Retraite: après nous le déluge…mais il pleut déjà ! ironise le Syndicat de la Fonction publique

Le secrétaire général du Syndicat de la Fonction publique, Vadim Toumaniantz, commente à son tour les discussions houleuses entourant la réforme de la PSG.

Cette semaine les retraites mettent les acteurs sociaux en ébullition. C’est donc avec sarcasme que nous mettrons un peu d’huile sur le feu.

Le 26 janvier 1981, trois centrales syndicales dont la nôtre, adressaient aux autorités un courrier de mise en garde, dans lequel il était mentionné : « (…) En ce qui concerne la création d’une caisse de retraite (…) les trois syndicats notent un inconvénient majeur à savoir, le déséquilibre durable atteint au bout de trente années de fonctionnement.

Cette situation est due principalement au fait que le système de retraite adopté par l’étude s’appuie sur le mécanisme de répartition. Dans ce système, l’ensemble des actifs dans une année donnée paie des cotisations qui sont pratiquement aussitôt reversées sous forme de rente aux retraités. Il s’établit ainsi un transfert entre les générations. Le cotisant acquiert par ses versements une créance sur les générations futures, sans qu’il y ait pour autant un rapport direct entre le montant des cotisations qu’il a versées et la retraite qu’il peut escompter bénéficier à son tour. Le système par répartition doit être rendu obligatoire aux assurés. A terme, l’équilibre d’une caisse par répartition ne peut qu’être un équilibre dynamique et précaire. Les retraites versées varient avec la situation de famille, le salaire qui a servi de base au calcul, le nombre d’années de cotisation. Quant aux cotisations, elles sont calculées sur un pourcentage du salaire des actifs. Dans l’éventualité d’une diminution relative du nombre des actifs cotisants de la Caisse par rapport au nombre de retraités, cela se traduit finalement ou par un déficit qui incombe au Territoire et finalement aux contribuables, ou par une augmentation du taux des cotisations, ou bien enfin par un allongement de l’âge du départ à la retraite. Aucune de ces solutions n’est tolérable. La stabilité d’un régime de retraite par répartition augmente avec la taille de la population des adhérents. Pour le cas particulier de la Caisse à créer, le nombre des cotisants et bénéficiaires se réduit tout au plus à quelques milliers, d’où un équilibre très fragile. (…) »

Compte tenu de notre économie, la solution proposée à l’époque était une retraite par capitalisation…

Comme par hasard, il s’agit du mode de retraite auquel cotisent nos politiques.

Les solutions aujourd’hui proposées par le Gouvernement n’en sont pas véritablement. La grève générale proposée par les autres centrales syndicales n’est pas une réponse non plus. L’« horizon de viabilité » en 2038 ou 2045 ne fait que décaler le problème sans pour autant le régler ou changer de paradigme.

Quant à demander aux cotisants entrant sur le marché du travail de payer l’incurie des anciens, cela ne semble guère « porteur » comme projet d’avenir…

Par ailleurs, quelles sont les adaptations prévues dans la réforme à l’éventuel allongement de la durée de cotisation pour les emplois ayant nécessité de longues études ?

La montée évidente du chômage, et donc la baisse du nombre de cotisants est inévitable dans une économie artificielle comme peut l’être l’économie polynésienne.

Nous ne produisons pratiquement aucune richesse et notre tourisme ne progresse pas. Sauf découverte d’une ressource aujourd’hui inconnue que nous pourrions exporter, l’avenir est à la dégradation de notre situation.

La retraite par capitalisation est presque inévitable.

Peut-être faut-il aussi commencer à rééquilibrer les comptes de la CPS en diminuant le taux de remboursement qui est aujourd’hui l’un des plus importants existant parmi les pays ayant un système comparable ? Il serait aussi loisible d’envisager une véritable réforme des allocations familiales, ainsi que se poser la question de la logique d’un système pouvant donner des revenus plus importants par le biais d’un minimum vieillesse qu’à des travailleurs ayant cotisé toute leur vie.

Rappelons que la légitimité de toute réforme repose aussi sur le fait de demander à tout un chacun de faire des efforts. Sans doute serait-il alors judicieux que nos politiques commencent eux aussi à cotiser… et que les avantages des salariés de la CPS payés par les cotisations des travailleurs, soient eux aussi ramenés au niveau de ce que connaissent la grande majorité des ressortissants de la caisse.

Les pistes ne manquent pas pour dans un premier temps serrer les budgets de notre système de protection sociale, qui pour mémoire a été géré au cours des dernières années tant par les syndicats de salariés (à l’exception notable de la notre) que par les employeurs…

Pour mémoire, notre centrale (représentative dans le secteur public), comme toutes celles ayant fait le choix de ne pas rechercher d’adhérents dans le secteur purement privé, ne dispose pas et n’a jamais disposé de siège au conseil d’administration de la CPS. Elle n’est également pas conviée aux négociations ni aux rencontres dans le cadre d’un dialogue social normal. Ceci alors que pour autant nous siégeons à la CPC et la CIC ANFAs, et sommes co-signataire de la convention collective des ANFAs, qui concernent bien le droit privé…

Cette situation est assimilable à un déni pour les cotisants que nous sommes, car fonctionnaires, de notre qualité de « travailleurs », et ce quelle que soit notre représentativité actuelle ou future.

Le secrétaire général

 

 

 

TOUMANIANTZ Vadim

 

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