Réforme des retraites: P. Schyle regrette que « le débat démocratique ait été confisqué »

Reprise des débats ce lundi 12 mars à l’assemblée de la Polynésie avec, pour commencer, l’approbation (à l’unanimité moins une abstention) par les représentants élus du retrait du texte portant réforme des retraites et ce, conformément à l’engagement pris devant l’Intersyndicale.

On se souvient, en effet, que la fin de semaine dernière a été plutôt mouvementée à Tarahoi, l’hémicycle ayant été prise d’assaut par une poignée de manifestants à des fins purement politiques. Dans l’intervention que nous reproduisons ci-dessous, le représentant-maire de Arue, Philip Schyle, est revenu sur ce sombre épisode qui fera date dans la vie démocratique de notre pays.

 

Monsieur le président de la Polynésie française,

Vous souhaitez que le projet de loi du pays sur la réforme de la retraite soit retiré de l’ordre du jour de notre séance. Vous vous y êtes engagé face à la pression de l’intersyndicale. C’est un engagement que vous avez pris surtout à l’égard de la population, à l’égard des Polynésiens, afin de préserver la paix sociale dans notre pays, qui vous est si chère. Votre engagement, M. le président, sera respecté, soyez-en assuré.

Mais je regrette, je regrette que le débat démocratique ait été confisqué et ne puisse pas se tenir. Il aurait pu permettre au moins, de corriger les contre vérités, les imprécisions, les confusions délibérément déversées ça et là parmi les salariés et dans l’opinion publique.

Nous aurions pu ainsi démontrer, par exemple, que les 9 milliards de F du FADES n’ont pas été pris par le gouvernement dans la caisse maladie. Mais qu’il s’agit en réalité de la prise en charge du déficit cumulé de 15 milliards de F de l’assurance maladie, constaté en décembre 2010, et causé par la baisse des cotisations sociales, décidée le 14 novembre 2005 par les accords tripartites – les accords tripartites – Te autae’aera’a. Rapport de la Chambre Territoriale des Comptes à l’appui, sur la gestion des affaires sociales et de la solidarité par la Polynésie de 2000 à 2009.

Nous aurions pu également expliquer que les 12 milliards de F – actuellement 15,8 milliards – que la CPS verse chaque année au CHPF correspondent simplement et logiquement à la prise en charge des frais d’hospitalisation, de soins médicaux, d’analyse, d’évasan des cotisants à l’assurance maladie.

Nous aurions pu de même rappeler qu’à ma proposition de loi du pays obligeant les élus et ministres à cotiser au régime de retraite de la CPS, le CESC, le 9 novembre 2010, « a salué cette proposition », mais y a donné un avis défavorable, sous l’impulsion des deux rapporteurs Mme Lucie Tiffenat et M. Ronald Terorotua.

Alors qu’un parti politique promet déjà aujourd’hui, que demain après les élections territoriales, il ne changera rien, nous aurions pu aussi insister sur le fait que, de plus en plus nombreux, sont les salariés qui demandent à leur employeur à travailler plus longtemps. Beaucoup en effet ont encore des dettes à payer, ou, après simulation par insuffisance d’annuités, estiment-ils ne pas bénéficier d’une retraite suffisante, ou encore parce qu’ils ont toujours un enfant à élever. L’âge de départ à la retraite ne semble pas être le souci de tous les salariés, bien au contraire.

Nous aurions pu enfin démontrer que tous, élus de l’APF, gouvernements successifs et partenaires sociaux, oui tous nous sommes responsables d’avoir pris ou contribué à prendre, par le passé, des décisions qui sont lourdes de conséquence aujourd’hui, ou bien de ne pas avoir pris les décisions qu’il fallait, au moment où il le fallait. Nous aurions pu alors comprendre et expliquer l’urgence à réformer la retraite.

Mais bon, ce débat, nous l’avons compris, ne se tiendra pas aujourd’hui. C’est dommage !

Mais, ce qui importe aussi aujourd’hui, c’est que la paix sociale soit préservée. C’est votre souhait le plus cher, M. le président, c’est votre engagement devant les Polynésiens. Et il sera respecté.

Je vous remercie.

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