Réforme des retraites: le Syndicat de la fonction publique délivre les bons et mauvais points – Tahitinews

Réforme des retraites: le Syndicat de la fonction publique délivre les bons et mauvais points

Dans un communiqué intitulé « retraite, après nous le déluge…mais il pleut encore et toujours », le Syndicat de la Fonction publique, par la voix de son secrétaire général Vadim Toumaniantz, donne son point de vue sur le conflit qui se dessine.

Cette semaine, les retraites mettent à nouveau les acteurs sociaux en ébullition. En 2016, nous avions réalisé un premier communiqué sur le sujet. Peu de choses ont changé par rapport à l’époque. Le statu quo se maintient, au seul détriment de la population.

Qu’il nous soit permis les observations suivantes sur les divers points du préavis :

1/ Le projet proposé par le Gouvernement de rallonger la durée des cotisations est un pansement sur une jambe de bois.

La grève générale proposée par les syndicats ne changera pas le mode de fonctionnement du régime, qui ne peut que nous amener au déficit. 2038, 2045 ou dans un siècle, le système n’est pas équilibré ni démographiquement, ni économiquement, et ne peut pas l’être rendu d’un coup de baguette magique.

A ce sujet, les perspectives d’évolution du marché du travail actuelles, au travers notamment du développement de la seule ressource pérenne dont nous disposons, à savoir le tourisme (qui nous rend dépendant du transport international), et l’automatisation des tâches industrielles, ne permet pas d’espérer une amélioration tangible de la situation.

De plus, allonger la durée des cotisations obligatoires pénalisera forcément les nouveaux entrants sur le marché du travail.

2/ et 4/ Ces points sont le fruit, directement ou indirectement, de la cogestion patronat/syndicat…

5/ On ne peut vouloir créer un établissement public administratif comme le centre hospitalier pour être libre de recruter comme on le souhaite (à ce sujet, deux contrats viennent d’être annulés par le Tribunal Administratif sur la base d’une action menée par le SFP), pour ensuite en refuser les inconvénients.

Un établissement public a son budget propre, et il n’appartient pas au Pays de le prendre en charge en intégralité, ce qui, au demeurant, nécessiterait de créer de nouvelle(s) imposition(s) qui, en définitive, retomberont immanquablement sur la population.

6/ Le parcours de soin est un sujet très problématique. Personne n’a besoin d’aller voir un généraliste s’il a un problème spécifique.

En 2013, la cour des comptes nationale dénonçait en la matière dans son rapport annuel un dispositif « inabouti », d’une « extrême complexité » (dont on se doute que le Polynésien, qui n’a pas la culture administrative, aura du mal à l’appréhender), et surtout puisque ce qui est visé est les « économies », ce dispositif est donc dénoncé comme générateur de « surcoûts non négligeables ».

8/ à 11/ En toute cohérence, après avoir demandé l’inscription de plus de 13 milliards de dépenses nouvelles au budget du Pays (auquel on devrait rajouter 9 milliards pour une dépense « ponctuelle »), les syndicats demandent de « lutter contre la vie chère » en « revalorisant le pouvoir d’achat »…

Car il est certain que prendre des milliards d’impôts nouveaux dans la poche des Polynésiens va permettre de mener de telles actions.

Il existe pourtant une série d’actions, qui, à défaut d’apporter une solution pérenne, permettraient d’améliorer, ou à tout le moins, de réduire les problèmes inhérents du système :

  • Rendre indépendants les régimes de retraite et de maladie. Le déficit de l’un n’avait et n’à pas à être pris en charge par l’autre ;

  • Mettre en place de manière progressive une retraite par capitalisation (qui est celle à laquelle cotisent certains politiques) à la place de celle par répartition ;

  • Passer aux 35 heures pour augmenter le nombre d’emplois ;

  • Réduire drastiquement les possibilités d’usage des heures supplémentaires.

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