Retour sur une année de mandature à la tête du Pays

Le 12 septembre 2014, Edouard Fritch succédait à Gaston Flosse à la Présidence de la Polynésie française. Un an plus tard, quel bilan tirer de cette nouvelle gouvernance ?

D’un point de vue strictement politique, tout d’abord, le « dauphin » aura chèrement payé ses choix. Chacun a encore en mémoire la petite phrase: lui, c’est lui; moi, c’est moi! Au point d’être finalement exclu du mouvement politique auquel il a consacré avec fidélité et rigueur toute sa carrière politique, comme d’ailleurs tous les élus (députés, ministres et représentants) qui l’ont rejoint.

La cassure entre Edouard Fritch et son « père spirituel » n’a pas mis longtemps à apparaître. Le premier se souvient du jour où il a présenté officiellement son gouvernement quelques jours plus tard, en l’absence des élus des iles sous-le-vent sous forme de boycott. Disons plutôt que l’ancien président lui reproche de ne pas l’avoir consulté préalablement avant la formation de la nouvelle équipe en grande partie renouvelée.

A partir de cette première divergence de vue, le chef du gouvernement et le Tahoeraa vont se rendre coups pour coups, allant toujours plus loin dans les attaques. Il y eut l’affaire (en cours) de la vaisselle de la Présidence dont une partie a été retrouvée à l’assemblée. Mais la plus mesquine fut certainement le refus de certains d’accorder à Edouard Fritch le niveau d’indemnités conforme à sa fonction et à ses responsabilités alors qu’à l’époque des faits, rappelons qu’il percevait un traitement deux moins élevé que ses ministres.

Pendant plusieurs mois, le parti a tenté de masquer ses divisions internes en parlant d’absence de communications. D’où la « tentative » de rapprochement organisé à Tarahoi. Mais à l’évidence, le mal était beaucoup plus profond…

Aujourd’hui, la situation politique est plus claire. Edouard Fritch n’est plus considéré comme le numéro 2 du Tahoeraa et dans l’attente d’une décision de justice (référé examiné demain, lundi 14 septembre), un regroupement des autonomistes est en voie de constitution autour des deux groupes constitués à l’APF, à savoir: le Tapura huiraatira et A Ti’a Porinetia, soit un total de 24 représentants.

Dans ce contexte, le gouvernement d’Edouard Fritch n’a pas travaillé dans la sérénité qui convient pour faire face aux défis économiques et sociaux.

Certes, comme se plait à le dire le haut-commissaire de la République, on ne peut pas parler d’instabilité puisque la majeure partie des textes présentés à l’assemblée ont finalement été adoptés. A quelques exceptions près…avec dernièrement le projet de loi sur le transport interinsulaire maritime et aérien. Mais chacun sait que des réformes essentielles – notamment celle sur la Protection sociale généralisée (PSG) – vont devoir être engagées dans les semaines qui viennent et sans majorité, le pouvoir exécutif va devoir manoeuvrer avec beaucoup de prudence et de patience.

Et l’opinion publique dans tout cela ? On l’a dit lasse de ces querelles de clocher et de lutte de pouvoir. Pourtant, les acteurs économiques semblent voir d’un bon oeil la nouvelle nouvelle gouvernance imposée par Edouard Fritch.

Pour le président du Medef, Olivier Kressmann, il est clair que « ce n’est pas en un an que l’on peut tout changer… », avant d’évoquer l’existence de projets certes « pas très visibles » mais qui vont dans le bon sens. Citons par exemple la signature du contrat de projets 2015-2020 qui met l’accent sur le logement social avec un certains nombre de chantiers prêts à démarrer. Même le syndicaliste Mahinui Temarii (CSTP-FO) reconnaît qu’Edouard Fritch « a pu garder le cap. Il n’a pas fléchi ». Autrement dit, son action s’inscrit bien dans le programme de campagne du Tahoeraa tel qu’élaboré pour la victoire aux Territoriales de mai 2013.

Enfin, le nouveau président du Pays peut se vanter d’avoir gagné la confiance de nombreux maires, y compris ceux qui n’étaient pas franchement proches du mouvement orange. Son voeu, visant à faire des communes des acteurs à part entière du développement, promet d’être payant sur le long terme.

 

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Une pensée sur “Retour sur une année de mandature à la tête du Pays

  • 14 septembre 2015 à 16 h 38 min
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    Qui sème les bonnes graines , récolte de la bonne salade , à terme . Le Président du MEDEF et le syndicaliste l'ont tout de deux évoqué sur Télé Polynésie hier au soir : Des projets certes pas très visibles mais qui vont dans le bon sens ….On ne peut être que ravi du cap qu'a pris le Gouvernement pour relancer l'Economie dans notre Territoire . Haere maru , haere papu . Les chiens aboient , la caravane passe .Faaitoito Président ,

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