Réforme des retraites: nous n’avons plus le choix…

La première séance de la session budgétaire 2018 se poursuit, demain vendredi 21 septembre 2018 à l’assemblée de la Polynésie française avec l’examen du texte portant réforme du système de retraite.

On y est! L’heure est venue de trancher. Et ce n’est pas par plaisir que les 57 élus à Tarahoi vont devoir statuer sur les nouvelles conditions de départ à la retraite. La loi du pays contient plus d’une centaine d’articles, c’est dire si les échanges promettent d’être nourris…

Les propositions faites par la majorité ne sont peut-être pas parfaites; elles ne font certainement pas l’unanimité parmi les partenaires sociaux comme en témoigne le mouvement de grève en cours. Mais elles sont les « moins mauvaises » avec un seul et unique objectif: tenter d’équilibrer les finances entre d’une part, les recettes générées par les cotisations versées à la CPS, et d’autre part, le montant des pensions versées. Actuellement, la différence se situe aux alentours de 3 milliards Fcfp de déficit, mettant à mal un peu plus chaque année les réserves disponibles. Et si rien n’est fait, d’ici à deux ans, la Caisse se verra dans l’impossibilité d’assurer le paiement des dites retraites. Tout au moins, au taux (70%) actuel…

Qu’est-ce qui est demandé aux travailleurs ? Tout simplement, de repousser l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, et le nombre d’années de cotisations de 35 à 38 ans. Le tout, moyennant un lissage sur quatre ans (jusqu’en 2023). Il s’agit surtout de dissuader, autant que faire se peut, le plus grand nombre de personnes à sauter le pas, au risque d’alourdir encore un peu plus la pirogue.

Voilà pour le contexte que nul ne peut ignorer au delà de la contestation des chiffres officiels.

Contrairement à ce que l’on entend dire, ce dossier aura été longuement travaillé et mûrement réfléchi avec les différentes parties concernées. Jusqu’au dernier moment, cet après-midi encore à huis-clos, les rapporteurs du texte ont planché sur les ajustements de dernière minute à apporter pour que la « pilule » soit plus digeste, la moins douloureuse possible pour les travailleurs qui aspirent naturellement à un repos bien mérité. Mais les chiffres ne trompent pas et chacun doit se résoudre aujourd’hui à un petit sacrifice pour pérenniser le système par répartition. Le Pays n’est pas en reste dans ce débat puisque des engagements budgétaires fermes ont été pris pour résorber une partie des « dettes » contractées par les anciens gouvernements ces dix dernières années.

Les politiques n’ont plus qu’à se positionner! La majorité Tapura devrait voter comme un seul homme en faveur de cette réforme. Le Tavini huiraatira a déjà annoncé qu’il votera « contre ». Quant au Tahoeraa, des voix dissonantes devraient se faire entendre, les deux anciens syndicalistes, Legayic et Angélo Frébault, s’étant finalement rangé pour une réforme en l’état lors de l’examen préliminaire du texte en commission législative de la Santé.

Pour autant, rien n’est figé dans le marbre. Les curseurs peuvent encore être modifiés à tout moment en fonction de la conjoncture économique. Il appartiendra alors aux membres du Conseil d’orientation des retraites, créé dans les mois qui viennent, d’ajuster le tir.

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