible nombre de cotisants, le gouvernement a décidé quand même de mettre en place la tranche B de la CPS avec des décisions qui « portaient les germes de la faillite » dès sa création au 1er janvier 1996. Nouvelle erreur du gouvernement.

En 2006, l’accord Te Autaeaeraa était mis en œuvre pour une diminution des cotisations en assurance maladie, une prime de 6000 F à l’embauche, et surtout, une réforme fiscale pour la prise en charge des dépenses de l’hôpital. Le texte a paru au JOPF du 11 janvier 2006. Si les cotisations ont bien baissé, la réforme fiscale n’a jamais été mise en place, malgré les signatures. Les dépenses maladie ont explosé avec un déficit de près de 15 milliards fin 2010, déficit qui a été supporté par la retraite, ce qui a pesé sur la trésorerie du régime retraite. Encore une erreur du gouvernement de l’époque.

Au départ, les intentions sont bonnes. Ensuite, les actes ne sont pas au niveau attendu par la population.

Heureusement, au début des années 2010, des hommes courageux ont permis à notre retraite de ne pas couler définitivement. Il faut citer le courage de Régis Chang, Directeur de la CPS et Luc Tapeta, Président du CA du RGS. Ils ont réussi à faire passer au moins 2 mesures capitales, qui ont sauvé les retraites : le passage de l’âge de la retraite anticipée de 50 ans à 52 ans, puis à 55 ans progressivement et les abattements pour retraite anticipée sans avoir les 35 années de cotisations nécessaires, qui sont passés de 1% par an soit 10% entre 50 à 60 ans à 8% par an soit 40% entre 55 et 60 ans. Grâce à ces mesures, la retraite continue de vivre.

Monsieur le Président, vous le voyez, notre pays a eu l’occasion à quelques reprises de sauver les retraites. Mais, par manque de courage et de volonté politiques, les gouvernements en place ont commis des erreurs qui ont mis en grande difficulté nos régimes de retraites.

Vous avez pris la responsabilité de réformer une nouvelle fois ce système de retraite.

S’il vous plaît, ne commettez pas les erreurs de vos prédécesseurs. Allez au bout de vos réformes.Tenez bon.

Menez cette réforme au bout, malgré les quelques esprits grincheux qui ne manqueront pas de se faire entendre et vont même aboyer.

La majorité de la population, silencieuse elle, vous demande de tenir ce que vous dites.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération distinguée.

 

 

 

 

 

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