Réforme des retraites: le gouvernement reste ferme

A l’issue d’un comité de majorité qui s’est tenu en milieu de soirée, le président Edouard Fritch a fait une longue déclaration solennelle pour commenter les événements de la journée à l’assemblée mais pour l’heure, pas question de retirer le texte sur la retraite.

« Je regrette le coup de force qui s’est produit cet après-midi dans l’hémicycle (…) une journée terrible, inadmissible (…) C’est la première fois que j’assiste à un tel événement depuis 1986 ». Les mots sont empreints d’une extrême gravité mais le chef de l’exécutif local ne s’attendait visiblement pas à de tels dérapages de la part d’éléments visiblement incontrôlés.

Dans la même verve, le vice-président, Teva Rohfritsch, y va de sa propre analyse: « A aucun moment nous n’avons manqué de respect vis-à-vis des grévistes ». En revanche, il fustige « une poignée de personnes agressives et alcoolisées » qui se sont introduits de force durant les débats, avant de conclure: « Nous avons été séquestrés, la population doit le savoir! »

Et dans ce contexte particulier, le gouvernement et sa majorité Tapura font bloc pour demander au président de l’institution de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin que « l’état de droit soit respecté ».

Vous l’aurez donc bien compris: pas question pour l’exécutif de faire machine arrière et de prononcer le retrait du texte comme l’exige l’Intersyndicale. Quand bien même le sujet est difficile, « il y a une vraie urgence », a poursuivi le numéro 2 du gouvernement. Car, comme l’a rappelé dans son propos liminaire le président Fritch, « si aucune décision n’est prise cette année, au plus tard en 2020, nous ne pourrons plus payer les retraites de ceux qui travaillent aujourd’hui », étant entendu que rien ne change pour celle et ceux qui perçoivent déjà une pension de la CPS.

Face aux journalistes, le président Fritch a également rappelé les trois concessions importantes qu’il a faites en fin de matinée comme pour montrer sa bonne volonté. Dont la principale consiste  à fixer l’âge de départ légal à 60 ans en 2019, pour mieux laisser ensuite le comité d’orientation décider des mesures qui s’imposent le moment venu.

En conclusion, Edouard Fritch a déclaré: « Nous allons rester à l’écoute… » en espérant que demain (ndlr:vendredi 9 mars) sera un autre jour, et que la raison l’emportera pour que la paix continue de régner dans ce pays.

Depuis 2013, avec l’arrivée d’une nouvelle majorité, force est de reconnaître en effet que la stabilité institutionnelle est revenue; les investisseurs ont repris confiance et il serait dommage aujourd’hui que la Polynésie française renoue avec ses vieux démons.

A l’heure où nous écrivons (22h30), les propos évoqués ci-dessus n’ont pas été du goût des manifestants qui se sont rendus aussitôt devant la Présidence.

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