Résolution pour Moruroa: l’unité du Tahoeraa vole en éclat

Il était 15h cet après-midi à l’assemblée de la Polynésie française lorsque la résolution relative aux atolls de Moruroa et Fangataufa a été adoptée par trente-six voix « pour », dix-neuf « contre » et deux abstentions.

 

Les débats sur le sujet porté par le président de l’institution, Marcel Tuihani, ont pris une tournure inattendue. C’est le moins que l’on puisse dire!..

Alors que les deux partis d’opposition (UPLD et ATP) représentés dans l’hémicycle avaient « réservé leur vote » dans la matinée, il aura fallu attendre la pause-déjeuner pour recueillir une majorité de voix sur le texte. Mais pas celle que l’on attendait…

En effet, de l’aveu même du chef de file des indépendantistes, une rencontre a eu lieu au cabinet du président de l’APF pour rapprocher les points de vue. Du coup, certains observateurs y verraient même un parfum de 7/7/7… En guise de concession, le montant du préjudice estimé (90 milliards de Fcfp) a disparu de la résolution. Gaston Flosse, également présent, se serait même engagé à aller jusqu’au bout, c’est à dire jusqu’au tribunal international, pour obtenir gain de cause. Un discours qui, naturellement, a comblé de bonheur Oscar Temaru qui repart bientôt pour New-York.

A la place, un amendement a été déposé et adopté pour qu’une évaluation plus fine et surtout plus juste soit réalisée par un « organisme indépendant et contradictoire ». De dimension internationale, a même réclamé un peu plus tard le sénateur Tuheiava, jurant sur le coeur qu’il ne pensait aucunement à l’Onu. Trois autres amendements ont suivi, visant notamment à la création d’un comité de suivi avec, à sa tête, le président de l’APF.

Mais visiblement, ces tractations de dernière minute, qui plus est en petit comité, n’ont pas été du goût du représentant orange Michel Buillard.

Quand bien même il est d’accord sur la responsabilité devant incomber à l’Etat, il s’est dit « très déçu » de voir les deux frères-ennemis (Gaston Flosse et Oscar Temaru) trouver un terrain d’entente sur un sujet aussi sérieux. Mais il n’est pas le seul à avoir bravé l’appel au vote majoritaire.

Quelques heures avant lui, le Paumotu Moehau Teriitahi, puis le Marquisien Joseph Ah-Sha ont fait part de leurs divergences de vue. Le premier a contesté « la précipitation » avec laquelle ce texte devait être adopté, rejoignant en cela la proposition faite par Teva Rohfritsch pour surseoir à son examen. Quant au second, il a souhaité au préalable l’adhésion de toutes les parties prenantes, que ce soit dans l’hémicycle ou dans la société civile.

Au moment de passer au vote, Teva Rohfritsch a réitéré son voeu de procéder à un vote à bulletins secrets, plutôt qu’à un scrutin public tel que préconiséepar le Tahoeraa. Seuls dix-neuf représentants s’y sont déclarés favorables… Finalement, la résolution amendée a été adoptée par trente-six voix « pour » dont onze proviennent des rangs de l’UPLD. Conclusion: sur cette question, le Tahoeraa se retrouve à seulement vingt-cinq. Donc, minoritaire.

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